Liervol " Six Rêves Seven Dreams"

J'écris ce blog pour parler de ce que j'aime, pour en faire un lieu où acceuillir le Rêve. Ici, vous trouverez Poésie, Erotisme, Amour. Je parlerais de Lieux, d'Hôtels, de Restaurants, de Couleur de Cuisine et de Vins. J'ajouterais des anecdotes, ou des histoires peu connues à connaître. Je laisserais mon imagination entrainer la vôtre.

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Location: French Southern Territories

Monday, December 19, 2005

Londres V


Il était ravi et transi de désir pour la jeune femme mais aussi pour l'amante que j'étais qui s’imposait comme maîtresse de son plaisir, metteur en scène d’un vice qui lui parlait au plus profond de ses tripes, qui le scotchait comme un ensemble de crampes qu’il allait falloir combattre et vider, décharger de toute la violence qui le jettait dans cet état second qui lui donnait autant de plaisir que de souffrance dans la promesse d’une terrible jouissance.

Cet homme, Eva ne l’avait jamais vu et il allait la prendre, le moment était venu. Il s’approchait nu et tendu, débarassé de tous ces vêtements, effeuillé de ses propres mains à mesure que la chaleur avait monté dans ses veines.
Tandis que ses bras écartaient ses cuisses, elle se laissa faire malgré un mouvement de surprise et de terreur devant cet inconnu et son désir de mâle. Elle était étroite et sa verge très épaisse.

A l’instant même : un coup de rein, elle reçevait son premier coup de butoir dans un râle de plaisir où tout son corps se cabrait tandis que sa bouche buvait et mangeait mon sexe avec la même gourmandise qu’il avait lui de sa pénétration sans d'avantage de préliminaires.

Je les observais, regardant le corps de mon amant se mouvoir dans la jeune femme, un petit pincement au cœur que je chassais vite, je n’étais pas jalouse, j'étais moi, c’est ce qui comptait le plus. Je savais qu'il aimait être avec moi, je ne redoutais aucune concurrence, parce qu’il ne pouvait y avoir de compétition dans la différence.
Alors, je le regardais de tout mon amour et je lisais dans dans la torpeur de ses yeux un immense contentement pour mon cadeau. J'avais reçu de cette vision, l'intensité érotique en pleine figure comme la découverte de l'Atome, et n'y tenant plus je me désintégrais dans la fission des sensations de mon corps et de la vision de son sexe qui pénétrait avec application et délectation le sien. C'était comme l'explosion d'une Supernova dans ma tête, l'onde de la mort du Krakatoa parcourrant la terre et donnant la vie, agitant mon corps...

Comme je le trouvais beau, comme je ne me lassais pas de son visage, comme j'étais attiré par son corps ... Il était pour moi l'Homme dans toute son essence...comme je l'avais toujours rêvé sans savoir l'identifier avant de le rencontrer.

Je m'étais écroulée avec un sourire béat sur le lit, mon corps en croix, descendu de sa croix, libéré par la jouissance. Etrangeté de la volupté qui nous saisit. Nul schéma précis, pas d'origine vraiment identifiée, tantôt un simple départ physique comme on allumerait une mèche, tantôt une trangression mentale, une surprise de taille dans les ébats, comme une transposition par trop sensuelle et indécente sur écran géant, tantôt les deux quand le mental verse du sodium sur la mèche qui brûle déjà.

La douceur de sa petite langue avait ôté toute défense, puis toute résistance à mon corps, je m'étais liquéfiée impuissante, innondée de l'intérieur. La vision de l'homme que j'aimais possèdant et prenant du plaisir avec un autre corps, dans les grimaces de satisfaction de son visage, s'était démultiplié en moi.
Il était le mâle dominant et nous étions la meute. Il était l'homme avide de plaisir qui se rit de l'amour. Il était l'étalon et nous étions les femelles à couvrir. Il était le sexe pour le sexe dans tout son égoisme et sa puissance où seul importe de prendre et de jouir.

Il était une suite infini d'images à la fois insultantes et délicieuses.

Oui, j'avais jouis à cause de ça, à cause de ma honte de n'être plus réduite qu'à un sexe parmi d'autres, puisqu'il tirait ce même plaisir avec une autre, à cause du bien que me faisait sa langue chaude, à cause de la situation du trio, de cette femelle léchant une autre femelle tandis qu'elle se faisait mettre par un inconnu, ne justifiant qu'une seule chose son état de femelle face au mâle qu'elle me retournait tel un miroir en pleine face. J'avais jouis d'être une femme seulement une femme, de mon abandon de femme...

Londres IV



J'allumais l'interrupteur de l'instrument, et une délicieuse vibration s'étendit à toute la longueur de l'instrument humidifié au préalable par sa bouche. J'allais et venais doucement autour des ses formes rondes. Allongées à même le lit, le rebondis des ses fesses se laissait aller à entrouvir les cuisses sous le chant de l'instrument dont l'extrémité mimait un gland de taille moyenne dans le moelleux du latex.
J'allais et venais entre son entrecuisse, excitant uniquement son périnée, sur lequel j'insistais comme une tête chercheuse. Puis, j'en vins à m'occuper de son sexe, à ouvrir ses lèvres charnues pour flatter de la tumescence du vibro ses grâcieuses et délicates petites lèvres toutes roses dont je gardais le goût à la bouche.
Je restais ainsi un long moment au milieu des pétales à aller et venir trés lentement prenant grand soin à ne pas m'aventurer trop prés de l'extrème sensibilité de son clitoris. Je voulais qu'elle finisse par implorer la caresse, là plus haut à cet endroit précis qui la porterait encore une fois à des sommets de jouissance.

Je m'amusais, j'y allais, je n'y allais pas, je m'arrêtais en chemin et elle s'arrêtait un instant de gémir dans l'attente d'encore pire, d'une sensation encore plus forte, qui lui donnerait envie d'émettre des râles. Oui, mais j'arrêtais, je ne voulais pas la faire jouir.

Je voulais simplement la maintenir en altitude et continuer à exciter son désir à lui, qui derrière le rideau observait et n'avait rien loupé de la scène. Il devait être bouillant dans son costume, bandé comme un arc, il devait même en avoir mal du désir qu'il contenait...

La marquise de Merteuil à cet instant était en moi, et il était Valmont.

Il avait observé longuement nos deux corps se prendre. Mes allées à la conquête d’Eva, parfois plus sauvage que lui-même ne l’aurait été, plus persuasive, plus puissante dans toute ma douceur qu’un homme dans le geste juste d’un sexe pour le même sexe. Dans ce mélange animal, il s'était déjà rêvé au milieu des deux femelles, leurs petites langues s’insinuant tout d’abord dans les plis de ses jambes pour ramper mouillées et bien humides jusqu’à désirer lécher ses testicules qu’il sentait se raidir dans leurs enveloppes qui se ridaient pour mieux se préparer à supporter l’intense chaleur des bouches féminines.

Derrière le rideau, il se laissait envahir par une douce torpeur où déjà les gorges se faisaient profondes par les cous qui se renversaient en arrière pour mieux l'avaler tout entier dans sa raideur et puissance de mâle.

Son sexe droit et dur en salivait d'avance tandis que ses yeux ne pouvaient se détacher de toutes les opportunités offertes par les deux corps, celles qu'il connaissait déjà et les nouvelles, ce corps inconnu et offert dans une sorte de double sacrifice par la femme qui l'aimait à mi chemin du désir qu'elle avait d'Eva qui était sienne et de la jalousie qu'elle allait tout de même éprouver de le voir prendre une autre femme en sa présence.

Ce corps jeune et frais encore toute en innocence et pourtant si affamé qui le surprenait dans son jeu avec son amante à tel point qu'il sentait doublement à son tour le besoin d'intervenir par son envie d'elle et le besoin qu'il portait en lui de rester le maître des plaisirs de son amante.

Londres III



Elle était gaie comme un pinson, euphorique entre sa jeunesse et ce climat qu’elle découvrait, appâtée par le luxe. Je n’eu aucune difficulté à approcher la coupe de ses lèvres et à verser par inadvertance calculée un peu de liquide sur les commissures de sa bouche, et le reste sur sa robe .

Elle ne broncha pas, elle me regarda comme si elle n'attendait que ça, comme l'agneau face au loup, sauf qu'il y avait au fond de ses prunelles au lieu et place de la peur une chaleur trouble, une invite. Alors du poids de mes yeux dans les siens je m’emparais de sa bouche avec gourmandise et sans aucune sauvagerie, non bien au contraire, je me fis plus tendre que ne l'était mon regard, et dans cette douceur perverse de goûter ses lèvres et de voir qu'elle en redemandait, je fis glisser son vêtement humide à terre.

Sa langue poursuivait la mienne et elle se donnait avec fougue dans ce premier baiser. Lentement je la fis glisser sur ma couche et je parfumais son corps haletant brûlant de gouttes de champagne froides qui la faisait à chaque fois frissonner et qu’avec ma bouche je ne laissais réchauffer au contact de sa peau.

Ce chaud froid la rendait molle et soumise à en perdre la raison du pouvoir que j’avais sur cet étrangère rencontrée quelques jours plus tôt sauvage, distante et pourtant déjà si familière parce qu’intensément désiré. Et le pouvoir qu'elle avait sur moi, en me dévoilant un peu plus de son corps dans des positions et des gémissement de chattes en chaleur, allait grandissant.

J’avais du mal à garder mon propre contrôle et dans le ballet qui me liait à son corps, les sources se mêlaient, et nos corps se prenaient et se relâchaient dans une grâce toute féminine, dans un jeu d’ombres chinoises de vallons et de collines. Elle réagissait merveilleusement et elle avait la capacité d’enchaîner les orgasmes.
Je me régalais de la voir se tordre dans toute sa splendeur, et de s'amuser toute jeune ingénue qu'elle m'avait d'abord parue, à me rendre la pareille, avec sa petite langue rose qu'elle savait faire pointue et qui jouait tournant autour de mon sexe qui suintait de désir, comme autant de plaisir, gorgé et gonflé avant de s'y introduire et de s'insinuer dans mes douceurs jusqu'à me faire alterner à mon tour miaulements et hâletements.

Je réussis malgré tout à reprendre le dessus, je me voulais dominatrice, un peu mâle, aller plus loin en elle que mes doigts ou ma langue le permettaient,
la prendre, lui écarter les cuisses, enfourner son sexe tendre comme un homme avec une queue bien dure, cette petite garce qui était parvenue à me faire perdre toute convenance.

Je sortis de mon sac prés du lit, un premier godemiché que je lui fis tout d’abord lécher en guise de soumission. Ce que cette petite chérie, loin de mon attente, fit avec une arrogance que trahissait son regard et qui me donna encore plus l'envie de la pénétrer trés profond. Puisqu'elle voulait jouer à ça, elle n'avait encore rien vu. Elle ne savait pas ce qui l'attendait et qui lui ferait perdre bientôt toute sa superbe, quand elle ne serait plus qu'une jolie chienne quémandant encore et encore son plaisir.

La sensualité des femmes m'émerveillait, elle était autre que celle des hommes, je n'avais pu l'appréhender avant, avant je n'avais qu'une vague idée des rapports entre femmes, qu'une image saphique emprunté à l'imagerie des hommes : celle de deux corps féminins allèchant pour un sexe durcissant à cette vue. Une image sur papier glacé ou une image de vidéo, ce que je découvrais, était autre.

Je découvrais au beau milieu de nos désirs, de nos âmes charriées et gouvernées par nos hormones, au centre du sexe en nos sexes chauffés à blanc, l'émotion.

voilà que j'étais émue par les possibilités et la sensualité que me donnait son corps, une forme féline et grâcieuse à l'infini.

Ce besoin de sexe, en elle, n'était pas le même besoin que celui des hommes, il n'avait pas de fin, elle serait restée ouverte, offerte parce qu'elle se fondait à donner, parce qu'elle était femme, parce qu'elle aimait ça s'ouvrir, acceuillir, se laisser envahir, parce qu'elle était un asile, une forme douce et chaude où l'on s'enfonce où on se trouve tendrement enserré, tendrement baigné et chaloupé dans un ruissellement liquide rappellant la matrice originelle.

Femme, elle était prête à tout pour me suivre au bout de la nuit et bien plus loin encore, pour que je couvre son corps de baisers et que je lui dise qu'elle était belle.
Et elle était tellement belle, tellement douce, tellement émouvante, tellement animale
sans jamais être bestiale.

L'espace d'un instant, je pensais que j'aurais aimé être un homme, rien que pour ça, pour être encore plus ému, de toute ma rudesse d'homme, de toute ma force affichée et de ma sensibilité refoulée, devant ce corps et cette attitude de femme si différente de ma nature d'homme.

La bête face à la belle, je comprenais d'autant plus que les hommes aiment autant les images des femmes, contemplant ces corps nus
comme la promesse du plus beau des voyages.

Sunday, December 18, 2005

Londres II


Elle avait l’âge des grands songes et des illusions que l'on dresse en certitudes.Eloignée de la petite fille qu’elle fût, toujours pas une femme même si elle n’était sans doute plus vierge, d’un pucelage abandonné sur le siège d’une voiture dans un lieu désert avec un enfant de son âge.
Souvenir, qui sans doute ne lui avait pas laissé grande impression de l’amour auquel elle aspirait, inexpérimenté, tout rempli de l’égoïsme sans nom d’un débutant qui plaçait sa propre jouissance avant la sienne, dans cette culture occidentale du phallus où l’art de la caresse est si peu enseignée dans cette civilisation qui a si longtemps nié le besoin de plaisir des femmes au profit du devoir conjugal, comme si l’amour, sentiments ou physique avait quelque chose d’une obligation pour le deuxième sexe .
Il faut dire que dans les siècles sans contraception et dans les limites voulues par l’église sous peine d’excommunions, les femmes étaient bien souvent sacrifiées et réduites à un besoin masculin basic et restreint.
Triste réalité de constater aujourd’hui, une si grande évolution technique et une si petite évolution morale, car c’est bien de morale qu’il s’agit, de cette protection honteuse dont se sert la société pour couvrir son manque d’humanité par des décrets religieux.
Et au lieu et place de la bonté, de l’amour, du désir et du plaisir, face à tout ça le plus souvent uniquement, ces dix commandements plus actes de propriété qu’autre chose
Et qui place la bible comme le premier code civil de l’humanité et la femme au même titre de la brebis dans son ventre de reproductrice.
Un aussi grand livre et aussi peu d’amour
Au milieu des crimes et des clans. Un monothéisme canalisant le peuple en un seul Dieu, dont d’écoule un seul chef et l’union tant attendu des tribus d’Isräel, et l’amour dans tout ça tout en haut de la ruche qu’en fait-on ?

Rien ou si peu,
Il paraît qu’il ne faut même pas y songer, qu’il n’existe pas, qu’il s’agit d’une denrée périssable qui ne vaut pas la peine qu’on s’y attarde ?
Et le plaisir dans tout ça !!! réduit le plus souvent à l’enseignement d’une culture de film porno comme s’il s’agissait uniquement de pénétrer et de lécher pour donner la volupté.
J’étais hédoniste, et je ne voyais pas d’autre avenir à l’humanité

Le futur était là loin des mensonges et des frustrations mais trop tôt ou trop tard pour la majorité. J’étais hédoniste et romantique, j’étais encore plus rare.
Et elle était là devant moi et c’était la première fois que je désirais une femme.

J’avais bien eu un jour une liaison avec une femme du même âge que moi, mais c’était plus elle qui l’avait voulu que moi.
C’était mon esthéticienne et j’avais remarqué plusieurs fois à sa façon de me masser les jambes que je ne lui étais pas indifférente et moi par jeu à chaque fois dans cet institut je la demandais elle, tentant un peu le diable en ses mains à chaque fois.

Un désir saphique comme alternative à mon besoin hétéro.

Un jour, je m’étais trouvé sa dernière cliente et sa patronne partie, seule à seule dans la boutique, par ses longs va et vient de ses mains adoucies par l’huile d’amande douce, sur mes jambes et mes fesses , je me étais laissée allée à la volupté de sa caresse, je m’étais abandonnée à lâcher mes cuisses sur la serviette blanche, détendue, offerte à ses gestes que mon corps lui réclamait.

J’avais laissé sa main parcourir mon entrejambe comme le jeu de la mouche, et ses doigts écarter mes soies pour frotter comme une chatte mon petit bouton, gémissante et tendue en ce point qui demandait à être laper comme une goutte de lait..

J’avais aimé la rugosité sa langue et la douceur de ses manières et de sa bouche de femme de mon sexe à mes seins qu’elle tétait goulûment comme s’il s’était agit de boire à une gourde de peau tendue d’eau. Et c’était troublant de voir d’aussi petites mains malaxer ma forte poitrine qui échappait pour une fois aux mains des hommes.

J’étais tout entière errante à moi-même, distraction de cette femme dont je n’étais pas la première aventure féminine et je me délectais à l’idée d’user de mes attouchements sur son corps dans mes premières cajoleries lesbiennes.

Ce fut un moment intense bien que je fus plus passive qu’active car je me sentais parfois gauche et je lui donnais moins de plaisir qu’elle ne m’en procurait.

J’avais voulu poursuivre ce soir là par un souper et une fin de soirée dans un bar avec lui, je rêvais d’un trio et je savais qu’elle lui plairait : c’était une jolie femme blonde aux yeux bleus avec un joli corps mais elle n’avait jamais voulu autant elle aimait les femmes autant les hommes la répugnait, je n’avais point insisté.

Quelque part pour la punir de ma déception par la suite, j’avais tout fait pour l’éviter, et je n’avais plus eu affaire à elle mais à ses collègues de travail.

Ce soir là, j’étais restée sur ma faim et j’avais songé à me trouver une proie. Mais aucune femme ou fille ne m’avait attiré jusqu’à celle-là. Toujours là devant moi alors que je vagabondais dans les souvenirs de mon corps et de ses désirs de mâle puisqu’il devait me rejoindre pour la fin de semaine. Je la regardais comme un prédateur.

Au bout de trois jours, elle s’habituait enfin à ma présence, Je lui posais toutes sortes de questions sur les modes de tissages et l’origine des matières. Je sentais que je lui devenais familière et qu’elle commençait à être heureuse de ma présence féminine dans son univers d’homme. Le quatrième jour je fis même exprès de venir bien plus tard que les autres jours et je perçus un contentement dans son regard à mon arrivée.. Le jeune animal était apprivoisé, il ne restait plus qu’à tendre mes filets pour le cueillir.
J’osais donc : « mademoiselle, vous avez été charmante, vous avez guidé mes choix et vous avez conservé pour moi les plus beaux de vos articles, grâce à vous il va être ravi, je dois partir d’ici cinq jours, je suis seule à Londres et je me demandais si vous me voudriez pas dîner un soir à mon hôtel avec moi, je vous parlerai de ma région et je continuerai grâce à vous à pratiquer mon anglais. »

J’apprenais qu’elle se nommait Eva et qu’elle serait ravi de se joindre à moi mais qu’elle ne possédait aucun vêtement pour un dîner en ville dans un cadre de renommé internationale. Elle vivait dans la proche banlieue derrière la colline des Dowrs. Je lui disais aussitôt de ne pas s’inquiéter que je ferais en sorte de lui prêter quelque chose pour l’occasion, j’allais même jusqu’à inventer que j’avais une ancienne relation qui tenait une boutique pour femme dans la City, c’était un peu gros mais manifestement elle n’avait jamais mis un pied dans ce centre d’affaire au cœur de Londres.

Nous fixâmes la date au surlendemain, ce qui me laissait amplement le temps de trouver dans la journée, une petite robe du soir pour la parer, l’émerveiller et la faire tomber .
Ce fut un samedi soir, Arrivée à la porte de ma chambre, elle semblait encore un peu intimidée, Elle était croquante à souhait et j’avais d’elle l’eau à la bouche Je prenais garde de rien montrer de cette envie qui eu pu la faire fuir J’avais hâte qu’il l’aperçoive aussi convié bien plus tard au festin par mes soins. Je savais que l’attente serait pour lui interminable et combien délectable. J’avais préparé pour elle une robe verte émeraude ainsi qu’un minuscule string De la même couleur sur le lit, une paire de chaussure argent. Elle ne devait pas s’inquiéter, c’était neuf mais rien que des bricoles, jolies mais des bricoles achetées en solde qu’il me faisait plaisir de lui offrir.

Elle était sous le charme et n’hésita pas longtemps à passer ses nouveaux vêtements. Dans l’entrebâillement de la porte j’avais la chance de découvrir une paire de fesses superbes qui annonçait une merveilleuse soirée. J'imaginais avec un grand plaisir ses mains d'hommes s'aventurant sur ces courbes que je serais la première à posséder. Une sensation agréable et malsaine à la fois à cette pensée coulait dans mes veine comme un feu, c'était prodigieusement excitant : sa peau à lui, sa peau à elle, l'alliage du vice, d'un vice où la vertu s'annonçait plus prometteuse encore à s'abandonner aux caresses.

Eva me parla de sa famille, de son enfance, de ses deux frères, le plus âgé conducteur de métro et le plus jeune infiniment doué pour les mathématiques et pour lequel ses Parents pensaient obtenir une bourse pour son entrée à Cambridge. Nous étions dans le bar de l’hôtel, le tissus émeraude de sa robe tranchait avec le vert Anglais dominant. Elle avait décidément un charmant sourire et de ravissantes épaules. Elle buvait lentement le cocktail que j’avais eu soin de choisir pour elle, et un peu de chaleur rougissait ses joues mais elle ne se doutait de rien et livrait un peu plus de son âme à chaque parole avant de me livrer plus Tard dans le soir son corps que je devinais devenir chaud et humide à souhait, détendu et sans défense. En dedans le mien battait la chamade, mais il n’était pas encore temps pour moi de quitter l’affût.

Je lui apprenais quelques mots de français, quelques mots dont elle ignorait le sens exact pour l’instant rendus encore plus excitant par la tonalité de son accent dans ma langue maternelle. L’alcool aidant, ce fut docile et familière qu’elle gagna la salle de restaurant. Elle riait, répétait à voix basse les mots récents appris, m’inondait de questions Sur ma vie, ma région puis elle en vint à pas feutrés à mes amours. Je sentais qu’elle était prête car son excitation la menait tout droit entre mes griffes, du mal qu’elle se faisait à essayer à trouver jouissance par procuration de mon expérience de femme .
Entre le dîner qui était merveilleux et la surprise de la robe, dans cet univers Nouveau pour elle, elle rendait les armes. Le dessert venu, elle n’émis aucune difficulté à me suivre à ma chambre. Je m’étais faite servir une bouteille de champagne, cachant le troisième verre et la deuxième bouteille dans le mini-bar.

Londres I



Je regardais cette fille et je la trouvais belle. Dix neuf ans à peine, cette anglaise avec ses longs cheveux auburn occupait un Emploi de vendeuse au rayon des écharpes et cravates de ce grand magasin de Londres. Le plus souvent sa clientèle était masculine et à l’observer je pouvais constater qu’elle Rougissait parfois avec certains clients qui devaient se montrer un peu trop entreprenants. On dit les anglais froids, mais c’est se méprendre sur eux. Elle avait un air surpris, presque naïf de l’attrait qu’elle dégageait et c’est ce qui m’attirait tant en elle, cette candeur, cette innocence. Elle était diaboliquement belle et c’était un ange.

J’avais pris un vol pour la capitale anglaise quelques jours auparavant. En janvier, j’aimais faire les soldes de l’autre côté de la manche, non pas Que je recherchais des vêtements pour moi car pour une femme rien ne vaut Paris mais j’adorais le chic anglais dans la mode masculine et j’avais grand Plaisir à regarder et toucher les étoffes de cet univers, à choisir parfois pour lui..

Mon hôtel était proche du centre ville, c’était une grande bâtisse de style victorien A la réputation internationale pas un palace mais un charmant et cossu pied à terre Tout de même. La façade du bâtiment se dressait imposante devant le square en face De la rue. Un petit écrin de verdure et quelques bancs, un marchand de journaux , une baraque à frites, Une station de taxi et un arrêt d’autobus, une bouche de métro, mélange de vert, noir et rouge, feuillage et ferraille, sandwichs et magazines déferlement d’une multitude à n’importe quel moment de la journée, migration pendulaires des employés de la capitale, Russell square..





En ce lieu, j’avais une jolie chambre avec un grand lit au matelas épais, le tout sous une touche de papier peint fleuris avec tentures et couvre lit assortis, et dans la pièce même une grande cheminée que remplissait en partie un poêle de faïence rappelant une époque où la ville se chauffait au charbon. L’ensemble était fort intime et accueillant, chaud à souhait comme une tasse de thé un hiver à cinq heures et depuis que le hasard de ma première visite m’ait amené en ce lieu, j’étais demeurée fidèle à cet établissement à chacune de mes escapades outre-manche. Je savais que je trouvais là ce confort british prisé dans le monde entier.

J’avais passé mes premières journées à flâner dans les différents quartiers entre Picadilly et Chelsea passant parfois même quelques minutes à écouter les orateurs à High park Corner, avant de me plonger dans Kensington. Boutiques et activisme ce mélange de genre plaisait à ma personnalité. Puis j’avais fini par entrer chez Harrods au milieu d’une foule impressionnante. Et là malgré le nombre incalculable d’employées, je l’avais remarqué, sans savoir tout d’abord pourquoi ? Cette fille avait surpris mon regard suffisamment pour que je m’intéresse à elle. Bien sûr, elle était très belle mais elle n’avait rien de la sophistication où je plaçais le charme féminin, elle était brute comme une sculpture inachevée, une débutante gauche, une fille de la campagne pour la première fois en ville. Et pourtant tant d’inexpérience recelée des trésors de possibilité. Elle était par trop jolie.

Je l’imaginais bien trop mutine pour la laisser là, à la merci du destin d’une rencontre quelconque qui ferait d’elle une mère de famille dans un quatre pièces de la banlieue de Londres entre un mari et les couloirs du métro, vite prisonnière et usée par le quotidien dans ce pays sans soleil. Un jour sans doute, elle prendrait un amant, mais ce choix ne serait pas un plaisir, simplement un refuge ou une évasion un peu comme le paradis artificiel qu’offre la drogue. Je voyais dans son sourire trop gentil défiler la vie qui l’attendait et à mi-chemin de mon expérience et de mon désir, je voulais l’arracher à sa destinée. Je désirais la connaître pour mieux la séduire et plus que la fille que je n’avais eue, je voulais faire d’elle mon égérie quant bien même je devais la casser pour mieux la reconstruire, l’anéantir pour mieux la bâtir, la façonner de la glaise au marbre.

Sans doute un jour m’en ferait-elle le reproche mais alors j’aurais tôt fait de lui faire connaître le devenir de ses consœurs et j’étais persuadé qu’un jour, elle me remercierait même si tout a un prix et que ce prix c’était elle. Restait à savoir, comment l’aborder, la mettre en confiance, mon handicap d’étrangère pouvait se révéler un avantage. Il était évident que si mon anglais était fort correct en rien il ne voisinait la perfection. Par contre moi je venais de France, et j’habitais le sud, cette côte d’azur qui fait tant rêver les étrangers du Nord, encore bercés des légendes de la belle époque et du grand luxe des manifestations et des festivals. Je devais donc user de mes appâts non pas en temps que femme auprès d’un homme, Mais en matière de lieux et de destination.

Modigliani





Pise, une ville prés de Livourne en Italie où tu vois le jour, se trouve là en pleins champs, comme posée par des extra terrestres venus en soucoupe volante dans un autre siècle, isolée de la ville, une surface plane de gazon de la taille du Madison Square Garden. Une esplanade verte, surprenante sur laquelle se dressent trois monuments de marbre blanc : la cathédrale, le baptistère et la tour, penchée sur la misère humaine. Du poste de pilotage du vaisseau spatial, plus tard dans la scène, Dali représentera ces visiteurs.

Amadeo, pas Amadeus, et pourtant de la musique et de la peinture jaillit la souffrance. Mozart ou Modigliani, quel destin ! Quels crimes aviez vous donc commis pour des existences aussi tourmentées ? Est-ce là le revers au génie ?

Mozart, tu ne deviendras pas sourd comme Beethoven, tu sombreras dans une autre folie. Modigliani, tes portraits sont aveugles d’une réalité extérieure qu’ils refusent pour l’essentiel à l’intérieur et tu te ronges aux acides, de la cocaïne à l’éther, pour poursuivre l’inaccessible gloire qui te prive de ta participation à l’exposition de New York avec tes contemporains.
Artiste maudit, en retard ou en avance sur le siècle, pas au rendez-vous, si malade et pourtant si obstiné d’un message à laisser d’un coup de burin devenu pinceau devant la force qui te manque pour sculpter.

Les artistes sur Terre expient les crimes des autres hommes face à la phrase de Nietzsche qui proclame que Dieu est mort sans que nul ne soit capable seul de le remplacer, où se cache le sens de la vie ? Dans les notes de Freud ?
Quand on t’interdit d’exposer tes nus comme si tu étais le diable, toi qui n’y montre que beauté ! Médiocrité humaine qui s’interdit la révélation et le « Deviens qui tu es », aberrant de devoir attendre une publicité venue des Etats-Unis « Just do it » pour retrouver tant d’années après ces mêmes idées.

Perversité de la morale qui refuse la chair comme nourriture humaine essentielle à l’équilibre de l’esprit. La division du corps et de l’âme quelle ineptie !

Le talent ne choisit pas où il naît, il tombe d’en haut comme une pluie bienfaitrice sur la misère de l’humanité et bien souvent il est une croix à l’homme qui le reçoit et qui le porte de sa naissance jusqu’à sa mort, le calvaire du cheminement de l’artiste au milieu des autres hommes qui ne peuvent que modestement le comprendre.
Le visionnaire éclaire de sa lanterne le chemin tortueux mais le troupeau reste dans la plaine par peur des loups, insatisfait de sa vie de mouton pas assez courageux pour oser plus. Comment peindre le courage quand seule la pierre en possède la force ?

Tes femmes au cou de girafe viennent de l’Afrique et leurs corps sont souples des muscles de fauve qui dorment sous la peau dans toute la sensualité de la nudité, le visage allongé comme une ponctuation qui prolonge le tableau par les mots de l’amateur qui, de son regard, s’allonge à même la toile dans un flux qui le submerge de l’intérieur, dans ces poses lascives où surgit toute la violence du Paradis perdu, dans ces yeux vides qui ne veulent pas voir, simplement s’offrir et ressentir.,ces yeux pleins d’amour, sous le pont Mirabeau coule la Seine et nos amours, la joie venait toujours après la peine, les jours s’en sont allés et comme Apollinaire tu demeures,


Ton devoir est de ne jamais te consumer dans le sacrifice.
Ton véritable devoir est de sauver ton rêve
.

Modigliani, Lettre à Oscar Ghiglia






















Lautrec



  • Une porte close,
    Une lanterne dans le soir,
    De lourdes tentures de velours rouges, des barres de laiton massives pour les soutenir

    Des femmes lascives aux longs cheveux, des brunes, des blondes,
    Des rousses, des chignons vite refaits, des visages trop maquillés
    Innocence des sourires, insolence des soupirs, latence des désirs,
    Des hommes de tous les âges, des pardessus, de longs- manteaux, des chapeaux
    Du notaire au gendarme, la parade des gardiens de la vertu venus s’encanailler.
    Le défilé des filles de joie venues consoler la morale.

    Mélange de gris et de couleurs, soies et dentelles au milieu des tissus de laine, des cotons blancs, débauche des uniformes, éclat des satins, fumées des cigares, odeurs d’alcools, éclats de rires, gémissements intimes, parfums du sérail mais aussi encens et néroli, ambre gris.
    Bas de soie répondant à des cravates sur des sofas écarlates pendant que les épouses
    veillent au coin du feu, interdites de ces jeux.

    Regards de braise, intensité du pouvoir sur le vouloir
    Nudité offerte à des hommes trop vêtus délaissant le devoir pour le plaisir
    Tolérance d’une société faite par des hommes pour des hommes
    Hypocrisie qui sépare la mère et la putain
    Offrande de la chair sous les dessous, éclairée par des lustres de vermeille,
    Jeu de la bougie sous le globe, de la flamme qui lèche les moindres recoins, serpente
    écarte les jambes, soupèse la lourdeur des seins, reconnaît chaleur et humidité, s’introduit.

    Statues de luxure au centre d’un théâtre romain
    Touché de la peau, caresse du feutre, geste du cuir, sur les corps nus, jambes déliées, corps en croix, mirage saphique, raffinement mondain. Cénacle damné, espace de liberté pour une société brillante d’artistes, d’écrivains, d’hommes du monde, de militaires.
    Cézanne a réglé d’une toile, Vincent a connu une nouvelle crise
    Gauguin vient de nous quitter pour les marquises, il va y mourir
    J’entends au fond de ma mémoire dans les ports d’Amsterdam
    Je te sais là-bas, Jacques
    Mais mourir, n’est pas de mise aux marquises…

    La main, le chapeau, le gant, parfois la ceinture
    Gestes impudiques, les escaliers se montent
    Les filles sont faciles, une ou deux, plusieurs quelle importance ?
    La vie est là sans plus d’apparence
    D’un contour d’estampes japonaises dans la masse des couleurs
    Dans le réalisme de l’image : la capture de la mentalité
    Les hommes aiment les filles faciles
    La vie est là
    Les filles montent
    Lautrec peint…

    Seule devant mon miroir
    Deux bougies allumées dans le soir,
    Je remonte ma jupe de velours
    Assise dans mon fauteuil j’écarte mes jambes
    Indiscrète, je m’assure que tu es là en face de moi de l’autre côté de la glace
    Je ne porte rien que mes bas et ce porte jarretelles en dentelle rouge
    Comme une prostituée, docile, je veux lire ton désir
    Je glisse mes doigts au centre de cette fente humide
    Je me caresse et je m’ouvre un peu plus encore
    J’imagine ton envie, ton sexe qui se gonfle et l’instant où tu entres en moi
    Mon bas ventre frémit et je gémis sous la vague qui joue avec mes doigts
    La chaleur m’envahit, mon majeur se fait plus précis
    Je m’étale et je ressers mes cuisses, j’ondule mon bassin, je me fais chatte
    Je me cambre, mes muscles s’allongent, j’entrevois ma fourrure
    Comme les lobes d’un abricot, je sépare mes fesses
    Je t’offre un passage

    Mes mains enserrent mes seins et ma langue s’offre une sucrerie
    Je suce, je lèche, je salive du goût de ta peau
    Je me relâche, je m’abandonne à mon désir
    Experte, je mouille mon doigt et j’affirme mon besoin
    Maintenant c’est tout mon corps qui t’appelle,
    Je me suis laissé tombé, avachir
    Je me suis laissée aller comme un pantin désarticulé en attente de son maître
    Il n’y a plus que ce doigt qui s’agite en moi
    Avance-toi, prends-moi
    Je n’ai besoin que de ça
    Viens me salir
    Viens fouiller mon corps, viens affranchir les secrets de mon âme
    Savoir l’espace d’un moment si je suis femme si je suis chienne
    Savoir laquelle je préfère
    Savoir où je te réclame
    Si j’accorde m a cadence à la tienne, si je reprends vie,
    Si je deviens autre quand tu me possèdes
    Fais que je t’appartienne même si ce n’est qu’un trop court instant
    Fais que je sois tienne, que nous ne soyons plus qu’animaux
    Que tu sois le roi et moi la femelle !


    Pour ton plaisir devient mon client,
    Par mon désir je me suis choisi catin
    Putain privée
    D’une maison dont je t’ai donné les clefs de toutes les chambres
    Et dans ce clos ne règne que tes inclinaisons.
    Et derrière ces murs tout veille à ton assouvissement.
    Henri de Toulouse Lautrec disparût
    Il y a tout juste cent ans
    Il naquit une même année un autre siècle
    vécut mon âge
    N’alla jamais plus loin que 1901
    Lautrec
    Peignait ces maisons là
    Peignait ces filles de joies….
    Célébrait ces plaisirs
    D’un jet de fusain
    Signait nos envies
    De taches de couleurs
    Signait la vie
    Rapportait nos réalités…

    Je t’aime.


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Saturday, December 17, 2005

Un couple parfait

Il est là chez lui, Son appartement, il l'aime, il a presque finit de le rembourser, encore deux ans et c'est la fin du crédit.

Dehors, il fait déjà nuit. Il n'a pas vu la journée passer, pas plus que ces dernières années. Il se recoiffe dans la salle de bain, et la lumière reflète dans le miroir, quelques fils d'argents de plus dans ses cheveux.

Elle, sa femme, elle l'attend dans le salon bavardant gentiment avec des amis. Sur les murs et dans tout l'appartement court leurs photos de couple, des dizaines de souvenirs d'un couple heureux, des dizaines de lieux, d'espace temps figés, des photos de bonheur d'un couple parfait.

Les amis ce soir, chez eux, ont trouvé l'appartement délicieux, tellement soigné et ce couple tellement gentil. Elle le regarde avec amour, il l'a regarde avec une tendresse infinie. Il a sorti les bouteilles pour l'apéritif, elle s'est précipité pour apporter verres et biscuits, pistaches et cacahouettes. C'est l'image du bonheur parfait, un exemple pour ce couple d'amis plus jeune d'une dizaine d'année, c'est la preuve d'un mariage réussit qui dure et perdure depuis une vingtaine d'années, des gens heureux.

Sur la porte d'entrée, elle a affiché depuis longtemps , le faire part de leur dernier anniversaire de mariage, le nombre d'année de réussite. Toute sa vie, tout son bonheur, est dans ses lignes : 15 ans de mariage.

Les amis, s'en souviennent, ils étaient là, il y a deux ans déjà pour fêter ça. Ce champagne et ces gâteaux, tous ces rires, ils se disaient des "je t'aime", elle disait " nous deux, c'est pour la vie" Ce n'était que du bonheur.

Les amis ce soir dormiront dans la chambre d'amis, et lui, il les envira. Elle ne saura pas qu'il les envira, parce qu'elle ne connait pas ses souvenirs à lui qui ne s'affichent pas sur les murs, ces photos qu'il garde au bureau, ces années qu'il cache.

Quand ils seront tous couchés, aprés le dîner, lui avec elle dans leur chambre, les amis dans la chambre d'amis. Quand l'heure des rêves sonnera, dans ses songes il la rejoindra cette autre femme, cette autre vie dans la chambre d'amis où il l'aime en cachette quand sa femme n'est pas là, cette femme qui lui chavire le corps que sa femme n'émeut plus : sa double vie.

Nice

La Piscine,

C’est de nouveau l’été, elle nage sur le toit, au milieu des immeubles, au septième étage et sa brasse ressemble au décollage d’un Boeing entre ciel et mer. Le soleil se couche, l’eau est tiède, la piscine n’est rien qu’à elle. Une serviette blanche sur un transat attend qu’elle sorte de l’eau. Sur la cheminée de la maison voisine, un goéland contemple le spectacle de la ville à ses pieds et de cet azur immense qui rejoint la mer à l’horizon, au-delà de l’aéroport posé sur la Méditerranée. La piscine est le miroir du ciel où se mirent des cumulus blancs, la lumière s’enfuit fossile dans une couleur ambre avec le jour qui poursuit sa course sur la Terre, pour d’autres lieux, d’autres humains.

Rym est libre, elle entend du sommet de son paquebot immobile sur l’océan de la ville les cris des mouettes qui se posent ensuite à trois pour boire l’eau de la piscine avant de rejoindre de nouveau l’azur. Puis c’est le cri roque du goéland qui prend la suite et le majestueux oiseau se pose à son tour pour s’abreuver au même endroit que les mouettes, solitaire et sûr de lui, avant de s’envoler à son tour vers les coupoles roses du Negresco.

Elle flotte dans l’eau tiède, heureuse et satisfaite de sa vie, de son amour. Elle resplendit d’être en phase avec elle-même, totalement en harmonie avec sa peau, c’est ce qui la rend attirante, incroyable : projeter l’image de son être intérieur. Elle l’attend au bord de la piscine, la serviette blanche autour des reins. Le serveur lui amène le jus de pamplemousse qu’elle a commandé. Le barman lui sourit, il la trouve belle, et c’est vrai qu’une femme amoureuse est irrésistible. L’amour rend chaque femme plus belle.

Il ne regrette pas de lui avoir permis de se baigner malgré l’heure tardive qui interdit l’accès à la piscine. Elle attend sagement et rafraîchie par son bain de la forte chaleur, griffonnant sur un bout de papier un croquis de la baie. Une brise marine sèche ses cheveux, sa robe et son string patientent sur un fauteuil voisin, pieds nus, ses escarpins de lianes de cuir beige et or posés à côté d’elle, prêts pour le moment où elle voudra se changer pour ce dîner auquel il l’a invitée.
Il est toujours en retard, elle aussi mais lui la rattrape dans ce défaut-là. Puis le voilà qui arrive enfin comme s’il avait parcouru le monde pour la rejoindre. Il n’y a rien à faire, il n’y a rien à dire, quelque part cela fait partie de son charme, cet air innocent même quand elle l’a attendu pratiquement une heure, mais là elle ne s’en plaint pas, le personnel s’est avéré charmant avec elle.


Elle note qu’elle trouve un des serveurs tout bonnement mignon et délicat, ça l’amuse de penser qu’elle le trouble. Elle ne le fait jamais sciemment, elle est elle-même, c’est tout. Elle agit comme l’air du temps, sans imaginer d’interprétation en dehors de la sienne qui file aussi vite que le vent. Par contre elle s’amuse quelque fois à chavirer un peu plus Paul, des fois qu’il s’habitue à l’absence de surprise, ce qu’elle ne désire absolument pas. Alors elle chatouille sa virilité dès qu’une idée germe dans sa féminité.

Elle se souvient dans un grand sourire qui illumine sa pensée quand l’an dernier, dans la mer, à l’insu de ces couples sur la plage, elle a ôté son bikini, l’invitant d’un geste du regard, de ce maillot entre les mains à jouer à la vraie île de la tentation comme une Bardot dans Et Dieu créa la Femme. Ils ont fait l’amour dans la mer ce jour-là, jour magique, mélangeant la femme et la Méditerranée dans leurs sources salées à la vue des rares baigneurs en cet endroit isolé et sauvage. Depuis chaque fois qu’elle retrouve l’élément liquide son corps se souvient de son corps dans le sien.

Mais ce soir elle s’invente un autre scénario, tandis qu’elle se change derrière les douches, repasse sa robe et son string, remet ses escarpins. Elle se dirige vers lui, déjà attablé au restaurant au bord de la piscine, sa robe ouverte jusqu’à la naissance des fesses, alors ses yeux dans son regard d’homme, provocante comme elle sait l’être, elle demande à l’un des serveurs qui l’observe de lui remonter la fermeture-éclair. Sous l’œil troublé de ses collègues, il s’exécute parcourant de la caresse de son regard son dos de femme. Paul ne bronche pas mais elle lit sur son visage et dans le bleu de ses yeux un mélange de désapprobation, de jalousie et d’excitation qui la rend encore plus jolie dans l’évocation de ces désirs autour d’elle.

Paul est inquiet, elle est ravie.

Plus tard dans la nuit il lui fait l’amour comme plusieurs, comme s’il était chacun de ceux qui l’ont désirée ce soir-là, à chaque fois il se retire plusieurs fois pour mieux la prendre, pour mieux s’imposer comme le sexe ultime, changeant et pourtant toujours aussi prenant dans sa chair de femme.

Ni lui ni un autre, mais un éventail de désirs enchevêtrés qui la font renaître encore nouvelle et différente à son envie de mâle et l’aller-retour de leurs besoins engendre un plaisir puissant, terrifiant, animal, où l’homme et la femme se dévorent du besoin sauvage qu’ils ont l’un de l’autre, dans ce fantasme échangiste qu’il partage avec la majorité des hommes mais qu’il ne se résout pas à mener à son terme, puisqu’il ne veut toujours pas laisser à personne d’autre le droit de la pénétrer.

Elle lui appartient, elle jouit de lui, malgré l’excitation de cette pensée, il ne peut supporter un sexe étranger dans l’abîme de son corps, dans ce territoire qui lui appartient comme d’autres s’emparent d’un océan. Cette idée lui fait mal dans une position virile que ne partage pas Rym, elle qui s’est fait un grand plaisir de lui offrir la jeune Anglaise mais qui, quelque part, lui suggère que les pulsions ne sont plus la seule chose qui l’anime. Un début, un commencement, l’envie de cacher, de soustraire son bonheur, de disparaître avec elle sur une île à l’abri des regards.
Paul est amoureux, il a découvert dans l’assemblage de la femme et de l’artiste un état de vivre qu’il n’aurait même pas soupçonné, une manière de se donner l’un à l’autre qu’on ne peut imaginer avant de l’avoir vécue, une nourriture essentielle qui joint l’âme à la chair où la quatrième dimension n’est pas un obstacle mais un atout.


Alors le fantasme et le jeu ajoutent à l’harmonie des corps qui se lient et le voyage a la grâce d’un avion qui s’élève sur une lointaine destination dont les escales sont les phases de douceur et de repos nécessaires pour mieux se reprendre dans ce vol au bout de la nuit lorsque les corps n’écoutent plus que leurs langages, faisant fi de la fatigue dans une tyrannie de l’envie de l’autre. Peu de repos, mais une escalade conjointe de ce besoin de pénétration charriée par les veines comme un torrent, à même la peau comme autant de vallées.

L’eau de source du bain mêlée aux huiles essentielles l’accueille dans un parfum de bergamote et de lavande où chaque pore se mire et respire un repos, une douceur, une plénitude, une accalmie que le massage de ses mains de femme poursuit sur le lit tandis qu’un bâton d’encens se consume lentement en notes de cade dans le calme de la pleine lune à la fenêtre.

Rym respire la peau de cet homme vulnérable et abandonné qui était si puissant à l’intérieur de son corps. Il ressemble à un chevalier après la bataille, nu, allongé sur le lit comme si sa cavalcade de plusieurs heures l’avait momentanément achevé, sans armure parce que sans défense sous ses yeux de femme.

http://www.elyseepalace.com/

  • Un trés bel endroit que cette piscine d'hôtel au dernier étage avec une vue magnifique sur la ville.
  • Un menu déjeuner sympatique le midi en plein soleil à la belle saison. Un bon début de soirée aussi.
  • Le cadre vaut vraiment le détour.

Coquelicots


Thursday, December 15, 2005

Liervol "Intro"














Monsieur,

Aucune raison pour que je vous écrive ici ces mots qui nous échappent parfois Aucune phrase ne pourrait traduire ce que je surprends parfois dans nos yeux, Trahir ce que vous et moi refusons de savoir. Que n’avez vous eu ce besoin de tout compliquer, de tout explorer, comme ce continent sauvage que d’autres autrefois se sont mis à voler…

Je ne peux que vous dire que j’aurais tant aimé nous quitter avant même que nous n’ayons existé. Que si j’avais su prévoir, j’aurais couru toutes les églises que Dieu aurait mis sur mon chemin pour que vous yeux ne croissent jamais les miens. Mais comme tout ce qui nous dépasse, il y a entre vous et moi quelque chose auquel il ne nous a pas été accordé le droit de déroger, seulement parfois le devoir de nous maudire.

Un sortilège, un charme, qu’une sorcière ou bien une fée d’un temps révolu s’est permis de jeter à travers les siècles à notre insu.Oui, Monsieur, nous avions nos vies, nos idées, nos envies, chacun notre devenir. Nous nous pensions adultes, nous nous sentions même blazés, nous nous imaginions indifférents, avoir tout vu, tout vécu et nous voilà rien de tout cela…

Je vous retrouve parfois comme un enfant en attente d’une histoire, alors j’ai en moi envie de vous faire rêver éveillé, de vous emmener chevaucher les licornes à la tombée du soir, rechercher les mythes qui ont survécu aux millénaires et reconstruire cette trêve qui suit les batailles.

J’ai besoin de vous ouvrir tous les horizons, vous êtes mon songe réveillé.
Je pourrais vous couvrir de cadeaux sans jamais rien demander, c’est tout ce que je sais, c’est tout ce que je sens, j’aimerai seulement vous emplir la mémoire de mots et d’images. Surtout ne m’en voulez jamais d’aimer par-dessus tout votre liberté et quel que soient parfois mes désirs, Excusez-moi de refuser de vous la voir me l’aliéner. Je ne veux être là que pour vous permettre d’ouvrir les yeux, qu’importe si je tombe de ce ciel où il me reste une petite place pourvue que de cette vie que vous avez reçu vous ne négligiez rien.

Vous êtes un homme et je n’ai qu’un souhait si la fée est encore là, celui de vous voir vivre pleinement Et jusqu’au bout de ce monde où nous sommes un jour tombés. Eh! oui, monsieur, il me suffira toujours de vous savoir heureux, je me contenterai de connaître que de votre existence, vous aurez tiré tous les profits sans être passé à côté, sans vous être joué à vous-même cette comédie qui nous permet de palier à nos besoins essentiels.

Sachez être et rester un homme heureux…