Liervol " Six Rêves Seven Dreams"

J'écris ce blog pour parler de ce que j'aime, pour en faire un lieu où acceuillir le Rêve. Ici, vous trouverez Poésie, Erotisme, Amour. Je parlerais de Lieux, d'Hôtels, de Restaurants, de Couleur de Cuisine et de Vins. J'ajouterais des anecdotes, ou des histoires peu connues à connaître. Je laisserais mon imagination entrainer la vôtre.

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Location: French Southern Territories

Sunday, December 18, 2005

Londres I



Je regardais cette fille et je la trouvais belle. Dix neuf ans à peine, cette anglaise avec ses longs cheveux auburn occupait un Emploi de vendeuse au rayon des écharpes et cravates de ce grand magasin de Londres. Le plus souvent sa clientèle était masculine et à l’observer je pouvais constater qu’elle Rougissait parfois avec certains clients qui devaient se montrer un peu trop entreprenants. On dit les anglais froids, mais c’est se méprendre sur eux. Elle avait un air surpris, presque naïf de l’attrait qu’elle dégageait et c’est ce qui m’attirait tant en elle, cette candeur, cette innocence. Elle était diaboliquement belle et c’était un ange.

J’avais pris un vol pour la capitale anglaise quelques jours auparavant. En janvier, j’aimais faire les soldes de l’autre côté de la manche, non pas Que je recherchais des vêtements pour moi car pour une femme rien ne vaut Paris mais j’adorais le chic anglais dans la mode masculine et j’avais grand Plaisir à regarder et toucher les étoffes de cet univers, à choisir parfois pour lui..

Mon hôtel était proche du centre ville, c’était une grande bâtisse de style victorien A la réputation internationale pas un palace mais un charmant et cossu pied à terre Tout de même. La façade du bâtiment se dressait imposante devant le square en face De la rue. Un petit écrin de verdure et quelques bancs, un marchand de journaux , une baraque à frites, Une station de taxi et un arrêt d’autobus, une bouche de métro, mélange de vert, noir et rouge, feuillage et ferraille, sandwichs et magazines déferlement d’une multitude à n’importe quel moment de la journée, migration pendulaires des employés de la capitale, Russell square..





En ce lieu, j’avais une jolie chambre avec un grand lit au matelas épais, le tout sous une touche de papier peint fleuris avec tentures et couvre lit assortis, et dans la pièce même une grande cheminée que remplissait en partie un poêle de faïence rappelant une époque où la ville se chauffait au charbon. L’ensemble était fort intime et accueillant, chaud à souhait comme une tasse de thé un hiver à cinq heures et depuis que le hasard de ma première visite m’ait amené en ce lieu, j’étais demeurée fidèle à cet établissement à chacune de mes escapades outre-manche. Je savais que je trouvais là ce confort british prisé dans le monde entier.

J’avais passé mes premières journées à flâner dans les différents quartiers entre Picadilly et Chelsea passant parfois même quelques minutes à écouter les orateurs à High park Corner, avant de me plonger dans Kensington. Boutiques et activisme ce mélange de genre plaisait à ma personnalité. Puis j’avais fini par entrer chez Harrods au milieu d’une foule impressionnante. Et là malgré le nombre incalculable d’employées, je l’avais remarqué, sans savoir tout d’abord pourquoi ? Cette fille avait surpris mon regard suffisamment pour que je m’intéresse à elle. Bien sûr, elle était très belle mais elle n’avait rien de la sophistication où je plaçais le charme féminin, elle était brute comme une sculpture inachevée, une débutante gauche, une fille de la campagne pour la première fois en ville. Et pourtant tant d’inexpérience recelée des trésors de possibilité. Elle était par trop jolie.

Je l’imaginais bien trop mutine pour la laisser là, à la merci du destin d’une rencontre quelconque qui ferait d’elle une mère de famille dans un quatre pièces de la banlieue de Londres entre un mari et les couloirs du métro, vite prisonnière et usée par le quotidien dans ce pays sans soleil. Un jour sans doute, elle prendrait un amant, mais ce choix ne serait pas un plaisir, simplement un refuge ou une évasion un peu comme le paradis artificiel qu’offre la drogue. Je voyais dans son sourire trop gentil défiler la vie qui l’attendait et à mi-chemin de mon expérience et de mon désir, je voulais l’arracher à sa destinée. Je désirais la connaître pour mieux la séduire et plus que la fille que je n’avais eue, je voulais faire d’elle mon égérie quant bien même je devais la casser pour mieux la reconstruire, l’anéantir pour mieux la bâtir, la façonner de la glaise au marbre.

Sans doute un jour m’en ferait-elle le reproche mais alors j’aurais tôt fait de lui faire connaître le devenir de ses consœurs et j’étais persuadé qu’un jour, elle me remercierait même si tout a un prix et que ce prix c’était elle. Restait à savoir, comment l’aborder, la mettre en confiance, mon handicap d’étrangère pouvait se révéler un avantage. Il était évident que si mon anglais était fort correct en rien il ne voisinait la perfection. Par contre moi je venais de France, et j’habitais le sud, cette côte d’azur qui fait tant rêver les étrangers du Nord, encore bercés des légendes de la belle époque et du grand luxe des manifestations et des festivals. Je devais donc user de mes appâts non pas en temps que femme auprès d’un homme, Mais en matière de lieux et de destination.

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