Liervol " Six Rêves Seven Dreams"

J'écris ce blog pour parler de ce que j'aime, pour en faire un lieu où acceuillir le Rêve. Ici, vous trouverez Poésie, Erotisme, Amour. Je parlerais de Lieux, d'Hôtels, de Restaurants, de Couleur de Cuisine et de Vins. J'ajouterais des anecdotes, ou des histoires peu connues à connaître. Je laisserais mon imagination entrainer la vôtre.

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Location: French Southern Territories

Sunday, December 18, 2005

Lautrec



  • Une porte close,
    Une lanterne dans le soir,
    De lourdes tentures de velours rouges, des barres de laiton massives pour les soutenir

    Des femmes lascives aux longs cheveux, des brunes, des blondes,
    Des rousses, des chignons vite refaits, des visages trop maquillés
    Innocence des sourires, insolence des soupirs, latence des désirs,
    Des hommes de tous les âges, des pardessus, de longs- manteaux, des chapeaux
    Du notaire au gendarme, la parade des gardiens de la vertu venus s’encanailler.
    Le défilé des filles de joie venues consoler la morale.

    Mélange de gris et de couleurs, soies et dentelles au milieu des tissus de laine, des cotons blancs, débauche des uniformes, éclat des satins, fumées des cigares, odeurs d’alcools, éclats de rires, gémissements intimes, parfums du sérail mais aussi encens et néroli, ambre gris.
    Bas de soie répondant à des cravates sur des sofas écarlates pendant que les épouses
    veillent au coin du feu, interdites de ces jeux.

    Regards de braise, intensité du pouvoir sur le vouloir
    Nudité offerte à des hommes trop vêtus délaissant le devoir pour le plaisir
    Tolérance d’une société faite par des hommes pour des hommes
    Hypocrisie qui sépare la mère et la putain
    Offrande de la chair sous les dessous, éclairée par des lustres de vermeille,
    Jeu de la bougie sous le globe, de la flamme qui lèche les moindres recoins, serpente
    écarte les jambes, soupèse la lourdeur des seins, reconnaît chaleur et humidité, s’introduit.

    Statues de luxure au centre d’un théâtre romain
    Touché de la peau, caresse du feutre, geste du cuir, sur les corps nus, jambes déliées, corps en croix, mirage saphique, raffinement mondain. Cénacle damné, espace de liberté pour une société brillante d’artistes, d’écrivains, d’hommes du monde, de militaires.
    Cézanne a réglé d’une toile, Vincent a connu une nouvelle crise
    Gauguin vient de nous quitter pour les marquises, il va y mourir
    J’entends au fond de ma mémoire dans les ports d’Amsterdam
    Je te sais là-bas, Jacques
    Mais mourir, n’est pas de mise aux marquises…

    La main, le chapeau, le gant, parfois la ceinture
    Gestes impudiques, les escaliers se montent
    Les filles sont faciles, une ou deux, plusieurs quelle importance ?
    La vie est là sans plus d’apparence
    D’un contour d’estampes japonaises dans la masse des couleurs
    Dans le réalisme de l’image : la capture de la mentalité
    Les hommes aiment les filles faciles
    La vie est là
    Les filles montent
    Lautrec peint…

    Seule devant mon miroir
    Deux bougies allumées dans le soir,
    Je remonte ma jupe de velours
    Assise dans mon fauteuil j’écarte mes jambes
    Indiscrète, je m’assure que tu es là en face de moi de l’autre côté de la glace
    Je ne porte rien que mes bas et ce porte jarretelles en dentelle rouge
    Comme une prostituée, docile, je veux lire ton désir
    Je glisse mes doigts au centre de cette fente humide
    Je me caresse et je m’ouvre un peu plus encore
    J’imagine ton envie, ton sexe qui se gonfle et l’instant où tu entres en moi
    Mon bas ventre frémit et je gémis sous la vague qui joue avec mes doigts
    La chaleur m’envahit, mon majeur se fait plus précis
    Je m’étale et je ressers mes cuisses, j’ondule mon bassin, je me fais chatte
    Je me cambre, mes muscles s’allongent, j’entrevois ma fourrure
    Comme les lobes d’un abricot, je sépare mes fesses
    Je t’offre un passage

    Mes mains enserrent mes seins et ma langue s’offre une sucrerie
    Je suce, je lèche, je salive du goût de ta peau
    Je me relâche, je m’abandonne à mon désir
    Experte, je mouille mon doigt et j’affirme mon besoin
    Maintenant c’est tout mon corps qui t’appelle,
    Je me suis laissé tombé, avachir
    Je me suis laissée aller comme un pantin désarticulé en attente de son maître
    Il n’y a plus que ce doigt qui s’agite en moi
    Avance-toi, prends-moi
    Je n’ai besoin que de ça
    Viens me salir
    Viens fouiller mon corps, viens affranchir les secrets de mon âme
    Savoir l’espace d’un moment si je suis femme si je suis chienne
    Savoir laquelle je préfère
    Savoir où je te réclame
    Si j’accorde m a cadence à la tienne, si je reprends vie,
    Si je deviens autre quand tu me possèdes
    Fais que je t’appartienne même si ce n’est qu’un trop court instant
    Fais que je sois tienne, que nous ne soyons plus qu’animaux
    Que tu sois le roi et moi la femelle !


    Pour ton plaisir devient mon client,
    Par mon désir je me suis choisi catin
    Putain privée
    D’une maison dont je t’ai donné les clefs de toutes les chambres
    Et dans ce clos ne règne que tes inclinaisons.
    Et derrière ces murs tout veille à ton assouvissement.
    Henri de Toulouse Lautrec disparût
    Il y a tout juste cent ans
    Il naquit une même année un autre siècle
    vécut mon âge
    N’alla jamais plus loin que 1901
    Lautrec
    Peignait ces maisons là
    Peignait ces filles de joies….
    Célébrait ces plaisirs
    D’un jet de fusain
    Signait nos envies
    De taches de couleurs
    Signait la vie
    Rapportait nos réalités…

    Je t’aime.


    http://perso.wanadoo.fr/art-deco.france/Toulouse-lautrec.htm
  • http://perso.wanadoo.fr/art-deco.france/magazine.htm
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