Liervol " Six Rêves Seven Dreams"

J'écris ce blog pour parler de ce que j'aime, pour en faire un lieu où acceuillir le Rêve. Ici, vous trouverez Poésie, Erotisme, Amour. Je parlerais de Lieux, d'Hôtels, de Restaurants, de Couleur de Cuisine et de Vins. J'ajouterais des anecdotes, ou des histoires peu connues à connaître. Je laisserais mon imagination entrainer la vôtre.

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Location: French Southern Territories

Saturday, December 17, 2005

Nice

La Piscine,

C’est de nouveau l’été, elle nage sur le toit, au milieu des immeubles, au septième étage et sa brasse ressemble au décollage d’un Boeing entre ciel et mer. Le soleil se couche, l’eau est tiède, la piscine n’est rien qu’à elle. Une serviette blanche sur un transat attend qu’elle sorte de l’eau. Sur la cheminée de la maison voisine, un goéland contemple le spectacle de la ville à ses pieds et de cet azur immense qui rejoint la mer à l’horizon, au-delà de l’aéroport posé sur la Méditerranée. La piscine est le miroir du ciel où se mirent des cumulus blancs, la lumière s’enfuit fossile dans une couleur ambre avec le jour qui poursuit sa course sur la Terre, pour d’autres lieux, d’autres humains.

Rym est libre, elle entend du sommet de son paquebot immobile sur l’océan de la ville les cris des mouettes qui se posent ensuite à trois pour boire l’eau de la piscine avant de rejoindre de nouveau l’azur. Puis c’est le cri roque du goéland qui prend la suite et le majestueux oiseau se pose à son tour pour s’abreuver au même endroit que les mouettes, solitaire et sûr de lui, avant de s’envoler à son tour vers les coupoles roses du Negresco.

Elle flotte dans l’eau tiède, heureuse et satisfaite de sa vie, de son amour. Elle resplendit d’être en phase avec elle-même, totalement en harmonie avec sa peau, c’est ce qui la rend attirante, incroyable : projeter l’image de son être intérieur. Elle l’attend au bord de la piscine, la serviette blanche autour des reins. Le serveur lui amène le jus de pamplemousse qu’elle a commandé. Le barman lui sourit, il la trouve belle, et c’est vrai qu’une femme amoureuse est irrésistible. L’amour rend chaque femme plus belle.

Il ne regrette pas de lui avoir permis de se baigner malgré l’heure tardive qui interdit l’accès à la piscine. Elle attend sagement et rafraîchie par son bain de la forte chaleur, griffonnant sur un bout de papier un croquis de la baie. Une brise marine sèche ses cheveux, sa robe et son string patientent sur un fauteuil voisin, pieds nus, ses escarpins de lianes de cuir beige et or posés à côté d’elle, prêts pour le moment où elle voudra se changer pour ce dîner auquel il l’a invitée.
Il est toujours en retard, elle aussi mais lui la rattrape dans ce défaut-là. Puis le voilà qui arrive enfin comme s’il avait parcouru le monde pour la rejoindre. Il n’y a rien à faire, il n’y a rien à dire, quelque part cela fait partie de son charme, cet air innocent même quand elle l’a attendu pratiquement une heure, mais là elle ne s’en plaint pas, le personnel s’est avéré charmant avec elle.


Elle note qu’elle trouve un des serveurs tout bonnement mignon et délicat, ça l’amuse de penser qu’elle le trouble. Elle ne le fait jamais sciemment, elle est elle-même, c’est tout. Elle agit comme l’air du temps, sans imaginer d’interprétation en dehors de la sienne qui file aussi vite que le vent. Par contre elle s’amuse quelque fois à chavirer un peu plus Paul, des fois qu’il s’habitue à l’absence de surprise, ce qu’elle ne désire absolument pas. Alors elle chatouille sa virilité dès qu’une idée germe dans sa féminité.

Elle se souvient dans un grand sourire qui illumine sa pensée quand l’an dernier, dans la mer, à l’insu de ces couples sur la plage, elle a ôté son bikini, l’invitant d’un geste du regard, de ce maillot entre les mains à jouer à la vraie île de la tentation comme une Bardot dans Et Dieu créa la Femme. Ils ont fait l’amour dans la mer ce jour-là, jour magique, mélangeant la femme et la Méditerranée dans leurs sources salées à la vue des rares baigneurs en cet endroit isolé et sauvage. Depuis chaque fois qu’elle retrouve l’élément liquide son corps se souvient de son corps dans le sien.

Mais ce soir elle s’invente un autre scénario, tandis qu’elle se change derrière les douches, repasse sa robe et son string, remet ses escarpins. Elle se dirige vers lui, déjà attablé au restaurant au bord de la piscine, sa robe ouverte jusqu’à la naissance des fesses, alors ses yeux dans son regard d’homme, provocante comme elle sait l’être, elle demande à l’un des serveurs qui l’observe de lui remonter la fermeture-éclair. Sous l’œil troublé de ses collègues, il s’exécute parcourant de la caresse de son regard son dos de femme. Paul ne bronche pas mais elle lit sur son visage et dans le bleu de ses yeux un mélange de désapprobation, de jalousie et d’excitation qui la rend encore plus jolie dans l’évocation de ces désirs autour d’elle.

Paul est inquiet, elle est ravie.

Plus tard dans la nuit il lui fait l’amour comme plusieurs, comme s’il était chacun de ceux qui l’ont désirée ce soir-là, à chaque fois il se retire plusieurs fois pour mieux la prendre, pour mieux s’imposer comme le sexe ultime, changeant et pourtant toujours aussi prenant dans sa chair de femme.

Ni lui ni un autre, mais un éventail de désirs enchevêtrés qui la font renaître encore nouvelle et différente à son envie de mâle et l’aller-retour de leurs besoins engendre un plaisir puissant, terrifiant, animal, où l’homme et la femme se dévorent du besoin sauvage qu’ils ont l’un de l’autre, dans ce fantasme échangiste qu’il partage avec la majorité des hommes mais qu’il ne se résout pas à mener à son terme, puisqu’il ne veut toujours pas laisser à personne d’autre le droit de la pénétrer.

Elle lui appartient, elle jouit de lui, malgré l’excitation de cette pensée, il ne peut supporter un sexe étranger dans l’abîme de son corps, dans ce territoire qui lui appartient comme d’autres s’emparent d’un océan. Cette idée lui fait mal dans une position virile que ne partage pas Rym, elle qui s’est fait un grand plaisir de lui offrir la jeune Anglaise mais qui, quelque part, lui suggère que les pulsions ne sont plus la seule chose qui l’anime. Un début, un commencement, l’envie de cacher, de soustraire son bonheur, de disparaître avec elle sur une île à l’abri des regards.
Paul est amoureux, il a découvert dans l’assemblage de la femme et de l’artiste un état de vivre qu’il n’aurait même pas soupçonné, une manière de se donner l’un à l’autre qu’on ne peut imaginer avant de l’avoir vécue, une nourriture essentielle qui joint l’âme à la chair où la quatrième dimension n’est pas un obstacle mais un atout.


Alors le fantasme et le jeu ajoutent à l’harmonie des corps qui se lient et le voyage a la grâce d’un avion qui s’élève sur une lointaine destination dont les escales sont les phases de douceur et de repos nécessaires pour mieux se reprendre dans ce vol au bout de la nuit lorsque les corps n’écoutent plus que leurs langages, faisant fi de la fatigue dans une tyrannie de l’envie de l’autre. Peu de repos, mais une escalade conjointe de ce besoin de pénétration charriée par les veines comme un torrent, à même la peau comme autant de vallées.

L’eau de source du bain mêlée aux huiles essentielles l’accueille dans un parfum de bergamote et de lavande où chaque pore se mire et respire un repos, une douceur, une plénitude, une accalmie que le massage de ses mains de femme poursuit sur le lit tandis qu’un bâton d’encens se consume lentement en notes de cade dans le calme de la pleine lune à la fenêtre.

Rym respire la peau de cet homme vulnérable et abandonné qui était si puissant à l’intérieur de son corps. Il ressemble à un chevalier après la bataille, nu, allongé sur le lit comme si sa cavalcade de plusieurs heures l’avait momentanément achevé, sans armure parce que sans défense sous ses yeux de femme.

http://www.elyseepalace.com/

  • Un trés bel endroit que cette piscine d'hôtel au dernier étage avec une vue magnifique sur la ville.
  • Un menu déjeuner sympatique le midi en plein soleil à la belle saison. Un bon début de soirée aussi.
  • Le cadre vaut vraiment le détour.

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