Liervol " Six Rêves Seven Dreams"

J'écris ce blog pour parler de ce que j'aime, pour en faire un lieu où acceuillir le Rêve. Ici, vous trouverez Poésie, Erotisme, Amour. Je parlerais de Lieux, d'Hôtels, de Restaurants, de Couleur de Cuisine et de Vins. J'ajouterais des anecdotes, ou des histoires peu connues à connaître. Je laisserais mon imagination entrainer la vôtre.

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Location: French Southern Territories

Monday, March 10, 2008

La Loge D'Alyx

La Loge D'Alyx Paris, Atmosphères vins et femmes, rien d’inconnu pour Pierre Werner. Il est un bel homme élégant dans la force de l’âge. Il habite Paris, dans le 7ème arrondissement, de son appartement au dernier étage la vue s'envole imprenable sur les Invalides. Il a de grandes mains fines, je ne sais pas pourquoi ses mains ont toujours frappé. Peut-être à cause de ce mélange de force et de douceur, attirant. Attirantes sans doute aussi ses petites confessions sensuelles, lorsqu’il raconte le vin rose et la nuit, le sucré d’une rencontre et le vin de paille. Ce liquide qui sent le blé en herbe, les dessous, la dentelle, une histoire de Claudine. La culbute dans les champs, par une belle soirée d’été, intimement dans le foin. J’écris et une légère idée soulève ma jupe comme une brise de juillet. Cette boisson est un plaisir de l’été à portée de l’hiver, dans l’écrin de sa demi-bouteille, suave comme les lèvres quand la gourmandise gagne et que l’on songe à ces chaudes journées dans le froid de janvier. Werner a des amis qui l’estiment pour sa fidélité. Il sait toujours être là, prévenant sans se montrer ni envahissant ni profiteur. Il sait que certains sont plus étranges que d’autres, ceux-là sont membres d’un club très privé… Paul Marcadal vient d’arriver à Paris, par la navette Air France de fin de soirée. Paul habite Nice, le vol est court. Quelques jours plus tôt il a reçu une lettre étrange, un parchemin écrit à la plume avec cachet de cire et qui l’invite à une soirée au sud de Paris. La missive est signée W, il a cru reconnaître son ami parisien qui possède une charmante propriété dans le Sud de la France. Il était écrit : Le 21 janvier, à 21h, tenue de soirée, nous vous attendons. Une voiture et un chauffeur se présenteront à l’hôtel Georges V. Je serai là. Votre chambre est retenue. Rendez vous dans le salon. Soyez confiant, cette invitation ne vous réserve que de l’agréable. W. Paul aime les femmes, je crois ne pas l’avoir encore écrit, il les aime beaucoup. Un peu trop, mais en définitive ce n’est pas encore assez. Il va découvrir qu’il le peut encore plus. Il s’agit de son histoire, de son entrée dans cet autre monde que j’ai connu bien avant lui, un jour sans doute j’expliquerais qui je suis. Paul, ce soir-là, ne tient plus en place, et sa femme a eu une grande difficulté à croire à la version officielle du rendez-vous d’affaires un vendredi soir dans la capitale. Elle sait les hommes volages, pourtant elle cherche toujours la petite phrase qui rassure du contraire, et ses mensonges possèdent le sceau de la vérité, inviolable. Elle pense le tenir en laisse, il peut se croire libre, il peut croire qu’elle n’en saura jamais rien, la voir naïve, quant au jeu du menteur, elle est la plus forte. Il reste dans les limites qu’elle lui octroie, point. En définitive, il lui appartient depuis plus de vingt ans. Pourtant aujourd’hui elle n’a aucune idée du danger. Et dans l’ombre le pacte se scelle entre un homme et rien d’autre que le plaisir et cet objet précieux qu’ils vénèrent tous entre leurs jambes. Dans l’auto ce soir, Paul apprend de son ami Werner l’existence d’une Loge vouée au plaisir. Il comprend qu’il vient d’y être admis, que le groupe auquel il savait appartenir depuis peu possède quelque chose de plus mystérieux encore que ce qu’il avait imaginé. Il s’agit ce soir de sa soirée d’initiation. Paul a toujours envié Werner dans la démarche qu’il a avec les femmes, attitude sereine d’un homme sûr de lui, victime d’aucune frustration. Il a eu un certain nombre d’aventures, pourtant il n’est toujours pas parvenu à la même aisance de discours que son ami, du moins le pense-t-il. Werner lui apparaît tellement plus naturel. Il rêve d’offenses bien plus grandes. Et tandis que les boulevards de la Capitale défilent par la fenêtre de la limousine, que l’écume des fontaines se pare d’un éclat de lune, son ami lui annonce qu’il le conduit à l’Abbaye de la Reine, maison de jeux et de femmes, maison close, survivante malgré l’interdiction de la société morale, maison de tolérance et de grand plaisir. L’envie se dessine dans le mystère de la situation, frémissante dans son interdit face à ces boudoirs de luxe qui fascinent par leurs imaginaires depuis la Grèce Antique jusqu’à nos jours. Il imagine des femmes, des putains mais plutôt des geishas, des catins, oui, mais de la race des plus grandes courtisanes, des jeunes filles, un petit mélange de tabac blond, tabac brun, des perverses, des innocentes, les regards effarouchés et les yeux troubles. Werner confirme, c’est un lieu où le plaisir atteint son paroxysme, où le masculin l’emporte vraiment sur le féminin et la féminité sur le féminisme. Ce 21 janvier à l’approche de minuit, Paul a les yeux bandés, son ami vient de lui passer l’écharpe de velours et de soie lui interdisant toute vision. L’exercice de la vue, il l’a eu avant, le temps de se remplir la mémoire de photos plus troublantes les unes que les autres. Dans le salon des livres érotiques et autrefois scandaleux ont nourri ses sens. La cérémonie a duré deux petites heures, dont une heure de calme dans cette bibliothèque si particulière entre un très vieux rhum et un Davidoff, moment de délassement complet avec la complicité de son parrain et du physionomiste. Mais tout d’abord l’auto a franchi la grille sous le regard permissif du gardien des lieux derrière sa lucarne jaune. C’est un lieu prés de Paris, dans une commune nommée La Chapelle la Reine, prés de Fontainebleau, une étrange demeure où Werner a conduit Paul. Une ancienne abbaye, au milieu d’un parc, avec de nombreuses dépendances et une longue allée d’arbres centenaires. Une lourde grille protège l’entrée, de hauts murs encerclent la propriété. Cet endroit semble calme, loin de la ville, silencieux, austère. Pourtant, si vous passez vos journées devant l’entrée, vous serez surpris des allées et venues. Des voitures vont et viennent, uniquement des véhicules de luxe, surtout quand vient l’après-midi. Les visiteurs arrivent après le déjeuner, à l’heure du café ou bien le soir après le dîner, au moment des liqueurs et des rafraîchissements. Ce ballet se prolonge toute la nuit. Le droit d’accès se perd dans le temps. Des grandes sociétés secrètes qui ont façonné l’Europe jusqu’à la Révolution française, la fraternité d’Alyx est la plus ancienne. L’abbaye est sa propriété depuis plusieurs siècles. L’origine de la Loge remonte à la dissolution de Byzance, au saccage de Constantinople par la croisade du christianisme d’Occident venu détruire son frère d’Orient. L’armée byzantine a transmis de nombreuses traditions militaires de l’ancien Empire romain au moyen-âge, c’est à cette époque que les chevaliers furent chargés de sauver du pillage la doctrine des mystères, les techniques de stratégie et ses reliques. Dans les coffres se chargeaient sur les navires or, bijoux, parchemins et filtres. De mystérieuses femmes embarquaient pour des destinations toutes aussi secrètes, vêtues de longues capes et de loups pour dissimuler leurs visages. Elles bénéficiaient de la protection de ces chevaliers, la fraternité d’Alyx entrait dans le secret. Beauté et savoir, vers un nouveau départ. La confrérie n’a pas seulement préoccupé les rois et les chevaliers, peu après 1789, Napoléon amoureux de Joséphine lui a octroyé ses découvertes faites en Égypte et ses secrets dont elle seule détient la connaissance. Madame Tallien figure sans doute dans la liste des courtisanes issues de l’ordre en bonne place avec Madame du Barry, la Marquise de Pompadour, Diane de Poitiers et tant d’autres. Talleyrand en fut certainement un personnage très influent, s’il faut aussi citer un homme aujourd’hui décédé pour ne pas enfreindre le secret. L’essentiel se concentre sur l’alchimie, l’alchimie au sens large où la transmutation des métaux n’est qu’un aspect. Le corps en est une autre variante, la plus importante. Aucun rite de plaisir n’échappe à l’univers oriental où la Loge est née. Les artistes et les philosophes furent très tôt les bienvenus. Elle favorisa les arts, la pensée et les mathématiques. Plus tard, des hommes politiques, des savants et des hommes de lettres ont suivi. L’ordre s’est penché sur l’avenir pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. La vie pour la Loge n’est pas soumise au temps, le temps n’est qu’un décor, l’être humain est un être triple, tantôt mâle, tantôt femelle dans chacune de ces incarnations au fil des âges, asexué dans l’espace. La recherche du plaisir et du pouvoir sont les bases de l’existence d’Alyx sur Terre. L’un se nourrit de l’autre et réciproquement. Le cercle est sans fin. L’insigne est un disque d’or avec un iris de lapis lazulite, un iris comme l’œil qui voit tout ou bien la fleur qui est avant tout un sexe. Faire partie de l’ordre n’est permis qu’à un petit nombre, une élite qui se forme par la relation qui se permet tout et se gave de la somme des plaisirs que la nature offre ici-bas. Werner appartient au cercle depuis plus de 25 ans. Il n’a raté aucune connaissance charnelle offerte par ses lieux. Il a décidé d’en faire profiter Paul qu’il a jugé digne de devenir membre. En quelque sorte Werner devient ainsi son parrain. Mêlant leurs plaisirs à leurs intérêts, les adeptes ont su concevoir, une chaîne diaboliquement fatale à travers le monde où la femme est mutée uniquement en objet de luxure. Tantôt victime, tantôt bourreau, jamais amoureuse. Un réseau prodigieux qui comprend notamment les plus magnifiques bordels qui soient : l’Abbaye de la Reine est la première de ses maisons et Paul a pu, au contact du registre des situations et des femmes, en être totalement convaincu. Il a du en choisir trois pour la cérémonie, parmi la richesse des pages, des appels sensuels, dans cet in-folio doré sur tranche, ce livre des beautés qui contient les portraits physiques et moraux de toutes les demoiselles de la maison. Paul a choisi un univers de débauche très coloré, il aime avant tout la fantaisie, désire la luxure. L’opposé de sa vie auprès de son épouse. Cette fois il pourra exprimer jusqu’au bout son désir sans redouter d’entendre parler d’amour. Ici tous ses caprices sexuels sont permis, sans exception, l’Abbaye de la Reine est un palais qui célèbre les vices avec accessoires et mises en scène. Le champagne y coule à flot. Il a donc inscrit le nom de trois filles de joie, Sophie, Elise et Véra. Elles sont les Dianes chargées de son intronisation, elles sont chargées de faire connaître de nouvelles sensations à son corps, elles recevront ses outrages avec le plus grand respect que l’endroit prête à ses clients. Werner en tant que parrain, s’est chargé d’offrir ces dames à son ami. Mais il est temps d’apercevoir, à juste titre, ces héritières du péché originel. Sophie a 30 ans, elle vit ici depuis cinq ans, elle a su satisfaire nombre de ces messieurs. Elle est blonde avec un pubis pratiquement imberbe, des doigts fins et experts qui savent tripoter, une petite langue pointue qui ne connaît pas de recoin où elle refuse de se loger. L’homme, elle aime. Elle est vêtue d’une guêpière racoleuse rouge vif d’où ses seins débordent, à peine cachés par un boa, de bas rouges et de hauts talons. Elle est si cambrée dans ses escarpins qu’un jour, le balancement de ses hanches dans le corridor de l’Abbaye a troublé deux hommes qui se rendaient au grand salon pour choisir sur pied et qui, n’y tenant plus, l’ont travaillée sur place contre un mur. Ses yeux humides et ses lèvres épaisses, le poids de ses mamelles, sa croupe relevée, son expérience du vice attirent, incitent à glisser la main entre ses cuisses. Une vraie gourmandise, pas très futée, elle n’a qu’une intelligence, celle du trouble et des froufrous. Son charme, c’est le brin d’argot qu’elle cultive, c’est la titi parisienne, celle de St-Denis, celle d’avant les réseaux de l’Est que ces messieurs viennent sauter, un objet aujourd’hui disparu de la ville, une pièce d’anthologie. La besogneuse, la gagneuse, celle qui sait encore appeler chéri et montrer ses trous sans aucune pudeur. En fait, Sophie a un talent, celui d’être prodigieusement ordinaire tout en étant jolie et c’est ce qui fait son succès. On peut croire les hommes riches et puissants incapables de fréquenter de tels endroits. Leur argent ne leur permet-il pas d’acheter autant de femmes qu’ils ne le désirent grâce à des cadeaux ou autres ? Oui, mais justement ces lieux en appellent à leur culture, à une époque révolue, uniquement au culte de la femme-objet, objet mais professionnelle, payée uniquement pour ses charmes, la femme qui se vend sans aucune excuse, qui s’offre à l’homme sans aucun paravent. Quel homme n’a jamais eu le fantasme du bordel même s’il peut s’offrir toutes les femmes de la terre ? Il n’y a qu’à voir l’attrait sur les occidentaux de l’Asie, le réseau de call-girls d’Hollywood pour en être conscient. Avant même le plaisir, s’offrir une dose de pouvoir ! Ces hôtels restent une succession d’images fascinantes, ainsi qu’une débauche de liberté typiquement masculine. Il s’y trouve de plus des petites merveilles d’ingéniosité dans la recherche de la jouissance. La femme y agit sur le corps, jamais sur le cœur, rien d’autre qu’une libéralisation des sens, qu’un enchaînement au plaisir. Elise, Elisa est toute jeune, tout juste 20 ans, un très léger accent, gardé de son pays d’origine, l’Autriche. Originaire du Tyrol, elle a de grands yeux bleu de Prusse, un charmant minois, fraîche comme un bouton de rose dans sa petite tenue champêtre, elle fait penser aux jeunes années de Marie-Antoinette quand cette dernière jouait à la fermière à Versailles, pour un peu l’ombre de Fersen hante ses désirs secrets. Elle possède de magnifiques boucles couleur châtain, de très jolies jambes vêtues de bas blancs, un jupon court en organdis sous un tablier noir et un caraco de velours vieux rose échancré qui laisse apercevoir les pommes de ses seins, des bottines roses terminent sa tenue. Les couleurs qui la composent la rendent totalement irrésistible, elle est à croquer comme un bonbon. Elle parait ingénue et totalement innocente du trouble qu’elle laisse, un peu comme la Justine de Sade. L’abbaye réunit l’impossible. Ainsi à travers les jeux et les situations, elle a su résister aux années. Elle a accumulé et acquis des gestes et des mises en scène qui ne se retrouvent pas à un tel degré de sophistication ou de simplicité ailleurs. Elle a acheté aussi le mobilier et les trouvailles des autres maisons lors de leur fermeture par le gouvernement. L’hôtel est un must du fantasme, ses créatures en sont prodigieuses. Véra, la troisième, une brune aux yeux verts, des cheveux mi-longs, des yeux de chatte. Elle se présente en tailleur vert, avec un chemisier en soie transparent qui laisse entrevoir ses seins en obus, elle ressemble à Ava Gardner. Elle a l’allure bourgeoise d’une belle femme de 40 ans. Elle connaît tout un tas de sujets, de nombreux endroits dans le monde, elle a travaillé à une époque de sa vie à Wall Street, la finance l’amusait et ses longues jambes fuselées troublaient ses confrères qui n’osaient l’aborder. A ce moment là, elle faisait une pause et dans son lien avec la Loge rien ne lui interdit d’ailleurs de partir quand elle le désire. Elle a reçu une éducation très complète et en même temps durant ses années de jeunesse au sein de la maison, elle a poursuivi parallèlement des études universitaires pour lesquelles elle s’est montrée très brillante. Elle parle plusieurs langues. Indépendamment de son parcours en région parisienne, elle a aussi sillonné le monde, toujours en vol première classe pour le compte de la Loge. Son côté française classe et BCBG a fait des ravages notamment dans les pays du Golfe, pendant et après l’intervention militaire, elle y eut un emploi du temps très chargé, toute autant employée par les forces occidentales que par les émirats dans les tractations commerciales qui se déroulaient dans la discrétion des chambres où il n’était pas rare d’y voir une toute autre interprétation du Coran sous des matelas de dollars. C’est volontairement qu’elle a demandé à rester encore deux ans au service d’Alyx dans ses murs parisiens, avant de prendre la direction de l’établissement d’Istanbul pour les dix ans à venir. Elle a accumulé cinq années de liberté payées par la confrérie qu’elle n’a pas utilisées encore tant elle aime ce métier, savoir faire fondre les hommes. Plus souvent call-girl que cloîtrée, l’abbaye l’amuse et elle y excelle surtout sur le trouble profond qu’elle laisse aux nouveaux arrivants, qui ne savent pas tout d’abord assimiler qu’une femme en apparence si parfaite, soit aussi chienne au lit, belle de jour, belle de nuit. Coiffée ou les cheveux en bataille, toujours sublime, Véra calcule, anticipe la caresse piano, allegro, crescendo juste la dose qu’il faut. Elle possède une véritable science du péché en elle. Véra est un grand cru… à la sexualité autant redoutable que son intelligence. Yeux bandés, comme un confident dans les cellules, Werner balade Paul. Ses mains parcourent des corps nus, puis après encore une heure de silence, de solitude à rêver de ce qui lui a été permis d’entrevoir, il se retrouve seul dans un salon de velours avec les trois créatures qui le déshabillent et lui massent le corps tout entier avec leurs mains, leurs bouches, leurs seins et même leurs fesses, allongé tantôt sur le dos, tantôt sur le ventre sur un grand sofa. Il n’est rien qu’une proie sous leurs ongles peints, sous la douceur de leurs peaux, sous le parfum de leurs chevelures, sous l’huile aphrodisiaque qui coule de leurs doigts. Un homme nu, convié à un étrange baptême, où les apôtres sont des hétaïres. Les Messes s’enchaînent… Les chants grégoriens ne sont plus en latin mais en soupirs. Il se souvient. Les photos ont su le troubler juste ce qu’il fallait. Sa salive avait déjà une saveur de femme et Paul a bien senti l’érection en attente dans ses veines. Il rêve, il revoit les poses et les créatures, toutes ces icônes, vierges de toutes vertus. De la fille du bois à la cadre supérieure. Subjective, tellement incendiaire cette frimousse de vingt printemps ! Hélas, il ne peut que supposer les voir, ce n’est pas permis au débutant qu’il est. Il ne lui reste qu’à imaginer laquelle de ces Messalines le transforme de ses griffes en victime consentante. Quelle est donc cette main qui le caresse si bien ? Elles sont ambassadrices, elles annoncent les plaisirs, elles préfigurent le menu en ces lieux. Héroïnes de luxure, déjà les gorgées s’échangent de bouche en bouche, l’humidité n’est jamais la même, chaude, douce ou plus tiède, plus gourmande. Un seul qualificatif commun, avide. Il ne devient plus rien que leur caprice. Laquelle est la blonde ? Ce frémissement de lèvres ? Est-ce les seins d’Elisa ? Ces pommes suaves. La bouche de la brune ? Cette caverne de soie. Son corps se dresse tendu comme un arc, ému comme une flèche. Alors, il naît un moment entre tous ces frissons et la ruine de son imagination dans l’incendie de ses sens. Un instant où il n’existe plus que pour se laisser aller, peu importe laquelle l’accueille, ce sont les trois en même temps qui l’avalent, qui le reçoivent dans cette première et intense giclée au fond d’une gorge gigogne. Un bel ensemble de poupées russes lascives et maculées, semence qui s’écoule, déposition de l’objet. Rédemption, quelques minutes se fracassent sur le velours, une coupe désaltère sa soif, quelques bulles très fraîches qu’elles partagent avec lui. Paul aime le champagne, la saveur de ce vin de Reims. Puis à nouveau, le désir de ces femmes s’impose. Pesant et lourd, trop lourd, intenable, il redresse sa vanité. La passion des sens pour ces marchandes du temple, ces visiteuses du soir. Cette lenteur sauvage, cette moiteur, ce siège sans bataille, quand le bélier s’enfonce entre les jambes, pour des forteresses qui se plaisent à se rendre, à soupirer des « encore ». Là, dans l’obscurité, le besoin comme une ivresse a gâté son corps à jamais d’un souffle d’obscénité, atteint par l’opium de ces corps pas même entrevus, juste touchés, flairés. Un rien lui fait sentir le manque, l’envie du vice. Savoir, voir sans les voir ces femmes maîtresses de la tension, qui dans chacun de leurs gestes connaissent sa vulnérabilité, la provoquent de plus belle de leurs bouches. Dans sa nuit il craint leurs yeux qui dévorent le désir en face, son désir. Sauvage face à face, esprit et chair, divin mélange. Ce sont des chasseresses, elles savent faire renaître le mâle et chevaucher l’envie pour traquer dans les moindres recoins la jouissance, fouettant de toute la force de leurs cuisses ses flancs, lascives et actives, s’abreuvant directement à la source de leurs forêts d’amazones, l’une appelant l’autre. L’ondulation de leurs bassins de multiples fois, dans le non-silence de leurs soupirs, enchaîne à chaque mouvement un peu plus son âme à son pénis. Du ventre de la Française, aux sommets de l’Etrangère, besoin de neige, de gouffres, de vallées. La pensée a changé de siège, elle ne se reconnaît plus, elle n’existe que dans le flot de semence encore retenu. Nulle autre idée, nul autre besoin que de partir, pas d’autre verbe à conjuguer. Partir, jaillir encore au rythme des hanches qui agitent le membre, qui fouettent le sang, terrible chevauchée, orgie liquide du ventre de ces femmes. Jouir sans savoir où l’on va, mais cracher des jets d’éternité contre le fini de cette vie, flûte enchantée par de perverses fées. Un conte, un récit plein de vices, un final qui appelle le rappel. Un acte chargé en délices. Une unité d’action qui se nomme plaisir. Encore et encore l’initiation jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que les femmes se retirent, satisfaites de leur conquête, heureuses de lui ouvrir les portes d’un paradis, d’un Eden mouillé. La vie vient et retourne à la mer, liquide, matrice d’un calme plat, paisible et redoutable. Sous la surveillance de Werner, Paul devient ce libertin à qui il rend la liberté de la vue, pour qu’il jouisse aussi du tableau saphique de ces femmes au repos dans le salon violet au mobilier rouge et or. Habits qu’elles réajustent sur la chair nue, disponibles car maintenant quelques cernes invitent à creuser davantage. Werner se décide alors à profiter à son tour de la situation. Il glisse du fauteuil au canapé où il échange un baiser avec Sophie le plus naturellement, elle lui prend la main qu’elle glisse directement de ses seins à la moiteur chaude entre ses jambes. Le baiser est totalement impudique, l’entrejambe collant et humide. Paul admire la scène, dans tout homme un voyeur se lève. Elisa, toute timide et rougissante de subir son regard, défait la braguette de Werner, comme une enfant surprise dans le buffet à la recherche d’une sucrerie. Sa bouche malicieuse s’égare à sucer son index, pour mieux attraper la fermeture éclair avec son doigt, un peu de salive en guise de colle. Elle en profite pour enduire aussi ses lèvres au passage, pour les rendre plus douces et plus brillantes. Bouche humide qu’elle mordille avec ses dents pour lui donner une jolie couleur rouge. Elle a glissé quelques doigts, puis la paume de la main dans le passage. Une entrée qui est devenue étroite captive sa gracieuse main du sexe en érection qui occupe toute la place, prison accentuée par la main de l’homme qui vient de se refermer sur la sienne et qui l’entraîne plus profond, vers l’inconnu. Encore une fois elle se sent toute émue de toucher la peau lisse et douce de la verge, d’éponger avec le majeur cette goutte de désir qui perle du gland, de sentir et de jouer avec les testicules. Elle jette ses grands yeux dans le regard de l’homme comme une question, sa main est devenue agile, elle veut connaître sa réaction et comme ce qu’elle voit la satisfait, elle ondule comme une gamine de sa hauteur et glisse du sofa au sol. Maintenant sa bouche est collée sur le pantalon. Elle lèche d’abord son avant-bras, son poing, puis sa main comme un petit animal pris au piège puisque l’homme n’a pas relâché son étreinte, implorante, les yeux mouillés. Puis enfin, sa main à lui rejoint la sienne, il a glissé le pantalon et le slip à terre et dans ce dernier mouvement il retourne la verge à portée de ses lèvres, de son autre main libre il s’amuse avec ses cheveux. Il caresse la soie de ses boucles tandis qu’elle l’avale mi-vice, mi-soumission, mais toujours avec cet air innocent. Elle s’applique doucement, tendrement, candide. Le creux de ses joues est un cocon de soie. Elle pompe par petites pressions, elle aspire divinement. Douée, elle sait varier les douces agaceries sur la verge qui agréablement surprise se raidit de plus belle. La jeune femme n’oublie pas de chatouiller du bout du nez les bourses qu’elle enroule ensuite d’un coup de langue au ralenti qui décrit des huit, avant de s’engouffrer à nouveau la queue jusqu’à la garde, toutes lèvres trempées. Sophie n’est pas restée inactive, elle touche son amie. Paul aime cette image. Elle agite ses seins, passe sa main entre ses fesses, remonte plus haut sur le sofa, s’allonge à même le sol, glisse sa langue le long de ses pieds, s’amuse avec ses doigts, visite le corps de la très jeune femme toute employée qu’elle est à sucer la grosse queue. L’homme s’est fait plus dur encore dans la petite gorge, il dilate toute la jolie bouche qu’il occupe tout entière. Elle émet de petits cris, émoustillée qu’elle est par la douce langue qui lui parcourt le sexe et le cul, de petits sons que la bite dans sa bouche étouffe et qu’elle tête encore plus goulûment à chaque fois que son plaisir augmente. Sophie échange des baisers avec Werner, elle le nourrit de la saveur de son amie. Elle fait des aller-retours entre la bouche de l’homme et le sexe de la jeune femme, recueillant à chaque fois un peu de cette mouille avec laquelle elle l’appâte toujours plus à chaque fois, tandis que ses gros seins dansent devant son torse sous les plumes du boa. Vera, assise dans le fauteuil voisin, s’est levée, elle embrasse Paul, jalousement. Elle s’est emparée d’une chaise et un escarpin sur l’assise, elle fait un demi-écart de ses jambes à la hauteur de sa bouche et de ses yeux, jupe relevée sur les hanches. Paul plonge sa langue à la recherche d’odeurs, de gouttes de liqueur, malgré l’heure tardive et ses luttes antérieures, il ressent encore de l’envie à la vue de son ami et de cette femme très belle, cette fois il a la chance de pouvoir la voir, d’ailleurs à y bien réfléchir, il irait bien les revoir toutes les trois. Il a envie de partager sa gaîté, son entrain avec Werner, de faire des folies, il se sent capable de les faire hurler ces professionnelles, ce soir, il va jouer femme, femme. Il se paie un samedi, un vrai comme dans la chanson. Ses bras encerclent les fesses de Véra dont, après un court moment, il fait totalement glisser la jupe sans aucun arrêt sauf pour enfouir quelques secondes son nez dans le tissu qui sent un parfum de chez Guerlain dont il a oublié le nom. La combinaison vert pâle est tombée à son tour à terre, découvrant ses seins nus, la soie sur le sol a eu un bruit mat. Elle est droite dans sa nudité, uniquement son serre-taille et ses bas. Elle est très belle. Seul le doigt qui s’immisce soudainement dans le lagon au milieu de l’atoll, dans cette forêt tropicale, la chavire vers l’avant, l’incline dans la recherche d’une sensibilité maximum à la main de l’homme. Son clitoris se tend et se relâche comme une voile fouettée par le vent, sous la langue de Paul qui souffle un plaisir intense à son bas-ventre, un jeu de flux et reflux, habilement. Elle aime l’attaque de cette falaise, ce ressac qui s’amuse de ses reins. Véra s’abandonne totalement, élément liquide. Elle gémit comme les cris des mouettes avant la tempête. Elle vole toutes voiles au vent, vole et relève Paul, de son sexe à ses lèvres. Comme une liane, elle s’enroule autour de sa bouche, puis de son cou, enfin de son corps et ses yeux plantés dans son regard, elle l’entraîne derrière le rideau de velours rouge qui sépare la pièce en deux. Sophie invite Werner à s’allonger sur le côté, elle lui caresse le dos, continue à l’embrasser, cherche comment faire pour qu’il puisse enfin goûter sa féminité, elle finit par poser un genou sur le sofa, l’autre jambe restant au sol. Là, juste au-dessus de son visage, elle monte et descend sous l’activité de sa langue. Elle s’excite. Elisa, toute entière à son rêve, poursuit le va et vient, yeux clos. Le trio s’active en succions diverses, alors Sophie nage jusqu’à la queue de l’homme qu’elle sollicite bouche ouverte face à face avec Elisa qui tout d’abord n’est pas prêteuse. Coquine, cette dernière la lui promène d’abord devant les yeux à distance suffisante pour qu’elle ne puisse pas s’en saisir, puis enfin elle laisse son amie goûter le membre. Ses yeux ravis, mêlés de curiosité et de vice ne se détachent pas de la vue de l’autre femme bouche pleine, lèvres épaisses montant et descendant sur le gland, recouvert de salive. Et moi, et moi semble dire son visage canaille, et les voilà toutes deux suçant tour à tour puis ensemble la verge, les bourses, disciplinées et dociles. Sophie a laissé le sexe dressé, la sucette de chair à sa consœur, d’une main elle caresse les testicules qui sont maintenant totalement rétractés, de sa langue elle lèche le périnée, puis l’anus, entreprend ensuite un index humide qu’elle glisse dans le conduit à la recherche de la glande en forme de châtaigne qu’elle cajole tandis qu’Elisa continue sa fellation de plus belle. Toutes les deux sont aux petits soins, objet de toutes les attentions, Werner ne va plus pouvoir bien longtemps se retenir, alors complaisantes elles abandonnent doucement leur jeu. Elles se retirent, afin de le faire revenir, rater le train. Dans un éclat de rire, elles l’entraînent à son tour derrière le rideau. Obscène, bouche, mains et seins, Véra joue les Andalouses à genoux devant le grand lit rond qui occupe une partie de la pièce. Paul, assis, n’a pas encore joui … par miracle ? Non, pas vraiment, en vraie pro, elle sait le maintenir au bord du gouffre avant le saut. Elle attend les autres, elle veut jouer. En plus du lit circulaire, cette pièce possède un étrange tourniquet. Deux cercles en quelque sorte, plaisir et pouvoir, pouvoir et plaisir. Le lit est plaisir, le tourniquet est pouvoir. Le lit permet d’allonger les corps fatigués dans la douceur d’un câlin, on peut câliner à plusieurs, il est immense. Le tourniquet permet d’attacher trois femmes en position quatre pattes sur des tablettes capitonnées à hauteur du sol, cette dernière est réglable. On place l’homme soit au centre, soit à l’extérieur. Il y a une commande électrique. Une impulsion et la roulette s’arrête au hasard sur l’une ou l’autre à laquelle on doit administrer la soumission. Les hommes qui l’utilisent jouent du pouvoir qu’ils ont sur les femmes. Elles y sont liées sans d’autre choix que de subir le fantasme, l’envie. Il faut nécessairement au moins deux hommes pour pratiquer ce jeu, l’un énonce l’enjeu et soit il fait tourner la roue pour lui, soit c’est l’autre qui la fait tourner. Véra est un peu plus tordue que la moyenne, elle aime ce jeu, être attachée, soumise, liée la ravit et elle en jouit deux fois plus. Elle a même fait exporter un modèle similaire de la roue des femmes dans un pseudo-casino sur un yacht au large des Emirats. Werner connaît la roue, la situation l’excite, ces femmes, ces culs à portée, comme des esclaves liées. Il sait qu’il peut tout leur faire. Il peut même s’il le désire mettre un bâillon sur leurs bouches de jolies garces. C’est avec un rien de brutalité qu’il quitte d’ailleurs les bras des deux femmes. Il se libère de l’étreinte et d’un geste sec leur impose de prendre place sur le manège, Véra, les yeux baissés y va d’elle-même dans une docilité étrange. Croupes relevées, elles sont maintenant en place, les yeux bandés à leur tour, dans l’obscurité. Véra ne porte rien hormis son serre-taille et ses bas, la vue plonge sur ses deux orifices, directe, crue, malgré l’éclairage discret des bougies. Paul a défait les pressions du body rouge de Sophie, elle non plus n’a plus rien désormais à cacher. Pour la petite Elisa, Werner a consulté Paul. A deux, ils ont choisi de lui laisser son string blanc. Une tape sur la fesse au hasard et la roue s’élance, pénétration, séance de lissage, à qui l’honneur ? Les chattes sont humides, les culs bien roses. Werner, a choisi l’enjeu pour son ami et c’est lui qui fait tourner le hasard. Paul se place à l’extérieur du manège et c’est le joli petit postérieur d’Elisa qui s’arrête devant lui comme un fruit mûr dont il ne reste déjà plus qu’un petit morceau d’écorce : ce string de soie blanche sur le velouté de la baie offerte, savoureuse à la bouche, juteuse et douce de la chair aux noyaux jumeaux, son centre riche en huiles précieuses. Paul a un instant d’hésitation aussi intense que son excitation. Il caresse de la main les contours de cette pêche offerte au milieu du verger. Adam a le serpent entre les cuisses, bien droit comme un naja, la Bible ne dit pas la vérité sur le trouble d’Eve. La belle histoire ne retient pas le droit au plaisir dans l’absence de procréation. Le péché est dans le choix de la valve au lieu de l’amande, du venin précieux gâché dans l’égoïsme de la jouissance sans descendance. Dieu interdit la connaissance du plaisir pour le plaisir, sur la terre qu’il a donnée à ses marionnettes, créatures ingrates trop à l’image du père qui lui préfère le diable, le pouvoir originel dans l’enfer des sens. Werner s’amuse de l’absence de réaction de Paul, de cette simple balade de la main, il semble confit, sec et droit, ligneux de la puissance du sang dans son sexe mais il n’ose pas aller plus loin que cette caresse, l’angélisme de la très jeune femme lui fait peur. Alors Werner, prend l’initiative, d’un jeu de doigts qui dessine la raie, il écarte le string de soie, dans le premier frémissement de la croupe offerte. Il joue avec ses doigts. Paul l’observe. Sa langue frétille dans le sillon, sa main chatouille l’entrejambe, le voici joueur de flûte sur la partition nommée Elisa. Les deux hommes écoutent les notes qui sortent du corps instrument, alors devant l’envolée de la gamme, de son auriculaire à son majeur dans toutes ses explorations alternées ou jumelées, il cherche pour prolonger le jeu parmi les objets à disposition, des instruments pour parfaire cette symphonie de femme captive s’abandonnant, lascive, pour sa plus grande satisfaction. Il introduit un pénis de latex, simule le sexe de l’homme dans le petit trou dont l’œillet s’élargit. Paul n’en peut plus, il s’approche pour lécher la femme en chaleur qui ondule sous leurs jeux, une petite note sel et poivre sur les papilles de sa langue et là enfin il s’introduit tout d’abord très doucement puis avidement dans le conduit étroit au grand désespoir de Dieu. Le tunnel de l’enfer, puis ces montagnes russes que forment les anneaux de l’anus l’agitent d’un plaisir intense serré et dur en son sexe qui grimpe et replonge dans les entrailles du globe, cette fête foraine où il ne manque qu’Esméralda devant leurs tours de Notre-Dame. Ils échangent la femme, se partagent l’orifice dont l’absence et la vue les tétanisent de plus belle, cette pomme d’amour qui se révèle ensorcelée tant sa puissance agit sur leurs membres dans le noir, dans la lumière des flammes de cette pratique satanique, dans l’orgie sémantique, de leurs jets qui fusent comme la lave des volcans de la Terre. Tout n’est plus que rouge et or dans la pièce, dans le calme du lit de velours violet, les deux hommes et les trois femmes libérées du tourniquet diabolique dorment enlacés dans un abandon total au silence d’après la bête.

Saturday, December 22, 2007

Monaco




Une ville, cinq heures du soir, décembre,
Le profil demeure ces tours éclairées, New York en miniature
Je sors du coiffeur, toujours le même.

Je me faufile dans la circulation.
Ici les tours sont toujours là et dans les livres des banques quelques noms
Qu’il est sain d’ignorer, ici on ne veut connaître que l’adresse de Cartier.
Ferrari, Rolls, Lotus, rien que du chic.
Je porte quelques bijoux de chez Dior.
La mer est froide, les yachts restent dans le port.
Un palace trône place du casino, sous les regards de quelques badauds,
En quête de richesse, et de gloire par procuration.
La véranda de la salle Empire a un air désuet loin des vieilles noblesses de la belle époque,
Cernée des constructions modernes, imitant l’ancien sans le charisme.
Américaine cette touche de Las Vegas et de Jeans, ces machines à sous, dénature la classe qui fut la sienne dans le fric.
L’époque des grandes fortunes qui se mouraient sur le tapis vert n’est plus qu’un souvenir.
Et de légende, il ne reste que la banalité des journaux à scandale, depuis un triste accident de la route, il y a bientôt vingt ans.
L’endroit a perdu son âme, ce jour là.
Il fait froid, il fait triste malgré la dépense de lumière, les milliers d’ampoules d’une veille de Noël.
Poudre d’or, poudre aux yeux,
L’argent gèle le cœur, ici pas le moindre talent d’humanité, pas un gramme de chaleur,
De grands crus, quelques très vieux cognacs sans vrais connaisseurs.
Une grande scène avec de mauvais acteurs.
Les boutiques de luxe affichent ces filles qu’on déshabille,
Maintenant que les mannequins ont remplacé les courtisanes.
Les renards chevauchent les visons chez les fourreurs.
Les talons prolongent les jambes, interminable grand écart, coupe offerte aux hommes,
Liqueur ouverte dans un élan de soie induite de ces femmes-objets poupées de vitrine.
Entre Chanel et Louis Vuiton, l’or, les diamants et le luxe appâtent les nuits,
Les corps s’achètent entre le pouvoir, l’argent, et les cadeaux illusoires.
Ce paradis fiscal, n’a de paradis que le nom, le plus souvent on ne sait qu’y faire
De ses jours et de ses nuits et le refuge devient l’artifice.
Le paraître au lieu et place du bonheur mais les coffres sont pleins.
Licencieux, ce monde s’affiche, les viveurs se projettent entre les casinos et les palaces,
Les extérieurs et les yachts quand vient la belle saison.
C’est l’heure de mon rendez-vous
J’arrive, je me gare, me voilà prête à être celle qu’il veut que je sois



Six heures du soir,
Il est seul dans un bar,
Un hôtel sur un quai, il est là
Un bâtiment moderne très clair d’une chaîne américaine, Sheraton, il me semble
Devant dans le noir, de blancs bateaux dorment dans le port.
Il est beau, dans son costume sombre
Qui est-il ?
Milieu des affaires, de la finance, des repas d’affaires qui sont autant d’excuses pour
S’offrir du bon temps.
Il aime l’argent, je le sens
L’argent pour le pouvoir qu’il procure,
Il désire plus que tout, posséder
Il se veut étrange et il l’est
Il a les yeux clairs, un coin de ciel d’été, mais son regard sait se faire glacier et les bleus
disparaîtrent derrière sa volonté.
J’aime son style, sa manière de se vêtir, quand il allie le sobre et l’élégance.
Indifférent au lieu, à l’endroit, il est là et ça se voit.
Il m’attend, mais ce soir il n’est pas seul.
Un autre homme l’a rejoint, parfois je perçois de lui comme un rire d’enfant mais son habit lui a depuis longtemps appris à dire non.
Il aime dominer, jouer, je le perçois, il a soif
A l’intérieur de ce bar d’hôtel de luxe, mélange d’acajou et de cuir, les bouteilles brillent sur les étagères vitrées, décadentes projetées de plus belle par les miroirs de la pièce, aguichantes.
Le bois exotique court sur les murs en deçà du velours, la lumière est tamisée.
L’ambiance est feutrée, chaude, fermée, plutôt anglaise, club privé.
Il a quitté le bureau, endossé une autre peau plus proche du loup au fond de lui.
Il prend sa revanche sur la journée, maintenant il dispose sa loi.
Ses cheveux noirs méchés de cheveux blancs ajoutent une dominante bleutée à
L’éclat de son regard.
Champagne, il s’évade.
Il est là à deux pas devant moi,
La douceur qui émane de sa personnalité le rend redoutable.
Il n’a pas encore flairé ma présence, reniflé le parfum qu’il aime que je porte.
Je suis droite dans le cuir, bottée comme un chat, les cheveux lissés, uniquement une perle fine à chaque oreille.
Lentement je m’approche, une jambe après l’autre, je me glisse de tapis en tapis au-dessus
Du traversin poli qui couvre le sol.
Je ne fume plus, il me l’a interdit comme il a choisi la couleur et la longueur de mes cheveux,
l’aspect de mon corps, ce qu’il aime que je porte.
Il regarde sa montre, j’ai surpris une grimace, il me croit en retard
L’autre homme prés de lui que je ne connais pas vient de me déshabiller de la tête aux pieds
Il m’a vu, il tente un sourire dont les dents soulignent tout autre chose.
Je suis restée debout dans le long manteau, verticale et nue hormis mes bottes, mes bijoux et mes bas.
Je me demande si cet inconnu a vu et je me dis que bien sûr il sait
Il le lui a dit, qu’il m’attendait ce soir, il lui a proposé de venir et de rester
J’entrevois ce pourquoi je suis là et la raison de son changement de jour à la dernière minute.
Enfin, il relève les yeux et m’aperçoit, il me fait signe de m’asseoir
Femme proie, passive, je m’étends où il me dit dans un lourd fauteuil de cuir fauve entre lui et l’autre
De sa main, il a jugé mes jambes trop proches, il les repousse un peu plus loin l’une de l’autre, stoppe son geste, reprend sa main et me juge un instant, et satisfait attends..
Je n’ai rien dit, il me veut poupée, je me comporte comme un bel objet de vitrine, plastique
Je suis là, il commande au serveur une autre flutte, porte les bulles à mes lèvres, me demande d’y tremper ma langue, de lécher le pourtour du verre, je m’exécute, je lape le liquide jusqu’à la dernière goutte, doucement, très lentement de ma langue rose sans le quitter du regard.
Je n’ai pas bougé à un seul moment mes jambes en dehors de la position qu’il leurs a accordée.
L’autre homme se délecte de mes cuisses entrouvertes, nous avons le bar pour nous seuls
Il l’a transformé en salon privé, loué pour le début de la soirée.
Le serveur a refermé les lourdes portes, il ne viendra qu’à son appel, s’il le désire.
La bouteille de Mumms, patiente dans le sceau à glace, inox et noir.
Calmement , il repose le verre et allonge sa main le long du nylon, s’y promène quelques minutes puis remonte entre mes chairs, l’autre dévore du regard, l’index humide qu’il ressort de mon entrejambe et dont il me maquille les lèvres et me donne à sucer la substance, lascive à la rencontre de son geste dans mon premier aveu de chatte dont les yeux verts brillent.
Puis plus rien, ce geste passé, il ne s’occupe plus de moi et reprends la conversation
Qu’il avait avant mon arrivée.
L’autre, l’écoute et lui répond, mais ses pensées s’emparent de mon intimité.
Je me demande quand il osera me toucher, poser ses mains masculines sur ma grâce féminine, je me sens fragile.
Maintenant il ouvre mon manteau et me découvre sans plus de ménagement un sein lourd, dont il malaxe le bout entre le pouce et l’index, un court instant, entre deux mots, deux à propos sur l’année qui vient qu’il adresse à l’autre, plus préoccupé de son geste que de ses paroles.
Il boit et me redonne à boire comme à son chat, l’écuelle de lait, malaxant ma peau fine de
Sa rudesse d’homme.
Je commence à mouiller et doucement je m’écoule, sur la peau tannée où je suis assise.
Le siège est froid au contact de mon sexe et de mes fesses, je n’ai pas bougé.
Je suis restée chair rose contre cuir havane, docile.
Je les regarde allumer des cigares
Je hume la fumée qui monte,
Ce goût sucré, ce parfum de caramel, qui se mélange à mon Chanel.
Il porte le cigare à ma bouche
Et l’autre me regarde imagine autre chose de plus gros, autre chose qui déforme,
Qui s’enfonce dans la douceur de ma bouche, qui va et qui vient entre mes lèvres, ma gorge et mes cheveux qui flottent entre ses jambes, mes mèches blondes qui courent sur son pantalon, alanguies.
Il me dévisage et se laisse aller plus profond dans le fauteuil, c’est lui qui écarte les jambes
Maintenant.
Je sens sa chaleur, je devine la raideur, le désir qui bat dans ce corps que je ne connais pas.
Il étale sa main le long de son bas ventre, il me dévisage et lui me tourne la tête un quart
Plus à droite dans ses deux mains, il me fait boire le regard de l’autre, avaler l’envie qui gonfle sous son pantalon.
J’ai chaud. Je m’ouvre.
Alors il plonge sa main dans ma toison et la transformation s’achève, je renais à rien d’autre qu’un ventre qui a faim, il le sait, il connaît l’état second où ses doigts qui me fouillent, projettent mon âme.
Il reporte le cigare à ma bouche et me repousse en arrière sur le dossier où je m’écroule lentement molle et soumise où son geste m’a abandonné.
D’un mot, il appelle l’autre à me goûter et me demande de redresser mon bassin, de bien étirer au maximum mes fesses entre l’accoudoir et le dossier.
L’autre s’approche, remonte sa main le long de l’écrin qui abrite la perle au goût salé que
Je porte entre les cuisses, fiévreuse, sa main m’impose la caresse d’un doigt qui n’en est pas un, qui se voudrait déjà verge, qui joue, s’immisce, devient plusieurs, pénètre ma douceur.
Puis c’est sa langue et ses cheveux qui plongent en moi subitement, sous le cuir dans le chaud, et je coule et j’ai honte, j’aime sa succion et il me fait tirer sur le cigare tandis que cet inconnu mange goulûment de cette poupée offerte, et ouverte, dégoulinante à souhait, espérant de celui à qui elle appartient le droit de la baiser, de la culbuter sur le dossier, de la fourrer sans lui décrocher une parole autre que son sexe qui se dresse, dur et droit, tendu du besoin de se répandre dans un ventre de femelle.
C’est bon et je me noie, il m’a guidé à son pénis à sucer et il alterne sa saveur d’homme avec celle du cigare, tandis qu’il me soutient la tête par les cheveux et joue avec mes seins qui débordent du manteau de cuir.
J’avale et je suis avalée, liqueur de chatte en attente du rut et je gémis des deux hommes qui s’activent de moi. Je souffre le délice de ces deux mâles qui tirent plaisir de mon corps de femme, qui rigolent, qui chahutent de ma bouche à mon entre-cuisse comme des gamins en train de faire une bêtise.
Il me regarde subversif et j’aime ça, totalement défaite par le plaisir,
J’aime sa satisfaction de propriétaire.
Je ne m’appartiens plus, sa volonté domine la mienne, putain volontaire, je me plie sous la langue de cet étranger qui me contraint à son rythme, je m’étale jusqu’à me déchirer si je le pouvais, pour encore plus subir cette sensation qui me parcourt l’échine, qui m’use, me cabre, me brûle, autant le bien que le mal au creux de mes reins, dans la plainte où
Je sers les dents et soudain, coup de tonnerre, éclair et raz de marée, avalanche.
Une vague s’élève du plus profond de moi, me submerge.
Des murs de neige gagnent la vallée,
Orgasme,
Je me raidis devant l’élan liquide
Qui s’empare de moi, tous mes muscles profonds subissent un typhon, connaissent
La mer et le vent, la tempête, les inondations, je ne gémis plus, je crie, hurle à la mort au fond
De moi, pour renaître de plus belle dans le calme, la douceur du coton, le nuage, plus qu’une musique qui bat lentement de mon cœur à mon entre-cuisse,
la décrue,
Les tensions s’apaisent en contactions lentes. Je suis infiniment bien.
Il l’a senti et voilà qu’il se laisse partir à son tour, il lâche les amarres
Et se distille au fond de ma gorge, le regard plus violent que tout à l’heure quand il m’offrait, là il est victorieux et j’avale chaque giclée, respectueuse.
L’autre n’a pas été autorisé à me pénétrer, pas cette fois, c’est le jeu !
Dans un milieu où tout devient trop facile, il faut savoir inventer de nouveaux frissons
Savoir décupler les envies, interdire quand c’est oui.
En accord avec les règles, il vient de ranger ses atouts masculins.
Il me regarde en se pourléchant les lèvres de sa langue, ravivant le goût de mon intimité,
Comme pour me laisser ce dernier message, toi, la prochaine fois je t’aurais.
Il ne demeure plus que l’alcool et les cigares, il m’a revêtue et demandé de m’en aller.
Il reprend nonchalamment sa conversation d’affaires.
Je me lève et je sors par la porte sans un mot, autre que les siens, sans un seul regard
Autre que son indifférence.
Je retourne chez moi laver la poupée et ranger ses beaux habits pour une autre fois,
Un autre de ses désirs.
Faut-il que je l’aime pour m’offrir à un autre pour mieux me donner à lui !
Dix heures du soir,
Quelques belles autos, se rendent au Casino
Quelques hommes trop riches, cherchent à tromper leur ennui.
Comment acheter le désir quand on possède tout, quand on peut s’offrir le tour du monde
Comme d’autre le RER chaque matin et qu’on crève d’envie de rien !
Comment résister à la drogue dernier continent de plaisir et de loisir ?
Trop d’argent tue le bonheur
Il fait froid, il fait paraître,
Authentiquement, il ne reste rien
Rien d’autre que des milliards à la place du cœur et l’argent coule dans un désir
Dissolu, pervers et débauché.
Et l’amour se terre au fond des bibliothèques
Et je t’aime à me perdre , à te suivre dans tes mœurs, évaporée, indécente…

Madrid


Madrid, Plaza Mayor, Je viens d’arriver lasse de t’attendre, par le premier vol. Le taxi m’a déposé dans le centre, Je parcours les rues ma petite valise au bras, seul mes rêves font figure de cartons. Je n’ai pas réservé l’hôtel, j’ai choisi le hasard. Dans mon bagage, je n’ai mis que des dessous, ceux que tu aimes, les froufrous, Ce côté poupoumpidou que je sais aussi mimer. Je cherche ce lieu où je vais t’aimer seule durant ce long week-end. Toi, tu es resté là-bas comme un gentil mari avec sa tendre épouse. Je n’ai rien d’une charmante épouse, moi j’ai déjà envie de toi, Moi, je coule mais heureusement les passants ne le voient pas J’ai pensé à ta bite durant tout le vol, je la voyais droite fière et large devant moi, Je surprenais ton regard tout aussi fier, tout autant plein de malice, pour un peu Tu t’amuserais à cacher que tu bandes rien que pour me faire chercher…à quatre pattes la surprise finale, ta verge bien épaisse, bien droite. Dans l’avion, j’ai heureusement pu glisser ma main discrètement sous ma jupe Je pensais si fort à toi que cinq minutes ont suffi. J’aime tes yeux, les yeux d’un enfant, joueur comme un jeune chien, un sourire, ton sourire Qui me fait craquer comme ta queue. Monsieur dit que Madame a un sale caractère, que Madame boude, mais Madame ne baise pas assez tout simplement. Madame aime trop que Monsieur la prenne par toutes ses disponibilités, employée Distinguée à l’usage exclusif de la verge de Monsieur. Elle n’a pas envie de trouver Un autre employeur, pas encore. Je suis en manque, J’ai la peau qui appelle le parfum de la tienne, j’aime que tu me remplisses, Je me sens vide. J’aime tes vices. Je suis venue en pèlerinage dans cette ville, rendre hommage à cette Colonne dont je voudrais user toute une nuit, toute une journée, tout un week-end Parcourir les rues, visiter les musées et revenir au plus beau, ton corps, Admirer, tous ces tableaux que lui imposent l’émotion et le désir quand Je porte ces dentelles de femme dans l’intimité d’une chambre. Que j’aime ce trouble dans tes yeux ! Ces portraits d’enchaînent ton visage ! Je suis venu visiter le musée du Prado, manger des tapas sans pouvoir Les alterner avec le goût de ton gland, sans pouvoir tremper mes lèvres dans La sangria, sans pouvoir refroidir ma langue au contact du glaçon pour mieux te surprendre Dans mon jeu avec le membre. Je suis venue jouer de l’éventail, pour éteindre la chaleur dans mes veines, Le feu dans mon corps, me rouler sur le grand lit et imaginer que tu es là.


Thursday, April 19, 2007

Rêve noir

Des draps de soie anthracite, comme des perles de Polynésie, au milieu du lagon le lit, puis une salle de bain, un cheval blanc, tableau de Gauguin, oreillers, traversin brillants, des lignes de mouvement dans ce tissu comme le trait de dessin sensuel d’une Bugatti, une Royale rescapée des années trente, un tableau de Lola Lemptricka au-dessus d’une coiffeuse dans le boudoir attenant.

Un lit mi-bois mi-métal posé sur ses pattes de griffon, des tentures de voile gris perle tombant d’un ciel plafond garni de nuages du blanc au sombre, un parterre de marbre couleur lave du volcan, le Stromboli isolé sur son île, un foulard de satin délaissé au sol, puis un calme étrange.

Des murs peints, des paysages, du trompe l’œil et des glaces, des ruines, des murs de château surchargés de feuillage, un âge ancien au-delà de l’Oural, une coupole centrale au-dessus du lit, au milieu des nuages, au départ de la nébuleuse des tentures.

Des miroirs, beaucoup de miroirs et des icônes, une vierge et des saints dans une chambre fantastique hors d’âge, où se mélangent l’or et le noir.
Aux quatre coins de la pièce des statues, des nus antiques.
Un balcon terrasse, les immenses fenêtres grandes ouvertes, au sommet de la tour de briques roses et de bois de cette villa fin dix neuvième, un pin géant pour plus proche voisin et à l’horizon rien d’autre que la mer, le bleu azur au levé du jour orange d’un soleil qui renaît…

Une villa splendide au beau milieu d’un parc immense, des essences rares, des glycines géants recouverts de fleurs qui embaument le jardin tout entier.

Un ficus géant et ses lianes, des arbres du Voyageurs et des fleurs, jasmin et roses par centaines. Une demeure de milliardaire, louée pour une nuit, une seule nuit mais à un prix dérisoire.
Une simple annonce dans le journal, cela ressemblait à une plaisanterie ou cela recelait une proposition indécente. C’était à peine croyable et jusqu’à inquiéter, il était précisé que seule une femme pouvait répondre. Contre toute attente il n’y avait qu’une seule condition à ce prix, peu importe qui vous accompagnait, vous n’aviez aucun compte à rendre au bailleur sauf s’engager à appliquer cette maxime de Cioran : « Je rêve d'un confesseur idéal, à qui tout dire, tout avouer, je rêve d'un saint blasé. »

Imaginez donc les dix-neuf pièces, le parc, même l’auto, tout ce que renfermaient les placards, la cuisine, la cave, tout était votre du moment que vous veniez le plus naturellement du monde y vivre un grand moment de désir dont l’apothéose serait la confession. Même le personnel était à votre disposition. Il va de soi que ce confesseur c’était l’annonceur. Etait-il Dieu ou Diable d’offrir ce lieu si facilement au commun des mortels ? Tentation ou délectation, ou les deux ?

Il offrait sa demeure comme d’autres offrent leur corps pour quelques billets, ce prince hongrois, trop riche trop puissant, trop blasé pour désormais opposer seul le vice à la vertu et en recueillir la jouissance… Toujours son esprit s’égare à l’Est, vers ces terres, cette culture où l’Occident se mélange à l’Orient.

Il lâche les lignes droites pour les courbes, les arabesques. Du classicisme, il n’a que faire. Il aime le chant de la Moldau et du Danube, il est né avec la nostalgie d’une autre époque lorsqu’il était impossible de voir le monde sur un écran mais simplement permis de l’imaginer.

Il aime rêver, laisser son esprit vagabonder, s’égarer aux confins de sa mémoire. Il aime le beau qui fait pleurer autant qu’il fait boire. Il sait pleurer uniquement pour l’art, la vie ne le touche plus.

Le noir, le blanc, les extrêmes, l’exubérance furent son terrain, le silence parfois son territoire, la mer toujours son avenir : il a toujours admiré sa solitude, elle lui ressemble. Les belles demeures chargées de passé nichées dans la verdure sont son perpétuel présent avec quelques appartements deux ou trois hôtels particuliers dans des capitales de par le monde.

Il connaît chaque pays ainsi il n’a plus vraiment de chez lui, d’ailleurs il est lui-même une création de l’exil, sa famille a fuit le communisme, il est resté en partance, à surveiller chaque heure du jour ou de la nuit les mouvements de ses capitaux autour du globe comme un orphelin affamé de l’essentiel, l’argent il l’a, il n’a jamais vraiment connu que ça.

Il n’a pas de réelle patrie, son pays il le vit en imaginaire des histoires racontées de sa grand-mère sur ses pairs. La femme ne sait pas plus qui il est et ce qui l’attire là-bas mais ce n’est pas lui. Lui, ce pourquoi il a longtemps vécu, c’est le baroque sulfureux et sensuel, cette luxure au milieu des icônes, il ne vivait que pour ça et les femmes qui se partageaient alors sa peau lui laissaient des heures durant la volupté de leurs péchés dans les battements de son pouls comme s’il y coulait un sang vice versa vice vertu.
Comme il aimait ça ! Séduire, faire succomber, il n’était jamais ingrat, il ne trouvait pas l’amour, il ne le trouva jamais, il avait su se contenter du plaisir, il n’aimait que la chasse, il tenait ça des ses ancêtres, l’éternel recommencement, son lit n’était qu’un passage.

Sa jouissance unique de ses partenaires se prolongeait par les ébats qu’il filmait à leur insu et qu’il gardait pour les revoir et les consommer à nouveau, seul, cette fois. Il ne se lassait jamais de revoir les regards de ses partenaires dans les premiers comme les derniers instants. Il était son meilleur spectateur, mais s’il pouvait retirer de l’émotion de l’image, il savait qu’il lui était impossible de ressentir à nouveau quelque chose avec la même femme. Quelque chose comme une malédiction, une errance collait à ses veines. Il était alors jeune, il était très beau, d’une élégance naturelle, il se laissa même tenter par son propre sexe, il épuisa toute forme de jouissance buvant la coupe jusqu’à la lie, exploitant tout fantasme sans jamais rien retenir, c’était folie de tout consommer à l’excès, il n’avait pourtant pas d’autre choix pour vivre cet instant animal, ce fabuleux instant où l’on s’oublie.

Il ne pensait pas qu’un jour, plus rien même le voyeurisme ne lui ferait plus aucun effet et que seul le vide serait alors sa compagne… Il s’était donc résolu à ouvrir les portes de son royaume de par le monde, ne pouvant plus connaître le plaisir, n’ayant jamais connu l’amour il voulait écouter, se servir de la musique des mots, de cette émotion, de cette timidité, espérant rencontrer la honte d’avoir pêché chez son hôte pour vibrer.

Il ne lui suffisait pas de savoir, il attendait un frisson de culpabilité qui de l’autre à son oreille lui empoigne les reins. Pour cela il offrait ces lieux qui furent ses propres temples conçus pour la luxure à des inconnues comme un vampire assoiffé non pas de sang, non pas des sens mais des émotions intimes de ses hôtes. Il espérait en silence par la richesse des lieux engendrer plus d’abandon, plus de décadence chez l’âme humaine dont il n’avait que le lointain souvenir.

Et c’était un paradis qu’elle découvrait sans savoir qu’elle s’avançait dans son enfer. Elle était vivante et il était éteint, un mort vivant à l’allure de légende comme sa Bugatti Royale qui dormait dans la cours. Il possédait toujours une très grande classe qui n’avait d’égale que son indifférence totale à toute émotion humaine.

Il était devenu son propre Golem, pourtant des femmes s’étaient damnées pour son amour, il se souvient de visages, des larmes qui coulaient de leurs grands yeux, il se souvient de leurs rires et des idées qu’ils partageaient, si seulement il avait pu aimer ! Mais il n’avait jamais fait que désirer la chair et des caresses de ces corps qui se livraient, il n’avait connu que l’attrait physique, aucune métaphysique de la matière et de l’âme rien pour effleurer son cœur, jamais la sympathie, jamais la beauté, jamais rien ne fut chez lui un déclic à l’amour, il ignorait tout de ce sentiment comme un amputé de cette région, mais il connaissait tous les travers du plaisir chaque recoin des corps.

Ainsi, il avait vécu d’orgasme en orgasme comme on rejoint l’héroïne et ses ailes blanches aux injections répétées, aux souffrances répétées évitées de justesse par une nouvelle connaissance, il avait vécu une dépendance à vie de nouvelles chairs à chavirer ses sens. Mais s’il n’avait eu la chance de connaître l’amour, il n’en était pas pour autant dépourvu de bonté, bien au contraire, il était d’une plénitude intérieure, comme une forme de sainteté de n’ignorer aucune forme de ce plaisir que si peu savent prendre ou distiller.

Il avait été un merveilleux amant toujours à l’écoute de sa partenaire faisant preuve d’imagination, d’initiative, d’attentions, devançant ses désirs qu’il vivait comme les siens. Il en retirait une grande considération pour lui-même, s’il ne donnait pas d’amour, il était tendre ou puissant dans ses gestes et le ballet qu’il formait avec les corps de ses amantes jouait avec du firmament ou des orages. Il avait longtemps conçu l’image parfaite d’une femme comme un marin rêve de l’océan, d’une femme mouvante, jamais une autre, jamais la même, de la femme du matin qui devient celle du soir et qui s’égare sur votre corps comme à la recherche de petits sentiers inconnus, qui revient à la terre comme la vague à la plage, qui étreint la chair comme la glaise, qui glisse se fait humide, chaude comme le soufre et d’un parfum vaporeux comme une roseraie aux milles variétés parfois sous des accents de cannelle, de vanille et de fruits, une femme comme une source qui ne se tarit jamais. Une femme toujours présente, dont on ne se lasse pas parce qu’elle reste un mystère en soi, une femme magique qui disparaît et réapparaît, sans frontière…

Il regardait dont toutes les inconnues auxquelles il louait ses demeures, ils les observaient dans les rapports qui semblaient les unir à leurs amants ou amantes, il cherchait chez les autres à appréhender ce qu’il n’avait pas pu lui trouver. Et de cette femme-là, ce matin au moment de reprendre possession de son domaine, il en était profondément troublé, ému, ce couple avait ébranlé son âme végétative. Il pensait une telle faim animale impossible d’une femme, trop indécente pour ce qu’il avait toujours cru de l’amour.

Il n’avait jamais pu concilier une telle envie de l’autre dans un tel culte, il sentait l’odeur de l’amour pour la première fois de sa vie. Il regardait la chambre, sa chambre et c’était un autre lieu qu’il découvrait dans les mouvements satins de la soie du lit. L’empreinte d’un immense chagrin au milieu de ce qui restait d’un feu de joie. Cette femme avait fait l’amour comme on va se donner la mort, pour la dernière fois et elle avait mis dans ce final tout son être Elle n’était plus elle, elle était feu, elle était braise, parcourant le corps de son amant comme une louve renifle et lèche ses petits. Elle ne cherchait pas un refuge, c’était son illusion à lui. Elle cherchait une évasion, fuir sa prison c’était son rêve à elle. De la tiédeur tranquille de leurs corps montait une pression qui ne circulait pas plus fort comme de coutume dans le corps de l’homme mais de son corps à elle. Ce n’était pas l’homme qui avait besoin de se vider de son essence dans la femme, mais la femme qui désirait liquéfier tout son être et se répandre ensuite hors de la chambre, jusqu’à couler de son étreinte à la mer. Elle se vidait dans chaque geste, du plus profond de son intimité pour voler cette fois hors de lui. C’était une union pour une désunion dans le plus fort orgasme qu’elle voulait connaître, qu’elle grattait comme une chienne, une jouissance qui la propulse hors de lui.

Tandis qu’il pensait qu’elle se donnait, elle s’évadait épuisant chaque particule de son corps à lui pour ne jamais plus y revenir ainsi tantôt elle était femelle et lui faisait offrande de sa peau tantôt elle était mâle et cherchait la possession dans l’intrusion qu’elle faisait subir à son corps. Peut-être cherchait-elle une dernière fois une fusion qu’elle savait impossible ? Etre lui ? Qu’il soit elle ? Qu’il l’aime assez pour permuter ne serais-ce qu’un instant et comprendre. Elle cherchait dans l’étreinte à lui transmettre toute la mémoire vécue de son être, toutes ces émotions qu’on croit partager et pour lesquelles on se leurre. C’était le testament d’une âme indissociable d’un corps.

Le papier et les princes se prêtent à écouter ou à écrire ce genre d’histoire. Il y a là dans le temps ou dans les lieux toute la matière que la vie nous refuse. Quoi de plus clair que le conte
ou la fable pour transcrire l'émotion, pour lui donner tout son relief, toute son ampleur !
C'est ajouter la scène pour jouer à l'infini sa propre tragédie. Les grandes tragédies ne sont que littéraires, les tragédies humaines ne sont que des actes bassement manqués sans rien à en dire sauf à avoir l’âme d’un poète. Le poète ne peut vivre comme un humain, il est tombé des étoiles et cherche toujours par tous les moyens à y revenir Le poète saisit l'émotion d'un simple lieu croisé au détour d'une promenade pour la coucher sur la feuille...

Monday, December 19, 2005

Londres V


Il était ravi et transi de désir pour la jeune femme mais aussi pour l'amante que j'étais qui s’imposait comme maîtresse de son plaisir, metteur en scène d’un vice qui lui parlait au plus profond de ses tripes, qui le scotchait comme un ensemble de crampes qu’il allait falloir combattre et vider, décharger de toute la violence qui le jettait dans cet état second qui lui donnait autant de plaisir que de souffrance dans la promesse d’une terrible jouissance.

Cet homme, Eva ne l’avait jamais vu et il allait la prendre, le moment était venu. Il s’approchait nu et tendu, débarassé de tous ces vêtements, effeuillé de ses propres mains à mesure que la chaleur avait monté dans ses veines.
Tandis que ses bras écartaient ses cuisses, elle se laissa faire malgré un mouvement de surprise et de terreur devant cet inconnu et son désir de mâle. Elle était étroite et sa verge très épaisse.

A l’instant même : un coup de rein, elle reçevait son premier coup de butoir dans un râle de plaisir où tout son corps se cabrait tandis que sa bouche buvait et mangeait mon sexe avec la même gourmandise qu’il avait lui de sa pénétration sans d'avantage de préliminaires.

Je les observais, regardant le corps de mon amant se mouvoir dans la jeune femme, un petit pincement au cœur que je chassais vite, je n’étais pas jalouse, j'étais moi, c’est ce qui comptait le plus. Je savais qu'il aimait être avec moi, je ne redoutais aucune concurrence, parce qu’il ne pouvait y avoir de compétition dans la différence.
Alors, je le regardais de tout mon amour et je lisais dans dans la torpeur de ses yeux un immense contentement pour mon cadeau. J'avais reçu de cette vision, l'intensité érotique en pleine figure comme la découverte de l'Atome, et n'y tenant plus je me désintégrais dans la fission des sensations de mon corps et de la vision de son sexe qui pénétrait avec application et délectation le sien. C'était comme l'explosion d'une Supernova dans ma tête, l'onde de la mort du Krakatoa parcourrant la terre et donnant la vie, agitant mon corps...

Comme je le trouvais beau, comme je ne me lassais pas de son visage, comme j'étais attiré par son corps ... Il était pour moi l'Homme dans toute son essence...comme je l'avais toujours rêvé sans savoir l'identifier avant de le rencontrer.

Je m'étais écroulée avec un sourire béat sur le lit, mon corps en croix, descendu de sa croix, libéré par la jouissance. Etrangeté de la volupté qui nous saisit. Nul schéma précis, pas d'origine vraiment identifiée, tantôt un simple départ physique comme on allumerait une mèche, tantôt une trangression mentale, une surprise de taille dans les ébats, comme une transposition par trop sensuelle et indécente sur écran géant, tantôt les deux quand le mental verse du sodium sur la mèche qui brûle déjà.

La douceur de sa petite langue avait ôté toute défense, puis toute résistance à mon corps, je m'étais liquéfiée impuissante, innondée de l'intérieur. La vision de l'homme que j'aimais possèdant et prenant du plaisir avec un autre corps, dans les grimaces de satisfaction de son visage, s'était démultiplié en moi.
Il était le mâle dominant et nous étions la meute. Il était l'homme avide de plaisir qui se rit de l'amour. Il était l'étalon et nous étions les femelles à couvrir. Il était le sexe pour le sexe dans tout son égoisme et sa puissance où seul importe de prendre et de jouir.

Il était une suite infini d'images à la fois insultantes et délicieuses.

Oui, j'avais jouis à cause de ça, à cause de ma honte de n'être plus réduite qu'à un sexe parmi d'autres, puisqu'il tirait ce même plaisir avec une autre, à cause du bien que me faisait sa langue chaude, à cause de la situation du trio, de cette femelle léchant une autre femelle tandis qu'elle se faisait mettre par un inconnu, ne justifiant qu'une seule chose son état de femelle face au mâle qu'elle me retournait tel un miroir en pleine face. J'avais jouis d'être une femme seulement une femme, de mon abandon de femme...

Londres IV



J'allumais l'interrupteur de l'instrument, et une délicieuse vibration s'étendit à toute la longueur de l'instrument humidifié au préalable par sa bouche. J'allais et venais doucement autour des ses formes rondes. Allongées à même le lit, le rebondis des ses fesses se laissait aller à entrouvir les cuisses sous le chant de l'instrument dont l'extrémité mimait un gland de taille moyenne dans le moelleux du latex.
J'allais et venais entre son entrecuisse, excitant uniquement son périnée, sur lequel j'insistais comme une tête chercheuse. Puis, j'en vins à m'occuper de son sexe, à ouvrir ses lèvres charnues pour flatter de la tumescence du vibro ses grâcieuses et délicates petites lèvres toutes roses dont je gardais le goût à la bouche.
Je restais ainsi un long moment au milieu des pétales à aller et venir trés lentement prenant grand soin à ne pas m'aventurer trop prés de l'extrème sensibilité de son clitoris. Je voulais qu'elle finisse par implorer la caresse, là plus haut à cet endroit précis qui la porterait encore une fois à des sommets de jouissance.

Je m'amusais, j'y allais, je n'y allais pas, je m'arrêtais en chemin et elle s'arrêtait un instant de gémir dans l'attente d'encore pire, d'une sensation encore plus forte, qui lui donnerait envie d'émettre des râles. Oui, mais j'arrêtais, je ne voulais pas la faire jouir.

Je voulais simplement la maintenir en altitude et continuer à exciter son désir à lui, qui derrière le rideau observait et n'avait rien loupé de la scène. Il devait être bouillant dans son costume, bandé comme un arc, il devait même en avoir mal du désir qu'il contenait...

La marquise de Merteuil à cet instant était en moi, et il était Valmont.

Il avait observé longuement nos deux corps se prendre. Mes allées à la conquête d’Eva, parfois plus sauvage que lui-même ne l’aurait été, plus persuasive, plus puissante dans toute ma douceur qu’un homme dans le geste juste d’un sexe pour le même sexe. Dans ce mélange animal, il s'était déjà rêvé au milieu des deux femelles, leurs petites langues s’insinuant tout d’abord dans les plis de ses jambes pour ramper mouillées et bien humides jusqu’à désirer lécher ses testicules qu’il sentait se raidir dans leurs enveloppes qui se ridaient pour mieux se préparer à supporter l’intense chaleur des bouches féminines.

Derrière le rideau, il se laissait envahir par une douce torpeur où déjà les gorges se faisaient profondes par les cous qui se renversaient en arrière pour mieux l'avaler tout entier dans sa raideur et puissance de mâle.

Son sexe droit et dur en salivait d'avance tandis que ses yeux ne pouvaient se détacher de toutes les opportunités offertes par les deux corps, celles qu'il connaissait déjà et les nouvelles, ce corps inconnu et offert dans une sorte de double sacrifice par la femme qui l'aimait à mi chemin du désir qu'elle avait d'Eva qui était sienne et de la jalousie qu'elle allait tout de même éprouver de le voir prendre une autre femme en sa présence.

Ce corps jeune et frais encore toute en innocence et pourtant si affamé qui le surprenait dans son jeu avec son amante à tel point qu'il sentait doublement à son tour le besoin d'intervenir par son envie d'elle et le besoin qu'il portait en lui de rester le maître des plaisirs de son amante.

Londres III



Elle était gaie comme un pinson, euphorique entre sa jeunesse et ce climat qu’elle découvrait, appâtée par le luxe. Je n’eu aucune difficulté à approcher la coupe de ses lèvres et à verser par inadvertance calculée un peu de liquide sur les commissures de sa bouche, et le reste sur sa robe .

Elle ne broncha pas, elle me regarda comme si elle n'attendait que ça, comme l'agneau face au loup, sauf qu'il y avait au fond de ses prunelles au lieu et place de la peur une chaleur trouble, une invite. Alors du poids de mes yeux dans les siens je m’emparais de sa bouche avec gourmandise et sans aucune sauvagerie, non bien au contraire, je me fis plus tendre que ne l'était mon regard, et dans cette douceur perverse de goûter ses lèvres et de voir qu'elle en redemandait, je fis glisser son vêtement humide à terre.

Sa langue poursuivait la mienne et elle se donnait avec fougue dans ce premier baiser. Lentement je la fis glisser sur ma couche et je parfumais son corps haletant brûlant de gouttes de champagne froides qui la faisait à chaque fois frissonner et qu’avec ma bouche je ne laissais réchauffer au contact de sa peau.

Ce chaud froid la rendait molle et soumise à en perdre la raison du pouvoir que j’avais sur cet étrangère rencontrée quelques jours plus tôt sauvage, distante et pourtant déjà si familière parce qu’intensément désiré. Et le pouvoir qu'elle avait sur moi, en me dévoilant un peu plus de son corps dans des positions et des gémissement de chattes en chaleur, allait grandissant.

J’avais du mal à garder mon propre contrôle et dans le ballet qui me liait à son corps, les sources se mêlaient, et nos corps se prenaient et se relâchaient dans une grâce toute féminine, dans un jeu d’ombres chinoises de vallons et de collines. Elle réagissait merveilleusement et elle avait la capacité d’enchaîner les orgasmes.
Je me régalais de la voir se tordre dans toute sa splendeur, et de s'amuser toute jeune ingénue qu'elle m'avait d'abord parue, à me rendre la pareille, avec sa petite langue rose qu'elle savait faire pointue et qui jouait tournant autour de mon sexe qui suintait de désir, comme autant de plaisir, gorgé et gonflé avant de s'y introduire et de s'insinuer dans mes douceurs jusqu'à me faire alterner à mon tour miaulements et hâletements.

Je réussis malgré tout à reprendre le dessus, je me voulais dominatrice, un peu mâle, aller plus loin en elle que mes doigts ou ma langue le permettaient,
la prendre, lui écarter les cuisses, enfourner son sexe tendre comme un homme avec une queue bien dure, cette petite garce qui était parvenue à me faire perdre toute convenance.

Je sortis de mon sac prés du lit, un premier godemiché que je lui fis tout d’abord lécher en guise de soumission. Ce que cette petite chérie, loin de mon attente, fit avec une arrogance que trahissait son regard et qui me donna encore plus l'envie de la pénétrer trés profond. Puisqu'elle voulait jouer à ça, elle n'avait encore rien vu. Elle ne savait pas ce qui l'attendait et qui lui ferait perdre bientôt toute sa superbe, quand elle ne serait plus qu'une jolie chienne quémandant encore et encore son plaisir.

La sensualité des femmes m'émerveillait, elle était autre que celle des hommes, je n'avais pu l'appréhender avant, avant je n'avais qu'une vague idée des rapports entre femmes, qu'une image saphique emprunté à l'imagerie des hommes : celle de deux corps féminins allèchant pour un sexe durcissant à cette vue. Une image sur papier glacé ou une image de vidéo, ce que je découvrais, était autre.

Je découvrais au beau milieu de nos désirs, de nos âmes charriées et gouvernées par nos hormones, au centre du sexe en nos sexes chauffés à blanc, l'émotion.

voilà que j'étais émue par les possibilités et la sensualité que me donnait son corps, une forme féline et grâcieuse à l'infini.

Ce besoin de sexe, en elle, n'était pas le même besoin que celui des hommes, il n'avait pas de fin, elle serait restée ouverte, offerte parce qu'elle se fondait à donner, parce qu'elle était femme, parce qu'elle aimait ça s'ouvrir, acceuillir, se laisser envahir, parce qu'elle était un asile, une forme douce et chaude où l'on s'enfonce où on se trouve tendrement enserré, tendrement baigné et chaloupé dans un ruissellement liquide rappellant la matrice originelle.

Femme, elle était prête à tout pour me suivre au bout de la nuit et bien plus loin encore, pour que je couvre son corps de baisers et que je lui dise qu'elle était belle.
Et elle était tellement belle, tellement douce, tellement émouvante, tellement animale
sans jamais être bestiale.

L'espace d'un instant, je pensais que j'aurais aimé être un homme, rien que pour ça, pour être encore plus ému, de toute ma rudesse d'homme, de toute ma force affichée et de ma sensibilité refoulée, devant ce corps et cette attitude de femme si différente de ma nature d'homme.

La bête face à la belle, je comprenais d'autant plus que les hommes aiment autant les images des femmes, contemplant ces corps nus
comme la promesse du plus beau des voyages.

Sunday, December 18, 2005

Londres II


Elle avait l’âge des grands songes et des illusions que l'on dresse en certitudes.Eloignée de la petite fille qu’elle fût, toujours pas une femme même si elle n’était sans doute plus vierge, d’un pucelage abandonné sur le siège d’une voiture dans un lieu désert avec un enfant de son âge.
Souvenir, qui sans doute ne lui avait pas laissé grande impression de l’amour auquel elle aspirait, inexpérimenté, tout rempli de l’égoïsme sans nom d’un débutant qui plaçait sa propre jouissance avant la sienne, dans cette culture occidentale du phallus où l’art de la caresse est si peu enseignée dans cette civilisation qui a si longtemps nié le besoin de plaisir des femmes au profit du devoir conjugal, comme si l’amour, sentiments ou physique avait quelque chose d’une obligation pour le deuxième sexe .
Il faut dire que dans les siècles sans contraception et dans les limites voulues par l’église sous peine d’excommunions, les femmes étaient bien souvent sacrifiées et réduites à un besoin masculin basic et restreint.
Triste réalité de constater aujourd’hui, une si grande évolution technique et une si petite évolution morale, car c’est bien de morale qu’il s’agit, de cette protection honteuse dont se sert la société pour couvrir son manque d’humanité par des décrets religieux.
Et au lieu et place de la bonté, de l’amour, du désir et du plaisir, face à tout ça le plus souvent uniquement, ces dix commandements plus actes de propriété qu’autre chose
Et qui place la bible comme le premier code civil de l’humanité et la femme au même titre de la brebis dans son ventre de reproductrice.
Un aussi grand livre et aussi peu d’amour
Au milieu des crimes et des clans. Un monothéisme canalisant le peuple en un seul Dieu, dont d’écoule un seul chef et l’union tant attendu des tribus d’Isräel, et l’amour dans tout ça tout en haut de la ruche qu’en fait-on ?

Rien ou si peu,
Il paraît qu’il ne faut même pas y songer, qu’il n’existe pas, qu’il s’agit d’une denrée périssable qui ne vaut pas la peine qu’on s’y attarde ?
Et le plaisir dans tout ça !!! réduit le plus souvent à l’enseignement d’une culture de film porno comme s’il s’agissait uniquement de pénétrer et de lécher pour donner la volupté.
J’étais hédoniste, et je ne voyais pas d’autre avenir à l’humanité

Le futur était là loin des mensonges et des frustrations mais trop tôt ou trop tard pour la majorité. J’étais hédoniste et romantique, j’étais encore plus rare.
Et elle était là devant moi et c’était la première fois que je désirais une femme.

J’avais bien eu un jour une liaison avec une femme du même âge que moi, mais c’était plus elle qui l’avait voulu que moi.
C’était mon esthéticienne et j’avais remarqué plusieurs fois à sa façon de me masser les jambes que je ne lui étais pas indifférente et moi par jeu à chaque fois dans cet institut je la demandais elle, tentant un peu le diable en ses mains à chaque fois.

Un désir saphique comme alternative à mon besoin hétéro.

Un jour, je m’étais trouvé sa dernière cliente et sa patronne partie, seule à seule dans la boutique, par ses longs va et vient de ses mains adoucies par l’huile d’amande douce, sur mes jambes et mes fesses , je me étais laissée allée à la volupté de sa caresse, je m’étais abandonnée à lâcher mes cuisses sur la serviette blanche, détendue, offerte à ses gestes que mon corps lui réclamait.

J’avais laissé sa main parcourir mon entrejambe comme le jeu de la mouche, et ses doigts écarter mes soies pour frotter comme une chatte mon petit bouton, gémissante et tendue en ce point qui demandait à être laper comme une goutte de lait..

J’avais aimé la rugosité sa langue et la douceur de ses manières et de sa bouche de femme de mon sexe à mes seins qu’elle tétait goulûment comme s’il s’était agit de boire à une gourde de peau tendue d’eau. Et c’était troublant de voir d’aussi petites mains malaxer ma forte poitrine qui échappait pour une fois aux mains des hommes.

J’étais tout entière errante à moi-même, distraction de cette femme dont je n’étais pas la première aventure féminine et je me délectais à l’idée d’user de mes attouchements sur son corps dans mes premières cajoleries lesbiennes.

Ce fut un moment intense bien que je fus plus passive qu’active car je me sentais parfois gauche et je lui donnais moins de plaisir qu’elle ne m’en procurait.

J’avais voulu poursuivre ce soir là par un souper et une fin de soirée dans un bar avec lui, je rêvais d’un trio et je savais qu’elle lui plairait : c’était une jolie femme blonde aux yeux bleus avec un joli corps mais elle n’avait jamais voulu autant elle aimait les femmes autant les hommes la répugnait, je n’avais point insisté.

Quelque part pour la punir de ma déception par la suite, j’avais tout fait pour l’éviter, et je n’avais plus eu affaire à elle mais à ses collègues de travail.

Ce soir là, j’étais restée sur ma faim et j’avais songé à me trouver une proie. Mais aucune femme ou fille ne m’avait attiré jusqu’à celle-là. Toujours là devant moi alors que je vagabondais dans les souvenirs de mon corps et de ses désirs de mâle puisqu’il devait me rejoindre pour la fin de semaine. Je la regardais comme un prédateur.

Au bout de trois jours, elle s’habituait enfin à ma présence, Je lui posais toutes sortes de questions sur les modes de tissages et l’origine des matières. Je sentais que je lui devenais familière et qu’elle commençait à être heureuse de ma présence féminine dans son univers d’homme. Le quatrième jour je fis même exprès de venir bien plus tard que les autres jours et je perçus un contentement dans son regard à mon arrivée.. Le jeune animal était apprivoisé, il ne restait plus qu’à tendre mes filets pour le cueillir.
J’osais donc : « mademoiselle, vous avez été charmante, vous avez guidé mes choix et vous avez conservé pour moi les plus beaux de vos articles, grâce à vous il va être ravi, je dois partir d’ici cinq jours, je suis seule à Londres et je me demandais si vous me voudriez pas dîner un soir à mon hôtel avec moi, je vous parlerai de ma région et je continuerai grâce à vous à pratiquer mon anglais. »

J’apprenais qu’elle se nommait Eva et qu’elle serait ravi de se joindre à moi mais qu’elle ne possédait aucun vêtement pour un dîner en ville dans un cadre de renommé internationale. Elle vivait dans la proche banlieue derrière la colline des Dowrs. Je lui disais aussitôt de ne pas s’inquiéter que je ferais en sorte de lui prêter quelque chose pour l’occasion, j’allais même jusqu’à inventer que j’avais une ancienne relation qui tenait une boutique pour femme dans la City, c’était un peu gros mais manifestement elle n’avait jamais mis un pied dans ce centre d’affaire au cœur de Londres.

Nous fixâmes la date au surlendemain, ce qui me laissait amplement le temps de trouver dans la journée, une petite robe du soir pour la parer, l’émerveiller et la faire tomber .
Ce fut un samedi soir, Arrivée à la porte de ma chambre, elle semblait encore un peu intimidée, Elle était croquante à souhait et j’avais d’elle l’eau à la bouche Je prenais garde de rien montrer de cette envie qui eu pu la faire fuir J’avais hâte qu’il l’aperçoive aussi convié bien plus tard au festin par mes soins. Je savais que l’attente serait pour lui interminable et combien délectable. J’avais préparé pour elle une robe verte émeraude ainsi qu’un minuscule string De la même couleur sur le lit, une paire de chaussure argent. Elle ne devait pas s’inquiéter, c’était neuf mais rien que des bricoles, jolies mais des bricoles achetées en solde qu’il me faisait plaisir de lui offrir.

Elle était sous le charme et n’hésita pas longtemps à passer ses nouveaux vêtements. Dans l’entrebâillement de la porte j’avais la chance de découvrir une paire de fesses superbes qui annonçait une merveilleuse soirée. J'imaginais avec un grand plaisir ses mains d'hommes s'aventurant sur ces courbes que je serais la première à posséder. Une sensation agréable et malsaine à la fois à cette pensée coulait dans mes veine comme un feu, c'était prodigieusement excitant : sa peau à lui, sa peau à elle, l'alliage du vice, d'un vice où la vertu s'annonçait plus prometteuse encore à s'abandonner aux caresses.

Eva me parla de sa famille, de son enfance, de ses deux frères, le plus âgé conducteur de métro et le plus jeune infiniment doué pour les mathématiques et pour lequel ses Parents pensaient obtenir une bourse pour son entrée à Cambridge. Nous étions dans le bar de l’hôtel, le tissus émeraude de sa robe tranchait avec le vert Anglais dominant. Elle avait décidément un charmant sourire et de ravissantes épaules. Elle buvait lentement le cocktail que j’avais eu soin de choisir pour elle, et un peu de chaleur rougissait ses joues mais elle ne se doutait de rien et livrait un peu plus de son âme à chaque parole avant de me livrer plus Tard dans le soir son corps que je devinais devenir chaud et humide à souhait, détendu et sans défense. En dedans le mien battait la chamade, mais il n’était pas encore temps pour moi de quitter l’affût.

Je lui apprenais quelques mots de français, quelques mots dont elle ignorait le sens exact pour l’instant rendus encore plus excitant par la tonalité de son accent dans ma langue maternelle. L’alcool aidant, ce fut docile et familière qu’elle gagna la salle de restaurant. Elle riait, répétait à voix basse les mots récents appris, m’inondait de questions Sur ma vie, ma région puis elle en vint à pas feutrés à mes amours. Je sentais qu’elle était prête car son excitation la menait tout droit entre mes griffes, du mal qu’elle se faisait à essayer à trouver jouissance par procuration de mon expérience de femme .
Entre le dîner qui était merveilleux et la surprise de la robe, dans cet univers Nouveau pour elle, elle rendait les armes. Le dessert venu, elle n’émis aucune difficulté à me suivre à ma chambre. Je m’étais faite servir une bouteille de champagne, cachant le troisième verre et la deuxième bouteille dans le mini-bar.

Londres I



Je regardais cette fille et je la trouvais belle. Dix neuf ans à peine, cette anglaise avec ses longs cheveux auburn occupait un Emploi de vendeuse au rayon des écharpes et cravates de ce grand magasin de Londres. Le plus souvent sa clientèle était masculine et à l’observer je pouvais constater qu’elle Rougissait parfois avec certains clients qui devaient se montrer un peu trop entreprenants. On dit les anglais froids, mais c’est se méprendre sur eux. Elle avait un air surpris, presque naïf de l’attrait qu’elle dégageait et c’est ce qui m’attirait tant en elle, cette candeur, cette innocence. Elle était diaboliquement belle et c’était un ange.

J’avais pris un vol pour la capitale anglaise quelques jours auparavant. En janvier, j’aimais faire les soldes de l’autre côté de la manche, non pas Que je recherchais des vêtements pour moi car pour une femme rien ne vaut Paris mais j’adorais le chic anglais dans la mode masculine et j’avais grand Plaisir à regarder et toucher les étoffes de cet univers, à choisir parfois pour lui..

Mon hôtel était proche du centre ville, c’était une grande bâtisse de style victorien A la réputation internationale pas un palace mais un charmant et cossu pied à terre Tout de même. La façade du bâtiment se dressait imposante devant le square en face De la rue. Un petit écrin de verdure et quelques bancs, un marchand de journaux , une baraque à frites, Une station de taxi et un arrêt d’autobus, une bouche de métro, mélange de vert, noir et rouge, feuillage et ferraille, sandwichs et magazines déferlement d’une multitude à n’importe quel moment de la journée, migration pendulaires des employés de la capitale, Russell square..





En ce lieu, j’avais une jolie chambre avec un grand lit au matelas épais, le tout sous une touche de papier peint fleuris avec tentures et couvre lit assortis, et dans la pièce même une grande cheminée que remplissait en partie un poêle de faïence rappelant une époque où la ville se chauffait au charbon. L’ensemble était fort intime et accueillant, chaud à souhait comme une tasse de thé un hiver à cinq heures et depuis que le hasard de ma première visite m’ait amené en ce lieu, j’étais demeurée fidèle à cet établissement à chacune de mes escapades outre-manche. Je savais que je trouvais là ce confort british prisé dans le monde entier.

J’avais passé mes premières journées à flâner dans les différents quartiers entre Picadilly et Chelsea passant parfois même quelques minutes à écouter les orateurs à High park Corner, avant de me plonger dans Kensington. Boutiques et activisme ce mélange de genre plaisait à ma personnalité. Puis j’avais fini par entrer chez Harrods au milieu d’une foule impressionnante. Et là malgré le nombre incalculable d’employées, je l’avais remarqué, sans savoir tout d’abord pourquoi ? Cette fille avait surpris mon regard suffisamment pour que je m’intéresse à elle. Bien sûr, elle était très belle mais elle n’avait rien de la sophistication où je plaçais le charme féminin, elle était brute comme une sculpture inachevée, une débutante gauche, une fille de la campagne pour la première fois en ville. Et pourtant tant d’inexpérience recelée des trésors de possibilité. Elle était par trop jolie.

Je l’imaginais bien trop mutine pour la laisser là, à la merci du destin d’une rencontre quelconque qui ferait d’elle une mère de famille dans un quatre pièces de la banlieue de Londres entre un mari et les couloirs du métro, vite prisonnière et usée par le quotidien dans ce pays sans soleil. Un jour sans doute, elle prendrait un amant, mais ce choix ne serait pas un plaisir, simplement un refuge ou une évasion un peu comme le paradis artificiel qu’offre la drogue. Je voyais dans son sourire trop gentil défiler la vie qui l’attendait et à mi-chemin de mon expérience et de mon désir, je voulais l’arracher à sa destinée. Je désirais la connaître pour mieux la séduire et plus que la fille que je n’avais eue, je voulais faire d’elle mon égérie quant bien même je devais la casser pour mieux la reconstruire, l’anéantir pour mieux la bâtir, la façonner de la glaise au marbre.

Sans doute un jour m’en ferait-elle le reproche mais alors j’aurais tôt fait de lui faire connaître le devenir de ses consœurs et j’étais persuadé qu’un jour, elle me remercierait même si tout a un prix et que ce prix c’était elle. Restait à savoir, comment l’aborder, la mettre en confiance, mon handicap d’étrangère pouvait se révéler un avantage. Il était évident que si mon anglais était fort correct en rien il ne voisinait la perfection. Par contre moi je venais de France, et j’habitais le sud, cette côte d’azur qui fait tant rêver les étrangers du Nord, encore bercés des légendes de la belle époque et du grand luxe des manifestations et des festivals. Je devais donc user de mes appâts non pas en temps que femme auprès d’un homme, Mais en matière de lieux et de destination.

Modigliani





Pise, une ville prés de Livourne en Italie où tu vois le jour, se trouve là en pleins champs, comme posée par des extra terrestres venus en soucoupe volante dans un autre siècle, isolée de la ville, une surface plane de gazon de la taille du Madison Square Garden. Une esplanade verte, surprenante sur laquelle se dressent trois monuments de marbre blanc : la cathédrale, le baptistère et la tour, penchée sur la misère humaine. Du poste de pilotage du vaisseau spatial, plus tard dans la scène, Dali représentera ces visiteurs.

Amadeo, pas Amadeus, et pourtant de la musique et de la peinture jaillit la souffrance. Mozart ou Modigliani, quel destin ! Quels crimes aviez vous donc commis pour des existences aussi tourmentées ? Est-ce là le revers au génie ?

Mozart, tu ne deviendras pas sourd comme Beethoven, tu sombreras dans une autre folie. Modigliani, tes portraits sont aveugles d’une réalité extérieure qu’ils refusent pour l’essentiel à l’intérieur et tu te ronges aux acides, de la cocaïne à l’éther, pour poursuivre l’inaccessible gloire qui te prive de ta participation à l’exposition de New York avec tes contemporains.
Artiste maudit, en retard ou en avance sur le siècle, pas au rendez-vous, si malade et pourtant si obstiné d’un message à laisser d’un coup de burin devenu pinceau devant la force qui te manque pour sculpter.

Les artistes sur Terre expient les crimes des autres hommes face à la phrase de Nietzsche qui proclame que Dieu est mort sans que nul ne soit capable seul de le remplacer, où se cache le sens de la vie ? Dans les notes de Freud ?
Quand on t’interdit d’exposer tes nus comme si tu étais le diable, toi qui n’y montre que beauté ! Médiocrité humaine qui s’interdit la révélation et le « Deviens qui tu es », aberrant de devoir attendre une publicité venue des Etats-Unis « Just do it » pour retrouver tant d’années après ces mêmes idées.

Perversité de la morale qui refuse la chair comme nourriture humaine essentielle à l’équilibre de l’esprit. La division du corps et de l’âme quelle ineptie !

Le talent ne choisit pas où il naît, il tombe d’en haut comme une pluie bienfaitrice sur la misère de l’humanité et bien souvent il est une croix à l’homme qui le reçoit et qui le porte de sa naissance jusqu’à sa mort, le calvaire du cheminement de l’artiste au milieu des autres hommes qui ne peuvent que modestement le comprendre.
Le visionnaire éclaire de sa lanterne le chemin tortueux mais le troupeau reste dans la plaine par peur des loups, insatisfait de sa vie de mouton pas assez courageux pour oser plus. Comment peindre le courage quand seule la pierre en possède la force ?

Tes femmes au cou de girafe viennent de l’Afrique et leurs corps sont souples des muscles de fauve qui dorment sous la peau dans toute la sensualité de la nudité, le visage allongé comme une ponctuation qui prolonge le tableau par les mots de l’amateur qui, de son regard, s’allonge à même la toile dans un flux qui le submerge de l’intérieur, dans ces poses lascives où surgit toute la violence du Paradis perdu, dans ces yeux vides qui ne veulent pas voir, simplement s’offrir et ressentir.,ces yeux pleins d’amour, sous le pont Mirabeau coule la Seine et nos amours, la joie venait toujours après la peine, les jours s’en sont allés et comme Apollinaire tu demeures,


Ton devoir est de ne jamais te consumer dans le sacrifice.
Ton véritable devoir est de sauver ton rêve
.

Modigliani, Lettre à Oscar Ghiglia






















Lautrec



  • Une porte close,
    Une lanterne dans le soir,
    De lourdes tentures de velours rouges, des barres de laiton massives pour les soutenir

    Des femmes lascives aux longs cheveux, des brunes, des blondes,
    Des rousses, des chignons vite refaits, des visages trop maquillés
    Innocence des sourires, insolence des soupirs, latence des désirs,
    Des hommes de tous les âges, des pardessus, de longs- manteaux, des chapeaux
    Du notaire au gendarme, la parade des gardiens de la vertu venus s’encanailler.
    Le défilé des filles de joie venues consoler la morale.

    Mélange de gris et de couleurs, soies et dentelles au milieu des tissus de laine, des cotons blancs, débauche des uniformes, éclat des satins, fumées des cigares, odeurs d’alcools, éclats de rires, gémissements intimes, parfums du sérail mais aussi encens et néroli, ambre gris.
    Bas de soie répondant à des cravates sur des sofas écarlates pendant que les épouses
    veillent au coin du feu, interdites de ces jeux.

    Regards de braise, intensité du pouvoir sur le vouloir
    Nudité offerte à des hommes trop vêtus délaissant le devoir pour le plaisir
    Tolérance d’une société faite par des hommes pour des hommes
    Hypocrisie qui sépare la mère et la putain
    Offrande de la chair sous les dessous, éclairée par des lustres de vermeille,
    Jeu de la bougie sous le globe, de la flamme qui lèche les moindres recoins, serpente
    écarte les jambes, soupèse la lourdeur des seins, reconnaît chaleur et humidité, s’introduit.

    Statues de luxure au centre d’un théâtre romain
    Touché de la peau, caresse du feutre, geste du cuir, sur les corps nus, jambes déliées, corps en croix, mirage saphique, raffinement mondain. Cénacle damné, espace de liberté pour une société brillante d’artistes, d’écrivains, d’hommes du monde, de militaires.
    Cézanne a réglé d’une toile, Vincent a connu une nouvelle crise
    Gauguin vient de nous quitter pour les marquises, il va y mourir
    J’entends au fond de ma mémoire dans les ports d’Amsterdam
    Je te sais là-bas, Jacques
    Mais mourir, n’est pas de mise aux marquises…

    La main, le chapeau, le gant, parfois la ceinture
    Gestes impudiques, les escaliers se montent
    Les filles sont faciles, une ou deux, plusieurs quelle importance ?
    La vie est là sans plus d’apparence
    D’un contour d’estampes japonaises dans la masse des couleurs
    Dans le réalisme de l’image : la capture de la mentalité
    Les hommes aiment les filles faciles
    La vie est là
    Les filles montent
    Lautrec peint…

    Seule devant mon miroir
    Deux bougies allumées dans le soir,
    Je remonte ma jupe de velours
    Assise dans mon fauteuil j’écarte mes jambes
    Indiscrète, je m’assure que tu es là en face de moi de l’autre côté de la glace
    Je ne porte rien que mes bas et ce porte jarretelles en dentelle rouge
    Comme une prostituée, docile, je veux lire ton désir
    Je glisse mes doigts au centre de cette fente humide
    Je me caresse et je m’ouvre un peu plus encore
    J’imagine ton envie, ton sexe qui se gonfle et l’instant où tu entres en moi
    Mon bas ventre frémit et je gémis sous la vague qui joue avec mes doigts
    La chaleur m’envahit, mon majeur se fait plus précis
    Je m’étale et je ressers mes cuisses, j’ondule mon bassin, je me fais chatte
    Je me cambre, mes muscles s’allongent, j’entrevois ma fourrure
    Comme les lobes d’un abricot, je sépare mes fesses
    Je t’offre un passage

    Mes mains enserrent mes seins et ma langue s’offre une sucrerie
    Je suce, je lèche, je salive du goût de ta peau
    Je me relâche, je m’abandonne à mon désir
    Experte, je mouille mon doigt et j’affirme mon besoin
    Maintenant c’est tout mon corps qui t’appelle,
    Je me suis laissé tombé, avachir
    Je me suis laissée aller comme un pantin désarticulé en attente de son maître
    Il n’y a plus que ce doigt qui s’agite en moi
    Avance-toi, prends-moi
    Je n’ai besoin que de ça
    Viens me salir
    Viens fouiller mon corps, viens affranchir les secrets de mon âme
    Savoir l’espace d’un moment si je suis femme si je suis chienne
    Savoir laquelle je préfère
    Savoir où je te réclame
    Si j’accorde m a cadence à la tienne, si je reprends vie,
    Si je deviens autre quand tu me possèdes
    Fais que je t’appartienne même si ce n’est qu’un trop court instant
    Fais que je sois tienne, que nous ne soyons plus qu’animaux
    Que tu sois le roi et moi la femelle !


    Pour ton plaisir devient mon client,
    Par mon désir je me suis choisi catin
    Putain privée
    D’une maison dont je t’ai donné les clefs de toutes les chambres
    Et dans ce clos ne règne que tes inclinaisons.
    Et derrière ces murs tout veille à ton assouvissement.
    Henri de Toulouse Lautrec disparût
    Il y a tout juste cent ans
    Il naquit une même année un autre siècle
    vécut mon âge
    N’alla jamais plus loin que 1901
    Lautrec
    Peignait ces maisons là
    Peignait ces filles de joies….
    Célébrait ces plaisirs
    D’un jet de fusain
    Signait nos envies
    De taches de couleurs
    Signait la vie
    Rapportait nos réalités…

    Je t’aime.


    http://perso.wanadoo.fr/art-deco.france/Toulouse-lautrec.htm
  • http://perso.wanadoo.fr/art-deco.france/magazine.htm
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