Liervol " Six Rêves Seven Dreams"

J'écris ce blog pour parler de ce que j'aime, pour en faire un lieu où acceuillir le Rêve. Ici, vous trouverez Poésie, Erotisme, Amour. Je parlerais de Lieux, d'Hôtels, de Restaurants, de Couleur de Cuisine et de Vins. J'ajouterais des anecdotes, ou des histoires peu connues à connaître. Je laisserais mon imagination entrainer la vôtre.

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Location: French Southern Territories

Monday, March 10, 2008

La Loge D'Alyx

La Loge D'Alyx Paris, Atmosphères vins et femmes, rien d’inconnu pour Pierre Werner. Il est un bel homme élégant dans la force de l’âge. Il habite Paris, dans le 7ème arrondissement, de son appartement au dernier étage la vue s'envole imprenable sur les Invalides. Il a de grandes mains fines, je ne sais pas pourquoi ses mains ont toujours frappé. Peut-être à cause de ce mélange de force et de douceur, attirant. Attirantes sans doute aussi ses petites confessions sensuelles, lorsqu’il raconte le vin rose et la nuit, le sucré d’une rencontre et le vin de paille. Ce liquide qui sent le blé en herbe, les dessous, la dentelle, une histoire de Claudine. La culbute dans les champs, par une belle soirée d’été, intimement dans le foin. J’écris et une légère idée soulève ma jupe comme une brise de juillet. Cette boisson est un plaisir de l’été à portée de l’hiver, dans l’écrin de sa demi-bouteille, suave comme les lèvres quand la gourmandise gagne et que l’on songe à ces chaudes journées dans le froid de janvier. Werner a des amis qui l’estiment pour sa fidélité. Il sait toujours être là, prévenant sans se montrer ni envahissant ni profiteur. Il sait que certains sont plus étranges que d’autres, ceux-là sont membres d’un club très privé… Paul Marcadal vient d’arriver à Paris, par la navette Air France de fin de soirée. Paul habite Nice, le vol est court. Quelques jours plus tôt il a reçu une lettre étrange, un parchemin écrit à la plume avec cachet de cire et qui l’invite à une soirée au sud de Paris. La missive est signée W, il a cru reconnaître son ami parisien qui possède une charmante propriété dans le Sud de la France. Il était écrit : Le 21 janvier, à 21h, tenue de soirée, nous vous attendons. Une voiture et un chauffeur se présenteront à l’hôtel Georges V. Je serai là. Votre chambre est retenue. Rendez vous dans le salon. Soyez confiant, cette invitation ne vous réserve que de l’agréable. W. Paul aime les femmes, je crois ne pas l’avoir encore écrit, il les aime beaucoup. Un peu trop, mais en définitive ce n’est pas encore assez. Il va découvrir qu’il le peut encore plus. Il s’agit de son histoire, de son entrée dans cet autre monde que j’ai connu bien avant lui, un jour sans doute j’expliquerais qui je suis. Paul, ce soir-là, ne tient plus en place, et sa femme a eu une grande difficulté à croire à la version officielle du rendez-vous d’affaires un vendredi soir dans la capitale. Elle sait les hommes volages, pourtant elle cherche toujours la petite phrase qui rassure du contraire, et ses mensonges possèdent le sceau de la vérité, inviolable. Elle pense le tenir en laisse, il peut se croire libre, il peut croire qu’elle n’en saura jamais rien, la voir naïve, quant au jeu du menteur, elle est la plus forte. Il reste dans les limites qu’elle lui octroie, point. En définitive, il lui appartient depuis plus de vingt ans. Pourtant aujourd’hui elle n’a aucune idée du danger. Et dans l’ombre le pacte se scelle entre un homme et rien d’autre que le plaisir et cet objet précieux qu’ils vénèrent tous entre leurs jambes. Dans l’auto ce soir, Paul apprend de son ami Werner l’existence d’une Loge vouée au plaisir. Il comprend qu’il vient d’y être admis, que le groupe auquel il savait appartenir depuis peu possède quelque chose de plus mystérieux encore que ce qu’il avait imaginé. Il s’agit ce soir de sa soirée d’initiation. Paul a toujours envié Werner dans la démarche qu’il a avec les femmes, attitude sereine d’un homme sûr de lui, victime d’aucune frustration. Il a eu un certain nombre d’aventures, pourtant il n’est toujours pas parvenu à la même aisance de discours que son ami, du moins le pense-t-il. Werner lui apparaît tellement plus naturel. Il rêve d’offenses bien plus grandes. Et tandis que les boulevards de la Capitale défilent par la fenêtre de la limousine, que l’écume des fontaines se pare d’un éclat de lune, son ami lui annonce qu’il le conduit à l’Abbaye de la Reine, maison de jeux et de femmes, maison close, survivante malgré l’interdiction de la société morale, maison de tolérance et de grand plaisir. L’envie se dessine dans le mystère de la situation, frémissante dans son interdit face à ces boudoirs de luxe qui fascinent par leurs imaginaires depuis la Grèce Antique jusqu’à nos jours. Il imagine des femmes, des putains mais plutôt des geishas, des catins, oui, mais de la race des plus grandes courtisanes, des jeunes filles, un petit mélange de tabac blond, tabac brun, des perverses, des innocentes, les regards effarouchés et les yeux troubles. Werner confirme, c’est un lieu où le plaisir atteint son paroxysme, où le masculin l’emporte vraiment sur le féminin et la féminité sur le féminisme. Ce 21 janvier à l’approche de minuit, Paul a les yeux bandés, son ami vient de lui passer l’écharpe de velours et de soie lui interdisant toute vision. L’exercice de la vue, il l’a eu avant, le temps de se remplir la mémoire de photos plus troublantes les unes que les autres. Dans le salon des livres érotiques et autrefois scandaleux ont nourri ses sens. La cérémonie a duré deux petites heures, dont une heure de calme dans cette bibliothèque si particulière entre un très vieux rhum et un Davidoff, moment de délassement complet avec la complicité de son parrain et du physionomiste. Mais tout d’abord l’auto a franchi la grille sous le regard permissif du gardien des lieux derrière sa lucarne jaune. C’est un lieu prés de Paris, dans une commune nommée La Chapelle la Reine, prés de Fontainebleau, une étrange demeure où Werner a conduit Paul. Une ancienne abbaye, au milieu d’un parc, avec de nombreuses dépendances et une longue allée d’arbres centenaires. Une lourde grille protège l’entrée, de hauts murs encerclent la propriété. Cet endroit semble calme, loin de la ville, silencieux, austère. Pourtant, si vous passez vos journées devant l’entrée, vous serez surpris des allées et venues. Des voitures vont et viennent, uniquement des véhicules de luxe, surtout quand vient l’après-midi. Les visiteurs arrivent après le déjeuner, à l’heure du café ou bien le soir après le dîner, au moment des liqueurs et des rafraîchissements. Ce ballet se prolonge toute la nuit. Le droit d’accès se perd dans le temps. Des grandes sociétés secrètes qui ont façonné l’Europe jusqu’à la Révolution française, la fraternité d’Alyx est la plus ancienne. L’abbaye est sa propriété depuis plusieurs siècles. L’origine de la Loge remonte à la dissolution de Byzance, au saccage de Constantinople par la croisade du christianisme d’Occident venu détruire son frère d’Orient. L’armée byzantine a transmis de nombreuses traditions militaires de l’ancien Empire romain au moyen-âge, c’est à cette époque que les chevaliers furent chargés de sauver du pillage la doctrine des mystères, les techniques de stratégie et ses reliques. Dans les coffres se chargeaient sur les navires or, bijoux, parchemins et filtres. De mystérieuses femmes embarquaient pour des destinations toutes aussi secrètes, vêtues de longues capes et de loups pour dissimuler leurs visages. Elles bénéficiaient de la protection de ces chevaliers, la fraternité d’Alyx entrait dans le secret. Beauté et savoir, vers un nouveau départ. La confrérie n’a pas seulement préoccupé les rois et les chevaliers, peu après 1789, Napoléon amoureux de Joséphine lui a octroyé ses découvertes faites en Égypte et ses secrets dont elle seule détient la connaissance. Madame Tallien figure sans doute dans la liste des courtisanes issues de l’ordre en bonne place avec Madame du Barry, la Marquise de Pompadour, Diane de Poitiers et tant d’autres. Talleyrand en fut certainement un personnage très influent, s’il faut aussi citer un homme aujourd’hui décédé pour ne pas enfreindre le secret. L’essentiel se concentre sur l’alchimie, l’alchimie au sens large où la transmutation des métaux n’est qu’un aspect. Le corps en est une autre variante, la plus importante. Aucun rite de plaisir n’échappe à l’univers oriental où la Loge est née. Les artistes et les philosophes furent très tôt les bienvenus. Elle favorisa les arts, la pensée et les mathématiques. Plus tard, des hommes politiques, des savants et des hommes de lettres ont suivi. L’ordre s’est penché sur l’avenir pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. La vie pour la Loge n’est pas soumise au temps, le temps n’est qu’un décor, l’être humain est un être triple, tantôt mâle, tantôt femelle dans chacune de ces incarnations au fil des âges, asexué dans l’espace. La recherche du plaisir et du pouvoir sont les bases de l’existence d’Alyx sur Terre. L’un se nourrit de l’autre et réciproquement. Le cercle est sans fin. L’insigne est un disque d’or avec un iris de lapis lazulite, un iris comme l’œil qui voit tout ou bien la fleur qui est avant tout un sexe. Faire partie de l’ordre n’est permis qu’à un petit nombre, une élite qui se forme par la relation qui se permet tout et se gave de la somme des plaisirs que la nature offre ici-bas. Werner appartient au cercle depuis plus de 25 ans. Il n’a raté aucune connaissance charnelle offerte par ses lieux. Il a décidé d’en faire profiter Paul qu’il a jugé digne de devenir membre. En quelque sorte Werner devient ainsi son parrain. Mêlant leurs plaisirs à leurs intérêts, les adeptes ont su concevoir, une chaîne diaboliquement fatale à travers le monde où la femme est mutée uniquement en objet de luxure. Tantôt victime, tantôt bourreau, jamais amoureuse. Un réseau prodigieux qui comprend notamment les plus magnifiques bordels qui soient : l’Abbaye de la Reine est la première de ses maisons et Paul a pu, au contact du registre des situations et des femmes, en être totalement convaincu. Il a du en choisir trois pour la cérémonie, parmi la richesse des pages, des appels sensuels, dans cet in-folio doré sur tranche, ce livre des beautés qui contient les portraits physiques et moraux de toutes les demoiselles de la maison. Paul a choisi un univers de débauche très coloré, il aime avant tout la fantaisie, désire la luxure. L’opposé de sa vie auprès de son épouse. Cette fois il pourra exprimer jusqu’au bout son désir sans redouter d’entendre parler d’amour. Ici tous ses caprices sexuels sont permis, sans exception, l’Abbaye de la Reine est un palais qui célèbre les vices avec accessoires et mises en scène. Le champagne y coule à flot. Il a donc inscrit le nom de trois filles de joie, Sophie, Elise et Véra. Elles sont les Dianes chargées de son intronisation, elles sont chargées de faire connaître de nouvelles sensations à son corps, elles recevront ses outrages avec le plus grand respect que l’endroit prête à ses clients. Werner en tant que parrain, s’est chargé d’offrir ces dames à son ami. Mais il est temps d’apercevoir, à juste titre, ces héritières du péché originel. Sophie a 30 ans, elle vit ici depuis cinq ans, elle a su satisfaire nombre de ces messieurs. Elle est blonde avec un pubis pratiquement imberbe, des doigts fins et experts qui savent tripoter, une petite langue pointue qui ne connaît pas de recoin où elle refuse de se loger. L’homme, elle aime. Elle est vêtue d’une guêpière racoleuse rouge vif d’où ses seins débordent, à peine cachés par un boa, de bas rouges et de hauts talons. Elle est si cambrée dans ses escarpins qu’un jour, le balancement de ses hanches dans le corridor de l’Abbaye a troublé deux hommes qui se rendaient au grand salon pour choisir sur pied et qui, n’y tenant plus, l’ont travaillée sur place contre un mur. Ses yeux humides et ses lèvres épaisses, le poids de ses mamelles, sa croupe relevée, son expérience du vice attirent, incitent à glisser la main entre ses cuisses. Une vraie gourmandise, pas très futée, elle n’a qu’une intelligence, celle du trouble et des froufrous. Son charme, c’est le brin d’argot qu’elle cultive, c’est la titi parisienne, celle de St-Denis, celle d’avant les réseaux de l’Est que ces messieurs viennent sauter, un objet aujourd’hui disparu de la ville, une pièce d’anthologie. La besogneuse, la gagneuse, celle qui sait encore appeler chéri et montrer ses trous sans aucune pudeur. En fait, Sophie a un talent, celui d’être prodigieusement ordinaire tout en étant jolie et c’est ce qui fait son succès. On peut croire les hommes riches et puissants incapables de fréquenter de tels endroits. Leur argent ne leur permet-il pas d’acheter autant de femmes qu’ils ne le désirent grâce à des cadeaux ou autres ? Oui, mais justement ces lieux en appellent à leur culture, à une époque révolue, uniquement au culte de la femme-objet, objet mais professionnelle, payée uniquement pour ses charmes, la femme qui se vend sans aucune excuse, qui s’offre à l’homme sans aucun paravent. Quel homme n’a jamais eu le fantasme du bordel même s’il peut s’offrir toutes les femmes de la terre ? Il n’y a qu’à voir l’attrait sur les occidentaux de l’Asie, le réseau de call-girls d’Hollywood pour en être conscient. Avant même le plaisir, s’offrir une dose de pouvoir ! Ces hôtels restent une succession d’images fascinantes, ainsi qu’une débauche de liberté typiquement masculine. Il s’y trouve de plus des petites merveilles d’ingéniosité dans la recherche de la jouissance. La femme y agit sur le corps, jamais sur le cœur, rien d’autre qu’une libéralisation des sens, qu’un enchaînement au plaisir. Elise, Elisa est toute jeune, tout juste 20 ans, un très léger accent, gardé de son pays d’origine, l’Autriche. Originaire du Tyrol, elle a de grands yeux bleu de Prusse, un charmant minois, fraîche comme un bouton de rose dans sa petite tenue champêtre, elle fait penser aux jeunes années de Marie-Antoinette quand cette dernière jouait à la fermière à Versailles, pour un peu l’ombre de Fersen hante ses désirs secrets. Elle possède de magnifiques boucles couleur châtain, de très jolies jambes vêtues de bas blancs, un jupon court en organdis sous un tablier noir et un caraco de velours vieux rose échancré qui laisse apercevoir les pommes de ses seins, des bottines roses terminent sa tenue. Les couleurs qui la composent la rendent totalement irrésistible, elle est à croquer comme un bonbon. Elle parait ingénue et totalement innocente du trouble qu’elle laisse, un peu comme la Justine de Sade. L’abbaye réunit l’impossible. Ainsi à travers les jeux et les situations, elle a su résister aux années. Elle a accumulé et acquis des gestes et des mises en scène qui ne se retrouvent pas à un tel degré de sophistication ou de simplicité ailleurs. Elle a acheté aussi le mobilier et les trouvailles des autres maisons lors de leur fermeture par le gouvernement. L’hôtel est un must du fantasme, ses créatures en sont prodigieuses. Véra, la troisième, une brune aux yeux verts, des cheveux mi-longs, des yeux de chatte. Elle se présente en tailleur vert, avec un chemisier en soie transparent qui laisse entrevoir ses seins en obus, elle ressemble à Ava Gardner. Elle a l’allure bourgeoise d’une belle femme de 40 ans. Elle connaît tout un tas de sujets, de nombreux endroits dans le monde, elle a travaillé à une époque de sa vie à Wall Street, la finance l’amusait et ses longues jambes fuselées troublaient ses confrères qui n’osaient l’aborder. A ce moment là, elle faisait une pause et dans son lien avec la Loge rien ne lui interdit d’ailleurs de partir quand elle le désire. Elle a reçu une éducation très complète et en même temps durant ses années de jeunesse au sein de la maison, elle a poursuivi parallèlement des études universitaires pour lesquelles elle s’est montrée très brillante. Elle parle plusieurs langues. Indépendamment de son parcours en région parisienne, elle a aussi sillonné le monde, toujours en vol première classe pour le compte de la Loge. Son côté française classe et BCBG a fait des ravages notamment dans les pays du Golfe, pendant et après l’intervention militaire, elle y eut un emploi du temps très chargé, toute autant employée par les forces occidentales que par les émirats dans les tractations commerciales qui se déroulaient dans la discrétion des chambres où il n’était pas rare d’y voir une toute autre interprétation du Coran sous des matelas de dollars. C’est volontairement qu’elle a demandé à rester encore deux ans au service d’Alyx dans ses murs parisiens, avant de prendre la direction de l’établissement d’Istanbul pour les dix ans à venir. Elle a accumulé cinq années de liberté payées par la confrérie qu’elle n’a pas utilisées encore tant elle aime ce métier, savoir faire fondre les hommes. Plus souvent call-girl que cloîtrée, l’abbaye l’amuse et elle y excelle surtout sur le trouble profond qu’elle laisse aux nouveaux arrivants, qui ne savent pas tout d’abord assimiler qu’une femme en apparence si parfaite, soit aussi chienne au lit, belle de jour, belle de nuit. Coiffée ou les cheveux en bataille, toujours sublime, Véra calcule, anticipe la caresse piano, allegro, crescendo juste la dose qu’il faut. Elle possède une véritable science du péché en elle. Véra est un grand cru… à la sexualité autant redoutable que son intelligence. Yeux bandés, comme un confident dans les cellules, Werner balade Paul. Ses mains parcourent des corps nus, puis après encore une heure de silence, de solitude à rêver de ce qui lui a été permis d’entrevoir, il se retrouve seul dans un salon de velours avec les trois créatures qui le déshabillent et lui massent le corps tout entier avec leurs mains, leurs bouches, leurs seins et même leurs fesses, allongé tantôt sur le dos, tantôt sur le ventre sur un grand sofa. Il n’est rien qu’une proie sous leurs ongles peints, sous la douceur de leurs peaux, sous le parfum de leurs chevelures, sous l’huile aphrodisiaque qui coule de leurs doigts. Un homme nu, convié à un étrange baptême, où les apôtres sont des hétaïres. Les Messes s’enchaînent… Les chants grégoriens ne sont plus en latin mais en soupirs. Il se souvient. Les photos ont su le troubler juste ce qu’il fallait. Sa salive avait déjà une saveur de femme et Paul a bien senti l’érection en attente dans ses veines. Il rêve, il revoit les poses et les créatures, toutes ces icônes, vierges de toutes vertus. De la fille du bois à la cadre supérieure. Subjective, tellement incendiaire cette frimousse de vingt printemps ! Hélas, il ne peut que supposer les voir, ce n’est pas permis au débutant qu’il est. Il ne lui reste qu’à imaginer laquelle de ces Messalines le transforme de ses griffes en victime consentante. Quelle est donc cette main qui le caresse si bien ? Elles sont ambassadrices, elles annoncent les plaisirs, elles préfigurent le menu en ces lieux. Héroïnes de luxure, déjà les gorgées s’échangent de bouche en bouche, l’humidité n’est jamais la même, chaude, douce ou plus tiède, plus gourmande. Un seul qualificatif commun, avide. Il ne devient plus rien que leur caprice. Laquelle est la blonde ? Ce frémissement de lèvres ? Est-ce les seins d’Elisa ? Ces pommes suaves. La bouche de la brune ? Cette caverne de soie. Son corps se dresse tendu comme un arc, ému comme une flèche. Alors, il naît un moment entre tous ces frissons et la ruine de son imagination dans l’incendie de ses sens. Un instant où il n’existe plus que pour se laisser aller, peu importe laquelle l’accueille, ce sont les trois en même temps qui l’avalent, qui le reçoivent dans cette première et intense giclée au fond d’une gorge gigogne. Un bel ensemble de poupées russes lascives et maculées, semence qui s’écoule, déposition de l’objet. Rédemption, quelques minutes se fracassent sur le velours, une coupe désaltère sa soif, quelques bulles très fraîches qu’elles partagent avec lui. Paul aime le champagne, la saveur de ce vin de Reims. Puis à nouveau, le désir de ces femmes s’impose. Pesant et lourd, trop lourd, intenable, il redresse sa vanité. La passion des sens pour ces marchandes du temple, ces visiteuses du soir. Cette lenteur sauvage, cette moiteur, ce siège sans bataille, quand le bélier s’enfonce entre les jambes, pour des forteresses qui se plaisent à se rendre, à soupirer des « encore ». Là, dans l’obscurité, le besoin comme une ivresse a gâté son corps à jamais d’un souffle d’obscénité, atteint par l’opium de ces corps pas même entrevus, juste touchés, flairés. Un rien lui fait sentir le manque, l’envie du vice. Savoir, voir sans les voir ces femmes maîtresses de la tension, qui dans chacun de leurs gestes connaissent sa vulnérabilité, la provoquent de plus belle de leurs bouches. Dans sa nuit il craint leurs yeux qui dévorent le désir en face, son désir. Sauvage face à face, esprit et chair, divin mélange. Ce sont des chasseresses, elles savent faire renaître le mâle et chevaucher l’envie pour traquer dans les moindres recoins la jouissance, fouettant de toute la force de leurs cuisses ses flancs, lascives et actives, s’abreuvant directement à la source de leurs forêts d’amazones, l’une appelant l’autre. L’ondulation de leurs bassins de multiples fois, dans le non-silence de leurs soupirs, enchaîne à chaque mouvement un peu plus son âme à son pénis. Du ventre de la Française, aux sommets de l’Etrangère, besoin de neige, de gouffres, de vallées. La pensée a changé de siège, elle ne se reconnaît plus, elle n’existe que dans le flot de semence encore retenu. Nulle autre idée, nul autre besoin que de partir, pas d’autre verbe à conjuguer. Partir, jaillir encore au rythme des hanches qui agitent le membre, qui fouettent le sang, terrible chevauchée, orgie liquide du ventre de ces femmes. Jouir sans savoir où l’on va, mais cracher des jets d’éternité contre le fini de cette vie, flûte enchantée par de perverses fées. Un conte, un récit plein de vices, un final qui appelle le rappel. Un acte chargé en délices. Une unité d’action qui se nomme plaisir. Encore et encore l’initiation jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que les femmes se retirent, satisfaites de leur conquête, heureuses de lui ouvrir les portes d’un paradis, d’un Eden mouillé. La vie vient et retourne à la mer, liquide, matrice d’un calme plat, paisible et redoutable. Sous la surveillance de Werner, Paul devient ce libertin à qui il rend la liberté de la vue, pour qu’il jouisse aussi du tableau saphique de ces femmes au repos dans le salon violet au mobilier rouge et or. Habits qu’elles réajustent sur la chair nue, disponibles car maintenant quelques cernes invitent à creuser davantage. Werner se décide alors à profiter à son tour de la situation. Il glisse du fauteuil au canapé où il échange un baiser avec Sophie le plus naturellement, elle lui prend la main qu’elle glisse directement de ses seins à la moiteur chaude entre ses jambes. Le baiser est totalement impudique, l’entrejambe collant et humide. Paul admire la scène, dans tout homme un voyeur se lève. Elisa, toute timide et rougissante de subir son regard, défait la braguette de Werner, comme une enfant surprise dans le buffet à la recherche d’une sucrerie. Sa bouche malicieuse s’égare à sucer son index, pour mieux attraper la fermeture éclair avec son doigt, un peu de salive en guise de colle. Elle en profite pour enduire aussi ses lèvres au passage, pour les rendre plus douces et plus brillantes. Bouche humide qu’elle mordille avec ses dents pour lui donner une jolie couleur rouge. Elle a glissé quelques doigts, puis la paume de la main dans le passage. Une entrée qui est devenue étroite captive sa gracieuse main du sexe en érection qui occupe toute la place, prison accentuée par la main de l’homme qui vient de se refermer sur la sienne et qui l’entraîne plus profond, vers l’inconnu. Encore une fois elle se sent toute émue de toucher la peau lisse et douce de la verge, d’éponger avec le majeur cette goutte de désir qui perle du gland, de sentir et de jouer avec les testicules. Elle jette ses grands yeux dans le regard de l’homme comme une question, sa main est devenue agile, elle veut connaître sa réaction et comme ce qu’elle voit la satisfait, elle ondule comme une gamine de sa hauteur et glisse du sofa au sol. Maintenant sa bouche est collée sur le pantalon. Elle lèche d’abord son avant-bras, son poing, puis sa main comme un petit animal pris au piège puisque l’homme n’a pas relâché son étreinte, implorante, les yeux mouillés. Puis enfin, sa main à lui rejoint la sienne, il a glissé le pantalon et le slip à terre et dans ce dernier mouvement il retourne la verge à portée de ses lèvres, de son autre main libre il s’amuse avec ses cheveux. Il caresse la soie de ses boucles tandis qu’elle l’avale mi-vice, mi-soumission, mais toujours avec cet air innocent. Elle s’applique doucement, tendrement, candide. Le creux de ses joues est un cocon de soie. Elle pompe par petites pressions, elle aspire divinement. Douée, elle sait varier les douces agaceries sur la verge qui agréablement surprise se raidit de plus belle. La jeune femme n’oublie pas de chatouiller du bout du nez les bourses qu’elle enroule ensuite d’un coup de langue au ralenti qui décrit des huit, avant de s’engouffrer à nouveau la queue jusqu’à la garde, toutes lèvres trempées. Sophie n’est pas restée inactive, elle touche son amie. Paul aime cette image. Elle agite ses seins, passe sa main entre ses fesses, remonte plus haut sur le sofa, s’allonge à même le sol, glisse sa langue le long de ses pieds, s’amuse avec ses doigts, visite le corps de la très jeune femme toute employée qu’elle est à sucer la grosse queue. L’homme s’est fait plus dur encore dans la petite gorge, il dilate toute la jolie bouche qu’il occupe tout entière. Elle émet de petits cris, émoustillée qu’elle est par la douce langue qui lui parcourt le sexe et le cul, de petits sons que la bite dans sa bouche étouffe et qu’elle tête encore plus goulûment à chaque fois que son plaisir augmente. Sophie échange des baisers avec Werner, elle le nourrit de la saveur de son amie. Elle fait des aller-retours entre la bouche de l’homme et le sexe de la jeune femme, recueillant à chaque fois un peu de cette mouille avec laquelle elle l’appâte toujours plus à chaque fois, tandis que ses gros seins dansent devant son torse sous les plumes du boa. Vera, assise dans le fauteuil voisin, s’est levée, elle embrasse Paul, jalousement. Elle s’est emparée d’une chaise et un escarpin sur l’assise, elle fait un demi-écart de ses jambes à la hauteur de sa bouche et de ses yeux, jupe relevée sur les hanches. Paul plonge sa langue à la recherche d’odeurs, de gouttes de liqueur, malgré l’heure tardive et ses luttes antérieures, il ressent encore de l’envie à la vue de son ami et de cette femme très belle, cette fois il a la chance de pouvoir la voir, d’ailleurs à y bien réfléchir, il irait bien les revoir toutes les trois. Il a envie de partager sa gaîté, son entrain avec Werner, de faire des folies, il se sent capable de les faire hurler ces professionnelles, ce soir, il va jouer femme, femme. Il se paie un samedi, un vrai comme dans la chanson. Ses bras encerclent les fesses de Véra dont, après un court moment, il fait totalement glisser la jupe sans aucun arrêt sauf pour enfouir quelques secondes son nez dans le tissu qui sent un parfum de chez Guerlain dont il a oublié le nom. La combinaison vert pâle est tombée à son tour à terre, découvrant ses seins nus, la soie sur le sol a eu un bruit mat. Elle est droite dans sa nudité, uniquement son serre-taille et ses bas. Elle est très belle. Seul le doigt qui s’immisce soudainement dans le lagon au milieu de l’atoll, dans cette forêt tropicale, la chavire vers l’avant, l’incline dans la recherche d’une sensibilité maximum à la main de l’homme. Son clitoris se tend et se relâche comme une voile fouettée par le vent, sous la langue de Paul qui souffle un plaisir intense à son bas-ventre, un jeu de flux et reflux, habilement. Elle aime l’attaque de cette falaise, ce ressac qui s’amuse de ses reins. Véra s’abandonne totalement, élément liquide. Elle gémit comme les cris des mouettes avant la tempête. Elle vole toutes voiles au vent, vole et relève Paul, de son sexe à ses lèvres. Comme une liane, elle s’enroule autour de sa bouche, puis de son cou, enfin de son corps et ses yeux plantés dans son regard, elle l’entraîne derrière le rideau de velours rouge qui sépare la pièce en deux. Sophie invite Werner à s’allonger sur le côté, elle lui caresse le dos, continue à l’embrasser, cherche comment faire pour qu’il puisse enfin goûter sa féminité, elle finit par poser un genou sur le sofa, l’autre jambe restant au sol. Là, juste au-dessus de son visage, elle monte et descend sous l’activité de sa langue. Elle s’excite. Elisa, toute entière à son rêve, poursuit le va et vient, yeux clos. Le trio s’active en succions diverses, alors Sophie nage jusqu’à la queue de l’homme qu’elle sollicite bouche ouverte face à face avec Elisa qui tout d’abord n’est pas prêteuse. Coquine, cette dernière la lui promène d’abord devant les yeux à distance suffisante pour qu’elle ne puisse pas s’en saisir, puis enfin elle laisse son amie goûter le membre. Ses yeux ravis, mêlés de curiosité et de vice ne se détachent pas de la vue de l’autre femme bouche pleine, lèvres épaisses montant et descendant sur le gland, recouvert de salive. Et moi, et moi semble dire son visage canaille, et les voilà toutes deux suçant tour à tour puis ensemble la verge, les bourses, disciplinées et dociles. Sophie a laissé le sexe dressé, la sucette de chair à sa consœur, d’une main elle caresse les testicules qui sont maintenant totalement rétractés, de sa langue elle lèche le périnée, puis l’anus, entreprend ensuite un index humide qu’elle glisse dans le conduit à la recherche de la glande en forme de châtaigne qu’elle cajole tandis qu’Elisa continue sa fellation de plus belle. Toutes les deux sont aux petits soins, objet de toutes les attentions, Werner ne va plus pouvoir bien longtemps se retenir, alors complaisantes elles abandonnent doucement leur jeu. Elles se retirent, afin de le faire revenir, rater le train. Dans un éclat de rire, elles l’entraînent à son tour derrière le rideau. Obscène, bouche, mains et seins, Véra joue les Andalouses à genoux devant le grand lit rond qui occupe une partie de la pièce. Paul, assis, n’a pas encore joui … par miracle ? Non, pas vraiment, en vraie pro, elle sait le maintenir au bord du gouffre avant le saut. Elle attend les autres, elle veut jouer. En plus du lit circulaire, cette pièce possède un étrange tourniquet. Deux cercles en quelque sorte, plaisir et pouvoir, pouvoir et plaisir. Le lit est plaisir, le tourniquet est pouvoir. Le lit permet d’allonger les corps fatigués dans la douceur d’un câlin, on peut câliner à plusieurs, il est immense. Le tourniquet permet d’attacher trois femmes en position quatre pattes sur des tablettes capitonnées à hauteur du sol, cette dernière est réglable. On place l’homme soit au centre, soit à l’extérieur. Il y a une commande électrique. Une impulsion et la roulette s’arrête au hasard sur l’une ou l’autre à laquelle on doit administrer la soumission. Les hommes qui l’utilisent jouent du pouvoir qu’ils ont sur les femmes. Elles y sont liées sans d’autre choix que de subir le fantasme, l’envie. Il faut nécessairement au moins deux hommes pour pratiquer ce jeu, l’un énonce l’enjeu et soit il fait tourner la roue pour lui, soit c’est l’autre qui la fait tourner. Véra est un peu plus tordue que la moyenne, elle aime ce jeu, être attachée, soumise, liée la ravit et elle en jouit deux fois plus. Elle a même fait exporter un modèle similaire de la roue des femmes dans un pseudo-casino sur un yacht au large des Emirats. Werner connaît la roue, la situation l’excite, ces femmes, ces culs à portée, comme des esclaves liées. Il sait qu’il peut tout leur faire. Il peut même s’il le désire mettre un bâillon sur leurs bouches de jolies garces. C’est avec un rien de brutalité qu’il quitte d’ailleurs les bras des deux femmes. Il se libère de l’étreinte et d’un geste sec leur impose de prendre place sur le manège, Véra, les yeux baissés y va d’elle-même dans une docilité étrange. Croupes relevées, elles sont maintenant en place, les yeux bandés à leur tour, dans l’obscurité. Véra ne porte rien hormis son serre-taille et ses bas, la vue plonge sur ses deux orifices, directe, crue, malgré l’éclairage discret des bougies. Paul a défait les pressions du body rouge de Sophie, elle non plus n’a plus rien désormais à cacher. Pour la petite Elisa, Werner a consulté Paul. A deux, ils ont choisi de lui laisser son string blanc. Une tape sur la fesse au hasard et la roue s’élance, pénétration, séance de lissage, à qui l’honneur ? Les chattes sont humides, les culs bien roses. Werner, a choisi l’enjeu pour son ami et c’est lui qui fait tourner le hasard. Paul se place à l’extérieur du manège et c’est le joli petit postérieur d’Elisa qui s’arrête devant lui comme un fruit mûr dont il ne reste déjà plus qu’un petit morceau d’écorce : ce string de soie blanche sur le velouté de la baie offerte, savoureuse à la bouche, juteuse et douce de la chair aux noyaux jumeaux, son centre riche en huiles précieuses. Paul a un instant d’hésitation aussi intense que son excitation. Il caresse de la main les contours de cette pêche offerte au milieu du verger. Adam a le serpent entre les cuisses, bien droit comme un naja, la Bible ne dit pas la vérité sur le trouble d’Eve. La belle histoire ne retient pas le droit au plaisir dans l’absence de procréation. Le péché est dans le choix de la valve au lieu de l’amande, du venin précieux gâché dans l’égoïsme de la jouissance sans descendance. Dieu interdit la connaissance du plaisir pour le plaisir, sur la terre qu’il a donnée à ses marionnettes, créatures ingrates trop à l’image du père qui lui préfère le diable, le pouvoir originel dans l’enfer des sens. Werner s’amuse de l’absence de réaction de Paul, de cette simple balade de la main, il semble confit, sec et droit, ligneux de la puissance du sang dans son sexe mais il n’ose pas aller plus loin que cette caresse, l’angélisme de la très jeune femme lui fait peur. Alors Werner, prend l’initiative, d’un jeu de doigts qui dessine la raie, il écarte le string de soie, dans le premier frémissement de la croupe offerte. Il joue avec ses doigts. Paul l’observe. Sa langue frétille dans le sillon, sa main chatouille l’entrejambe, le voici joueur de flûte sur la partition nommée Elisa. Les deux hommes écoutent les notes qui sortent du corps instrument, alors devant l’envolée de la gamme, de son auriculaire à son majeur dans toutes ses explorations alternées ou jumelées, il cherche pour prolonger le jeu parmi les objets à disposition, des instruments pour parfaire cette symphonie de femme captive s’abandonnant, lascive, pour sa plus grande satisfaction. Il introduit un pénis de latex, simule le sexe de l’homme dans le petit trou dont l’œillet s’élargit. Paul n’en peut plus, il s’approche pour lécher la femme en chaleur qui ondule sous leurs jeux, une petite note sel et poivre sur les papilles de sa langue et là enfin il s’introduit tout d’abord très doucement puis avidement dans le conduit étroit au grand désespoir de Dieu. Le tunnel de l’enfer, puis ces montagnes russes que forment les anneaux de l’anus l’agitent d’un plaisir intense serré et dur en son sexe qui grimpe et replonge dans les entrailles du globe, cette fête foraine où il ne manque qu’Esméralda devant leurs tours de Notre-Dame. Ils échangent la femme, se partagent l’orifice dont l’absence et la vue les tétanisent de plus belle, cette pomme d’amour qui se révèle ensorcelée tant sa puissance agit sur leurs membres dans le noir, dans la lumière des flammes de cette pratique satanique, dans l’orgie sémantique, de leurs jets qui fusent comme la lave des volcans de la Terre. Tout n’est plus que rouge et or dans la pièce, dans le calme du lit de velours violet, les deux hommes et les trois femmes libérées du tourniquet diabolique dorment enlacés dans un abandon total au silence d’après la bête.