Liervol " Six Rêves Seven Dreams"
J'écris ce blog pour parler de ce que j'aime, pour en faire un lieu où acceuillir le Rêve. Ici, vous trouverez Poésie, Erotisme, Amour. Je parlerais de Lieux, d'Hôtels, de Restaurants, de Couleur de Cuisine et de Vins. J'ajouterais des anecdotes, ou des histoires peu connues à connaître. Je laisserais mon imagination entrainer la vôtre.
Monday, March 10, 2008
Saturday, December 22, 2007
Monaco

Le profil demeure ces tours éclairées, New York en miniature
Je sors du coiffeur, toujours le même.
Je me faufile dans la circulation.
Ici les tours sont toujours là et dans les livres des banques quelques noms
Qu’il est sain d’ignorer, ici on ne veut connaître que l’adresse de Cartier.
Ferrari, Rolls, Lotus, rien que du chic.
Je porte quelques bijoux de chez Dior.
La mer est froide, les yachts restent dans le port.
Un palace trône place du casino, sous les regards de quelques badauds,
En quête de richesse, et de gloire par procuration.
La véranda de la salle Empire a un air désuet loin des vieilles noblesses de la belle époque,
Cernée des constructions modernes, imitant l’ancien sans le charisme.
Américaine cette touche de Las Vegas et de Jeans, ces machines à sous, dénature la classe qui fut la sienne dans le fric.
L’époque des grandes fortunes qui se mouraient sur le tapis vert n’est plus qu’un souvenir.
Et de légende, il ne reste que la banalité des journaux à scandale, depuis un triste accident de la route, il y a bientôt vingt ans.
L’endroit a perdu son âme, ce jour là.
Il fait froid, il fait triste malgré la dépense de lumière, les milliers d’ampoules d’une veille de Noël.
Poudre d’or, poudre aux yeux,
L’argent gèle le cœur, ici pas le moindre talent d’humanité, pas un gramme de chaleur,
De grands crus, quelques très vieux cognacs sans vrais connaisseurs.
Une grande scène avec de mauvais acteurs.
Les boutiques de luxe affichent ces filles qu’on déshabille,
Maintenant que les mannequins ont remplacé les courtisanes.
Les renards chevauchent les visons chez les fourreurs.
Les talons prolongent les jambes, interminable grand écart, coupe offerte aux hommes,
Liqueur ouverte dans un élan de soie induite de ces femmes-objets poupées de vitrine.
Entre Chanel et Louis Vuiton, l’or, les diamants et le luxe appâtent les nuits,
Les corps s’achètent entre le pouvoir, l’argent, et les cadeaux illusoires.
Ce paradis fiscal, n’a de paradis que le nom, le plus souvent on ne sait qu’y faire
De ses jours et de ses nuits et le refuge devient l’artifice.
Le paraître au lieu et place du bonheur mais les coffres sont pleins.
Licencieux, ce monde s’affiche, les viveurs se projettent entre les casinos et les palaces,
Les extérieurs et les yachts quand vient la belle saison.
C’est l’heure de mon rendez-vous
J’arrive, je me gare, me voilà prête à être celle qu’il veut que je sois
Six heures du soir,
Il est seul dans un bar,
Un hôtel sur un quai, il est là
Un bâtiment moderne très clair d’une chaîne américaine, Sheraton, il me semble
Devant dans le noir, de blancs bateaux dorment dans le port.
Il est beau, dans son costume sombre
Qui est-il ?
Milieu des affaires, de la finance, des repas d’affaires qui sont autant d’excuses pour
S’offrir du bon temps.
Il aime l’argent, je le sens
L’argent pour le pouvoir qu’il procure,
Il désire plus que tout, posséder
Il se veut étrange et il l’est
Il a les yeux clairs, un coin de ciel d’été, mais son regard sait se faire glacier et les bleus
disparaîtrent derrière sa volonté.
J’aime son style, sa manière de se vêtir, quand il allie le sobre et l’élégance.
Indifférent au lieu, à l’endroit, il est là et ça se voit.
Il m’attend, mais ce soir il n’est pas seul.
Un autre homme l’a rejoint, parfois je perçois de lui comme un rire d’enfant mais son habit lui a depuis longtemps appris à dire non.
Il aime dominer, jouer, je le perçois, il a soif
A l’intérieur de ce bar d’hôtel de luxe, mélange d’acajou et de cuir, les bouteilles brillent sur les étagères vitrées, décadentes projetées de plus belle par les miroirs de la pièce, aguichantes.
Le bois exotique court sur les murs en deçà du velours, la lumière est tamisée.
L’ambiance est feutrée, chaude, fermée, plutôt anglaise, club privé.
Il a quitté le bureau, endossé une autre peau plus proche du loup au fond de lui.
Il prend sa revanche sur la journée, maintenant il dispose sa loi.
Ses cheveux noirs méchés de cheveux blancs ajoutent une dominante bleutée à
L’éclat de son regard.
Champagne, il s’évade.
Il est là à deux pas devant moi,
La douceur qui émane de sa personnalité le rend redoutable.
Il n’a pas encore flairé ma présence, reniflé le parfum qu’il aime que je porte.
Je suis droite dans le cuir, bottée comme un chat, les cheveux lissés, uniquement une perle fine à chaque oreille.
Lentement je m’approche, une jambe après l’autre, je me glisse de tapis en tapis au-dessus
Du traversin poli qui couvre le sol.
Je ne fume plus, il me l’a interdit comme il a choisi la couleur et la longueur de mes cheveux,
l’aspect de mon corps, ce qu’il aime que je porte.
Il regarde sa montre, j’ai surpris une grimace, il me croit en retard
L’autre homme prés de lui que je ne connais pas vient de me déshabiller de la tête aux pieds
Il m’a vu, il tente un sourire dont les dents soulignent tout autre chose.
Je suis restée debout dans le long manteau, verticale et nue hormis mes bottes, mes bijoux et mes bas.
Je me demande si cet inconnu a vu et je me dis que bien sûr il sait
Il le lui a dit, qu’il m’attendait ce soir, il lui a proposé de venir et de rester
J’entrevois ce pourquoi je suis là et la raison de son changement de jour à la dernière minute.
Enfin, il relève les yeux et m’aperçoit, il me fait signe de m’asseoir
Femme proie, passive, je m’étends où il me dit dans un lourd fauteuil de cuir fauve entre lui et l’autre
De sa main, il a jugé mes jambes trop proches, il les repousse un peu plus loin l’une de l’autre, stoppe son geste, reprend sa main et me juge un instant, et satisfait attends..
Je n’ai rien dit, il me veut poupée, je me comporte comme un bel objet de vitrine, plastique
Je suis là, il commande au serveur une autre flutte, porte les bulles à mes lèvres, me demande d’y tremper ma langue, de lécher le pourtour du verre, je m’exécute, je lape le liquide jusqu’à la dernière goutte, doucement, très lentement de ma langue rose sans le quitter du regard.
Je n’ai pas bougé à un seul moment mes jambes en dehors de la position qu’il leurs a accordée.
L’autre homme se délecte de mes cuisses entrouvertes, nous avons le bar pour nous seuls
Il l’a transformé en salon privé, loué pour le début de la soirée.
Le serveur a refermé les lourdes portes, il ne viendra qu’à son appel, s’il le désire.
La bouteille de Mumms, patiente dans le sceau à glace, inox et noir.
Calmement , il repose le verre et allonge sa main le long du nylon, s’y promène quelques minutes puis remonte entre mes chairs, l’autre dévore du regard, l’index humide qu’il ressort de mon entrejambe et dont il me maquille les lèvres et me donne à sucer la substance, lascive à la rencontre de son geste dans mon premier aveu de chatte dont les yeux verts brillent.
Puis plus rien, ce geste passé, il ne s’occupe plus de moi et reprends la conversation
Qu’il avait avant mon arrivée.
L’autre, l’écoute et lui répond, mais ses pensées s’emparent de mon intimité.
Je me demande quand il osera me toucher, poser ses mains masculines sur ma grâce féminine, je me sens fragile.
Maintenant il ouvre mon manteau et me découvre sans plus de ménagement un sein lourd, dont il malaxe le bout entre le pouce et l’index, un court instant, entre deux mots, deux à propos sur l’année qui vient qu’il adresse à l’autre, plus préoccupé de son geste que de ses paroles.
Il boit et me redonne à boire comme à son chat, l’écuelle de lait, malaxant ma peau fine de
Sa rudesse d’homme.
Je commence à mouiller et doucement je m’écoule, sur la peau tannée où je suis assise.
Le siège est froid au contact de mon sexe et de mes fesses, je n’ai pas bougé.
Je suis restée chair rose contre cuir havane, docile.
Je les regarde allumer des cigares
Je hume la fumée qui monte,
Ce goût sucré, ce parfum de caramel, qui se mélange à mon Chanel.
Il porte le cigare à ma bouche
Et l’autre me regarde imagine autre chose de plus gros, autre chose qui déforme,
Qui s’enfonce dans la douceur de ma bouche, qui va et qui vient entre mes lèvres, ma gorge et mes cheveux qui flottent entre ses jambes, mes mèches blondes qui courent sur son pantalon, alanguies.
Il me dévisage et se laisse aller plus profond dans le fauteuil, c’est lui qui écarte les jambes
Maintenant.
Je sens sa chaleur, je devine la raideur, le désir qui bat dans ce corps que je ne connais pas.
Il étale sa main le long de son bas ventre, il me dévisage et lui me tourne la tête un quart
Plus à droite dans ses deux mains, il me fait boire le regard de l’autre, avaler l’envie qui gonfle sous son pantalon.
J’ai chaud. Je m’ouvre.
Alors il plonge sa main dans ma toison et la transformation s’achève, je renais à rien d’autre qu’un ventre qui a faim, il le sait, il connaît l’état second où ses doigts qui me fouillent, projettent mon âme.
Il reporte le cigare à ma bouche et me repousse en arrière sur le dossier où je m’écroule lentement molle et soumise où son geste m’a abandonné.
D’un mot, il appelle l’autre à me goûter et me demande de redresser mon bassin, de bien étirer au maximum mes fesses entre l’accoudoir et le dossier.
L’autre s’approche, remonte sa main le long de l’écrin qui abrite la perle au goût salé que
Je porte entre les cuisses, fiévreuse, sa main m’impose la caresse d’un doigt qui n’en est pas un, qui se voudrait déjà verge, qui joue, s’immisce, devient plusieurs, pénètre ma douceur.
Puis c’est sa langue et ses cheveux qui plongent en moi subitement, sous le cuir dans le chaud, et je coule et j’ai honte, j’aime sa succion et il me fait tirer sur le cigare tandis que cet inconnu mange goulûment de cette poupée offerte, et ouverte, dégoulinante à souhait, espérant de celui à qui elle appartient le droit de la baiser, de la culbuter sur le dossier, de la fourrer sans lui décrocher une parole autre que son sexe qui se dresse, dur et droit, tendu du besoin de se répandre dans un ventre de femelle.
C’est bon et je me noie, il m’a guidé à son pénis à sucer et il alterne sa saveur d’homme avec celle du cigare, tandis qu’il me soutient la tête par les cheveux et joue avec mes seins qui débordent du manteau de cuir.
J’avale et je suis avalée, liqueur de chatte en attente du rut et je gémis des deux hommes qui s’activent de moi. Je souffre le délice de ces deux mâles qui tirent plaisir de mon corps de femme, qui rigolent, qui chahutent de ma bouche à mon entre-cuisse comme des gamins en train de faire une bêtise.
Il me regarde subversif et j’aime ça, totalement défaite par le plaisir,
J’aime sa satisfaction de propriétaire.
Je ne m’appartiens plus, sa volonté domine la mienne, putain volontaire, je me plie sous la langue de cet étranger qui me contraint à son rythme, je m’étale jusqu’à me déchirer si je le pouvais, pour encore plus subir cette sensation qui me parcourt l’échine, qui m’use, me cabre, me brûle, autant le bien que le mal au creux de mes reins, dans la plainte où
Je sers les dents et soudain, coup de tonnerre, éclair et raz de marée, avalanche.
Une vague s’élève du plus profond de moi, me submerge.
Des murs de neige gagnent la vallée,
Orgasme,
Je me raidis devant l’élan liquide
Qui s’empare de moi, tous mes muscles profonds subissent un typhon, connaissent
La mer et le vent, la tempête, les inondations, je ne gémis plus, je crie, hurle à la mort au fond
De moi, pour renaître de plus belle dans le calme, la douceur du coton, le nuage, plus qu’une musique qui bat lentement de mon cœur à mon entre-cuisse,
la décrue,
Les tensions s’apaisent en contactions lentes. Je suis infiniment bien.
Il l’a senti et voilà qu’il se laisse partir à son tour, il lâche les amarres
Et se distille au fond de ma gorge, le regard plus violent que tout à l’heure quand il m’offrait, là il est victorieux et j’avale chaque giclée, respectueuse.
L’autre n’a pas été autorisé à me pénétrer, pas cette fois, c’est le jeu !
Dans un milieu où tout devient trop facile, il faut savoir inventer de nouveaux frissons
Savoir décupler les envies, interdire quand c’est oui.
En accord avec les règles, il vient de ranger ses atouts masculins.
Il me regarde en se pourléchant les lèvres de sa langue, ravivant le goût de mon intimité,
Comme pour me laisser ce dernier message, toi, la prochaine fois je t’aurais.
Il ne demeure plus que l’alcool et les cigares, il m’a revêtue et demandé de m’en aller.
Il reprend nonchalamment sa conversation d’affaires.
Je me lève et je sors par la porte sans un mot, autre que les siens, sans un seul regard
Autre que son indifférence.
Je retourne chez moi laver la poupée et ranger ses beaux habits pour une autre fois,
Un autre de ses désirs.
Faut-il que je l’aime pour m’offrir à un autre pour mieux me donner à lui !
Dix heures du soir,
Quelques belles autos, se rendent au Casino
Quelques hommes trop riches, cherchent à tromper leur ennui.
Comment acheter le désir quand on possède tout, quand on peut s’offrir le tour du monde
Comme d’autre le RER chaque matin et qu’on crève d’envie de rien !
Comment résister à la drogue dernier continent de plaisir et de loisir ?
Trop d’argent tue le bonheur
Il fait froid, il fait paraître,
Authentiquement, il ne reste rien
Rien d’autre que des milliards à la place du cœur et l’argent coule dans un désir
Dissolu, pervers et débauché.
Et l’amour se terre au fond des bibliothèques
Et je t’aime à me perdre , à te suivre dans tes mœurs, évaporée, indécente…
Madrid

Thursday, April 19, 2007
Rêve noir
Un lit mi-bois mi-métal posé sur ses pattes de griffon, des tentures de voile gris perle tombant d’un ciel plafond garni de nuages du blanc au sombre, un parterre de marbre couleur lave du volcan, le Stromboli isolé sur son île, un foulard de satin délaissé au sol, puis un calme étrange.
Des murs peints, des paysages, du trompe l’œil et des glaces, des ruines, des murs de château surchargés de feuillage, un âge ancien au-delà de l’Oural, une coupole centrale au-dessus du lit, au milieu des nuages, au départ de la nébuleuse des tentures.
Des miroirs, beaucoup de miroirs et des icônes, une vierge et des saints dans une chambre fantastique hors d’âge, où se mélangent l’or et le noir.
Aux quatre coins de la pièce des statues, des nus antiques.
Un balcon terrasse, les immenses fenêtres grandes ouvertes, au sommet de la tour de briques roses et de bois de cette villa fin dix neuvième, un pin géant pour plus proche voisin et à l’horizon rien d’autre que la mer, le bleu azur au levé du jour orange d’un soleil qui renaît…
Une villa splendide au beau milieu d’un parc immense, des essences rares, des glycines géants recouverts de fleurs qui embaument le jardin tout entier.
Un ficus géant et ses lianes, des arbres du Voyageurs et des fleurs, jasmin et roses par centaines. Une demeure de milliardaire, louée pour une nuit, une seule nuit mais à un prix dérisoire.
Une simple annonce dans le journal, cela ressemblait à une plaisanterie ou cela recelait une proposition indécente. C’était à peine croyable et jusqu’à inquiéter, il était précisé que seule une femme pouvait répondre. Contre toute attente il n’y avait qu’une seule condition à ce prix, peu importe qui vous accompagnait, vous n’aviez aucun compte à rendre au bailleur sauf s’engager à appliquer cette maxime de Cioran : « Je rêve d'un confesseur idéal, à qui tout dire, tout avouer, je rêve d'un saint blasé. »
Imaginez donc les dix-neuf pièces, le parc, même l’auto, tout ce que renfermaient les placards, la cuisine, la cave, tout était votre du moment que vous veniez le plus naturellement du monde y vivre un grand moment de désir dont l’apothéose serait la confession. Même le personnel était à votre disposition. Il va de soi que ce confesseur c’était l’annonceur. Etait-il Dieu ou Diable d’offrir ce lieu si facilement au commun des mortels ? Tentation ou délectation, ou les deux ?
Il offrait sa demeure comme d’autres offrent leur corps pour quelques billets, ce prince hongrois, trop riche trop puissant, trop blasé pour désormais opposer seul le vice à la vertu et en recueillir la jouissance… Toujours son esprit s’égare à l’Est, vers ces terres, cette culture où l’Occident se mélange à l’Orient.
Il lâche les lignes droites pour les courbes, les arabesques. Du classicisme, il n’a que faire. Il aime le chant de la Moldau et du Danube, il est né avec la nostalgie d’une autre époque lorsqu’il était impossible de voir le monde sur un écran mais simplement permis de l’imaginer.
Il aime rêver, laisser son esprit vagabonder, s’égarer aux confins de sa mémoire. Il aime le beau qui fait pleurer autant qu’il fait boire. Il sait pleurer uniquement pour l’art, la vie ne le touche plus.
Le noir, le blanc, les extrêmes, l’exubérance furent son terrain, le silence parfois son territoire, la mer toujours son avenir : il a toujours admiré sa solitude, elle lui ressemble. Les belles demeures chargées de passé nichées dans la verdure sont son perpétuel présent avec quelques appartements deux ou trois hôtels particuliers dans des capitales de par le monde.
Il connaît chaque pays ainsi il n’a plus vraiment de chez lui, d’ailleurs il est lui-même une création de l’exil, sa famille a fuit le communisme, il est resté en partance, à surveiller chaque heure du jour ou de la nuit les mouvements de ses capitaux autour du globe comme un orphelin affamé de l’essentiel, l’argent il l’a, il n’a jamais vraiment connu que ça.
Il n’a pas de réelle patrie, son pays il le vit en imaginaire des histoires racontées de sa grand-mère sur ses pairs. La femme ne sait pas plus qui il est et ce qui l’attire là-bas mais ce n’est pas lui. Lui, ce pourquoi il a longtemps vécu, c’est le baroque sulfureux et sensuel, cette luxure au milieu des icônes, il ne vivait que pour ça et les femmes qui se partageaient alors sa peau lui laissaient des heures durant la volupté de leurs péchés dans les battements de son pouls comme s’il y coulait un sang vice versa vice vertu.
Comme il aimait ça ! Séduire, faire succomber, il n’était jamais ingrat, il ne trouvait pas l’amour, il ne le trouva jamais, il avait su se contenter du plaisir, il n’aimait que la chasse, il tenait ça des ses ancêtres, l’éternel recommencement, son lit n’était qu’un passage.
Sa jouissance unique de ses partenaires se prolongeait par les ébats qu’il filmait à leur insu et qu’il gardait pour les revoir et les consommer à nouveau, seul, cette fois. Il ne se lassait jamais de revoir les regards de ses partenaires dans les premiers comme les derniers instants. Il était son meilleur spectateur, mais s’il pouvait retirer de l’émotion de l’image, il savait qu’il lui était impossible de ressentir à nouveau quelque chose avec la même femme. Quelque chose comme une malédiction, une errance collait à ses veines. Il était alors jeune, il était très beau, d’une élégance naturelle, il se laissa même tenter par son propre sexe, il épuisa toute forme de jouissance buvant la coupe jusqu’à la lie, exploitant tout fantasme sans jamais rien retenir, c’était folie de tout consommer à l’excès, il n’avait pourtant pas d’autre choix pour vivre cet instant animal, ce fabuleux instant où l’on s’oublie.
Il ne pensait pas qu’un jour, plus rien même le voyeurisme ne lui ferait plus aucun effet et que seul le vide serait alors sa compagne… Il s’était donc résolu à ouvrir les portes de son royaume de par le monde, ne pouvant plus connaître le plaisir, n’ayant jamais connu l’amour il voulait écouter, se servir de la musique des mots, de cette émotion, de cette timidité, espérant rencontrer la honte d’avoir pêché chez son hôte pour vibrer.
Il ne lui suffisait pas de savoir, il attendait un frisson de culpabilité qui de l’autre à son oreille lui empoigne les reins. Pour cela il offrait ces lieux qui furent ses propres temples conçus pour la luxure à des inconnues comme un vampire assoiffé non pas de sang, non pas des sens mais des émotions intimes de ses hôtes. Il espérait en silence par la richesse des lieux engendrer plus d’abandon, plus de décadence chez l’âme humaine dont il n’avait que le lointain souvenir.
Et c’était un paradis qu’elle découvrait sans savoir qu’elle s’avançait dans son enfer. Elle était vivante et il était éteint, un mort vivant à l’allure de légende comme sa Bugatti Royale qui dormait dans la cours. Il possédait toujours une très grande classe qui n’avait d’égale que son indifférence totale à toute émotion humaine.
Il était devenu son propre Golem, pourtant des femmes s’étaient damnées pour son amour, il se souvient de visages, des larmes qui coulaient de leurs grands yeux, il se souvient de leurs rires et des idées qu’ils partageaient, si seulement il avait pu aimer ! Mais il n’avait jamais fait que désirer la chair et des caresses de ces corps qui se livraient, il n’avait connu que l’attrait physique, aucune métaphysique de la matière et de l’âme rien pour effleurer son cœur, jamais la sympathie, jamais la beauté, jamais rien ne fut chez lui un déclic à l’amour, il ignorait tout de ce sentiment comme un amputé de cette région, mais il connaissait tous les travers du plaisir chaque recoin des corps.
Ainsi, il avait vécu d’orgasme en orgasme comme on rejoint l’héroïne et ses ailes blanches aux injections répétées, aux souffrances répétées évitées de justesse par une nouvelle connaissance, il avait vécu une dépendance à vie de nouvelles chairs à chavirer ses sens. Mais s’il n’avait eu la chance de connaître l’amour, il n’en était pas pour autant dépourvu de bonté, bien au contraire, il était d’une plénitude intérieure, comme une forme de sainteté de n’ignorer aucune forme de ce plaisir que si peu savent prendre ou distiller.
Il avait été un merveilleux amant toujours à l’écoute de sa partenaire faisant preuve d’imagination, d’initiative, d’attentions, devançant ses désirs qu’il vivait comme les siens. Il en retirait une grande considération pour lui-même, s’il ne donnait pas d’amour, il était tendre ou puissant dans ses gestes et le ballet qu’il formait avec les corps de ses amantes jouait avec du firmament ou des orages. Il avait longtemps conçu l’image parfaite d’une femme comme un marin rêve de l’océan, d’une femme mouvante, jamais une autre, jamais la même, de la femme du matin qui devient celle du soir et qui s’égare sur votre corps comme à la recherche de petits sentiers inconnus, qui revient à la terre comme la vague à la plage, qui étreint la chair comme la glaise, qui glisse se fait humide, chaude comme le soufre et d’un parfum vaporeux comme une roseraie aux milles variétés parfois sous des accents de cannelle, de vanille et de fruits, une femme comme une source qui ne se tarit jamais. Une femme toujours présente, dont on ne se lasse pas parce qu’elle reste un mystère en soi, une femme magique qui disparaît et réapparaît, sans frontière…
Il regardait dont toutes les inconnues auxquelles il louait ses demeures, ils les observaient dans les rapports qui semblaient les unir à leurs amants ou amantes, il cherchait chez les autres à appréhender ce qu’il n’avait pas pu lui trouver. Et de cette femme-là, ce matin au moment de reprendre possession de son domaine, il en était profondément troublé, ému, ce couple avait ébranlé son âme végétative. Il pensait une telle faim animale impossible d’une femme, trop indécente pour ce qu’il avait toujours cru de l’amour.
Il n’avait jamais pu concilier une telle envie de l’autre dans un tel culte, il sentait l’odeur de l’amour pour la première fois de sa vie. Il regardait la chambre, sa chambre et c’était un autre lieu qu’il découvrait dans les mouvements satins de la soie du lit. L’empreinte d’un immense chagrin au milieu de ce qui restait d’un feu de joie. Cette femme avait fait l’amour comme on va se donner la mort, pour la dernière fois et elle avait mis dans ce final tout son être Elle n’était plus elle, elle était feu, elle était braise, parcourant le corps de son amant comme une louve renifle et lèche ses petits. Elle ne cherchait pas un refuge, c’était son illusion à lui. Elle cherchait une évasion, fuir sa prison c’était son rêve à elle. De la tiédeur tranquille de leurs corps montait une pression qui ne circulait pas plus fort comme de coutume dans le corps de l’homme mais de son corps à elle. Ce n’était pas l’homme qui avait besoin de se vider de son essence dans la femme, mais la femme qui désirait liquéfier tout son être et se répandre ensuite hors de la chambre, jusqu’à couler de son étreinte à la mer. Elle se vidait dans chaque geste, du plus profond de son intimité pour voler cette fois hors de lui. C’était une union pour une désunion dans le plus fort orgasme qu’elle voulait connaître, qu’elle grattait comme une chienne, une jouissance qui la propulse hors de lui.
Tandis qu’il pensait qu’elle se donnait, elle s’évadait épuisant chaque particule de son corps à lui pour ne jamais plus y revenir ainsi tantôt elle était femelle et lui faisait offrande de sa peau tantôt elle était mâle et cherchait la possession dans l’intrusion qu’elle faisait subir à son corps. Peut-être cherchait-elle une dernière fois une fusion qu’elle savait impossible ? Etre lui ? Qu’il soit elle ? Qu’il l’aime assez pour permuter ne serais-ce qu’un instant et comprendre. Elle cherchait dans l’étreinte à lui transmettre toute la mémoire vécue de son être, toutes ces émotions qu’on croit partager et pour lesquelles on se leurre. C’était le testament d’une âme indissociable d’un corps.
Le papier et les princes se prêtent à écouter ou à écrire ce genre d’histoire. Il y a là dans le temps ou dans les lieux toute la matière que la vie nous refuse. Quoi de plus clair que le conte
ou la fable pour transcrire l'émotion, pour lui donner tout son relief, toute son ampleur !
C'est ajouter la scène pour jouer à l'infini sa propre tragédie. Les grandes tragédies ne sont que littéraires, les tragédies humaines ne sont que des actes bassement manqués sans rien à en dire sauf à avoir l’âme d’un poète. Le poète ne peut vivre comme un humain, il est tombé des étoiles et cherche toujours par tous les moyens à y revenir Le poète saisit l'émotion d'un simple lieu croisé au détour d'une promenade pour la coucher sur la feuille...
Monday, December 19, 2005
Londres V

Il était ravi et transi de désir pour la jeune femme mais aussi pour l'amante que j'étais qui s’imposait comme maîtresse de son plaisir, metteur en scène d’un vice qui lui parlait au plus profond de ses tripes, qui le scotchait comme un ensemble de crampes qu’il allait falloir combattre et vider, décharger de toute la violence qui le jettait dans cet état second qui lui donnait autant de plaisir que de souffrance dans la promesse d’une terrible jouissance.
Cet homme, Eva ne l’avait jamais vu et il allait la prendre, le moment était venu. Il s’approchait nu et tendu, débarassé de tous ces vêtements, effeuillé de ses propres mains à mesure que la chaleur avait monté dans ses veines.
Tandis que ses bras écartaient ses cuisses, elle se laissa faire malgré un mouvement de surprise et de terreur devant cet inconnu et son désir de mâle. Elle était étroite et sa verge très épaisse.
A l’instant même : un coup de rein, elle reçevait son premier coup de butoir dans un râle de plaisir où tout son corps se cabrait tandis que sa bouche buvait et mangeait mon sexe avec la même gourmandise qu’il avait lui de sa pénétration sans d'avantage de préliminaires.
Je les observais, regardant le corps de mon amant se mouvoir dans la jeune femme, un petit pincement au cœur que je chassais vite, je n’étais pas jalouse, j'étais moi, c’est ce qui comptait le plus. Je savais qu'il aimait être avec moi, je ne redoutais aucune concurrence, parce qu’il ne pouvait y avoir de compétition dans la différence.
Alors, je le regardais de tout mon amour et je lisais dans dans la torpeur de ses yeux un immense contentement pour mon cadeau. J'avais reçu de cette vision, l'intensité érotique en pleine figure comme la découverte de l'Atome, et n'y tenant plus je me désintégrais dans la fission des sensations de mon corps et de la vision de son sexe qui pénétrait avec application et délectation le sien. C'était comme l'explosion d'une Supernova dans ma tête, l'onde de la mort du Krakatoa parcourrant la terre et donnant la vie, agitant mon corps...
Comme je le trouvais beau, comme je ne me lassais pas de son visage, comme j'étais attiré par son corps ... Il était pour moi l'Homme dans toute son essence...comme je l'avais toujours rêvé sans savoir l'identifier avant de le rencontrer.
Je m'étais écroulée avec un sourire béat sur le lit, mon corps en croix, descendu de sa croix, libéré par la jouissance. Etrangeté de la volupté qui nous saisit. Nul schéma précis, pas d'origine vraiment identifiée, tantôt un simple départ physique comme on allumerait une mèche, tantôt une trangression mentale, une surprise de taille dans les ébats, comme une transposition par trop sensuelle et indécente sur écran géant, tantôt les deux quand le mental verse du sodium sur la mèche qui brûle déjà.
La douceur de sa petite langue avait ôté toute défense, puis toute résistance à mon corps, je m'étais liquéfiée impuissante, innondée de l'intérieur. La vision de l'homme que j'aimais possèdant et prenant du plaisir avec un autre corps, dans les grimaces de satisfaction de son visage, s'était démultiplié en moi.
Il était le mâle dominant et nous étions la meute. Il était l'homme avide de plaisir qui se rit de l'amour. Il était l'étalon et nous étions les femelles à couvrir. Il était le sexe pour le sexe dans tout son égoisme et sa puissance où seul importe de prendre et de jouir.
Il était une suite infini d'images à la fois insultantes et délicieuses.
Oui, j'avais jouis à cause de ça, à cause de ma honte de n'être plus réduite qu'à un sexe parmi d'autres, puisqu'il tirait ce même plaisir avec une autre, à cause du bien que me faisait sa langue chaude, à cause de la situation du trio, de cette femelle léchant une autre femelle tandis qu'elle se faisait mettre par un inconnu, ne justifiant qu'une seule chose son état de femelle face au mâle qu'elle me retournait tel un miroir en pleine face. J'avais jouis d'être une femme seulement une femme, de mon abandon de femme...
Londres IV

J'allumais l'interrupteur de l'instrument, et une délicieuse vibration s'étendit à toute la longueur de l'instrument humidifié au préalable par sa bouche. J'allais et venais doucement autour des ses formes rondes. Allongées à même le lit, le rebondis des ses fesses se laissait aller à entrouvir les cuisses sous le chant de l'instrument dont l'extrémité mimait un gland de taille moyenne dans le moelleux du latex.
J'allais et venais entre son entrecuisse, excitant uniquement son périnée, sur lequel j'insistais comme une tête chercheuse. Puis, j'en vins à m'occuper de son sexe, à ouvrir ses lèvres charnues pour flatter de la tumescence du vibro ses grâcieuses et délicates petites lèvres toutes roses dont je gardais le goût à la bouche.
Je restais ainsi un long moment au milieu des pétales à aller et venir trés lentement prenant grand soin à ne pas m'aventurer trop prés de l'extrème sensibilité de son clitoris. Je voulais qu'elle finisse par implorer la caresse, là plus haut à cet endroit précis qui la porterait encore une fois à des sommets de jouissance.
Je m'amusais, j'y allais, je n'y allais pas, je m'arrêtais en chemin et elle s'arrêtait un instant de gémir dans l'attente d'encore pire, d'une sensation encore plus forte, qui lui donnerait envie d'émettre des râles. Oui, mais j'arrêtais, je ne voulais pas la faire jouir.
Je voulais simplement la maintenir en altitude et continuer à exciter son désir à lui, qui derrière le rideau observait et n'avait rien loupé de la scène. Il devait être bouillant dans son costume, bandé comme un arc, il devait même en avoir mal du désir qu'il contenait...
La marquise de Merteuil à cet instant était en moi, et il était Valmont.
Il avait observé longuement nos deux corps se prendre. Mes allées à la conquête d’Eva, parfois plus sauvage que lui-même ne l’aurait été, plus persuasive, plus puissante dans toute ma douceur qu’un homme dans le geste juste d’un sexe pour le même sexe. Dans ce mélange animal, il s'était déjà rêvé au milieu des deux femelles, leurs petites langues s’insinuant tout d’abord dans les plis de ses jambes pour ramper mouillées et bien humides jusqu’à désirer lécher ses testicules qu’il sentait se raidir dans leurs enveloppes qui se ridaient pour mieux se préparer à supporter l’intense chaleur des bouches féminines.
Derrière le rideau, il se laissait envahir par une douce torpeur où déjà les gorges se faisaient profondes par les cous qui se renversaient en arrière pour mieux l'avaler tout entier dans sa raideur et puissance de mâle.
Son sexe droit et dur en salivait d'avance tandis que ses yeux ne pouvaient se détacher de toutes les opportunités offertes par les deux corps, celles qu'il connaissait déjà et les nouvelles, ce corps inconnu et offert dans une sorte de double sacrifice par la femme qui l'aimait à mi chemin du désir qu'elle avait d'Eva qui était sienne et de la jalousie qu'elle allait tout de même éprouver de le voir prendre une autre femme en sa présence.
Ce corps jeune et frais encore toute en innocence et pourtant si affamé qui le surprenait dans son jeu avec son amante à tel point qu'il sentait doublement à son tour le besoin d'intervenir par son envie d'elle et le besoin qu'il portait en lui de rester le maître des plaisirs de son amante.
Londres III

Elle était gaie comme un pinson, euphorique entre sa jeunesse et ce climat qu’elle découvrait, appâtée par le luxe. Je n’eu aucune difficulté à approcher la coupe de ses lèvres et à verser par inadvertance calculée un peu de liquide sur les commissures de sa bouche, et le reste sur sa robe .
Elle ne broncha pas, elle me regarda comme si elle n'attendait que ça, comme l'agneau face au loup, sauf qu'il y avait au fond de ses prunelles au lieu et place de la peur une chaleur trouble, une invite. Alors du poids de mes yeux dans les siens je m’emparais de sa bouche avec gourmandise et sans aucune sauvagerie, non bien au contraire, je me fis plus tendre que ne l'était mon regard, et dans cette douceur perverse de goûter ses lèvres et de voir qu'elle en redemandait, je fis glisser son vêtement humide à terre.
Sa langue poursuivait la mienne et elle se donnait avec fougue dans ce premier baiser. Lentement je la fis glisser sur ma couche et je parfumais son corps haletant brûlant de gouttes de champagne froides qui la faisait à chaque fois frissonner et qu’avec ma bouche je ne laissais réchauffer au contact de sa peau.
Ce chaud froid la rendait molle et soumise à en perdre la raison du pouvoir que j’avais sur cet étrangère rencontrée quelques jours plus tôt sauvage, distante et pourtant déjà si familière parce qu’intensément désiré. Et le pouvoir qu'elle avait sur moi, en me dévoilant un peu plus de son corps dans des positions et des gémissement de chattes en chaleur, allait grandissant.
J’avais du mal à garder mon propre contrôle et dans le ballet qui me liait à son corps, les sources se mêlaient, et nos corps se prenaient et se relâchaient dans une grâce toute féminine, dans un jeu d’ombres chinoises de vallons et de collines. Elle réagissait merveilleusement et elle avait la capacité d’enchaîner les orgasmes.
Je me régalais de la voir se tordre dans toute sa splendeur, et de s'amuser toute jeune ingénue qu'elle m'avait d'abord parue, à me rendre la pareille, avec sa petite langue rose qu'elle savait faire pointue et qui jouait tournant autour de mon sexe qui suintait de désir, comme autant de plaisir, gorgé et gonflé avant de s'y introduire et de s'insinuer dans mes douceurs jusqu'à me faire alterner à mon tour miaulements et hâletements.
Je réussis malgré tout à reprendre le dessus, je me voulais dominatrice, un peu mâle, aller plus loin en elle que mes doigts ou ma langue le permettaient,
la prendre, lui écarter les cuisses, enfourner son sexe tendre comme un homme avec une queue bien dure, cette petite garce qui était parvenue à me faire perdre toute convenance.
Je sortis de mon sac prés du lit, un premier godemiché que je lui fis tout d’abord lécher en guise de soumission. Ce que cette petite chérie, loin de mon attente, fit avec une arrogance que trahissait son regard et qui me donna encore plus l'envie de la pénétrer trés profond. Puisqu'elle voulait jouer à ça, elle n'avait encore rien vu. Elle ne savait pas ce qui l'attendait et qui lui ferait perdre bientôt toute sa superbe, quand elle ne serait plus qu'une jolie chienne quémandant encore et encore son plaisir.
La sensualité des femmes m'émerveillait, elle était autre que celle des hommes, je n'avais pu l'appréhender avant, avant je n'avais qu'une vague idée des rapports entre femmes, qu'une image saphique emprunté à l'imagerie des hommes : celle de deux corps féminins allèchant pour un sexe durcissant à cette vue. Une image sur papier glacé ou une image de vidéo, ce que je découvrais, était autre.
Je découvrais au beau milieu de nos désirs, de nos âmes charriées et gouvernées par nos hormones, au centre du sexe en nos sexes chauffés à blanc, l'émotion.
voilà que j'étais émue par les possibilités et la sensualité que me donnait son corps, une forme féline et grâcieuse à l'infini.
Ce besoin de sexe, en elle, n'était pas le même besoin que celui des hommes, il n'avait pas de fin, elle serait restée ouverte, offerte parce qu'elle se fondait à donner, parce qu'elle était femme, parce qu'elle aimait ça s'ouvrir, acceuillir, se laisser envahir, parce qu'elle était un asile, une forme douce et chaude où l'on s'enfonce où on se trouve tendrement enserré, tendrement baigné et chaloupé dans un ruissellement liquide rappellant la matrice originelle.
Femme, elle était prête à tout pour me suivre au bout de la nuit et bien plus loin encore, pour que je couvre son corps de baisers et que je lui dise qu'elle était belle.
Et elle était tellement belle, tellement douce, tellement émouvante, tellement animale
sans jamais être bestiale.
L'espace d'un instant, je pensais que j'aurais aimé être un homme, rien que pour ça, pour être encore plus ému, de toute ma rudesse d'homme, de toute ma force affichée et de ma sensibilité refoulée, devant ce corps et cette attitude de femme si différente de ma nature d'homme.
La bête face à la belle, je comprenais d'autant plus que les hommes aiment autant les images des femmes, contemplant ces corps nus
comme la promesse du plus beau des voyages.
Sunday, December 18, 2005
Londres II

Elle avait l’âge des grands songes et des illusions que l'on dresse en certitudes.Eloignée de la petite fille qu’elle fût, toujours pas une femme même si elle n’était sans doute plus vierge, d’un pucelage abandonné sur le siège d’une voiture dans un lieu désert avec un enfant de son âge.
Souvenir, qui sans doute ne lui avait pas laissé grande impression de l’amour auquel elle aspirait, inexpérimenté, tout rempli de l’égoïsme sans nom d’un débutant qui plaçait sa propre jouissance avant la sienne, dans cette culture occidentale du phallus où l’art de la caresse est si peu enseignée dans cette civilisation qui a si longtemps nié le besoin de plaisir des femmes au profit du devoir conjugal, comme si l’amour, sentiments ou physique avait quelque chose d’une obligation pour le deuxième sexe .
Il faut dire que dans les siècles sans contraception et dans les limites voulues par l’église sous peine d’excommunions, les femmes étaient bien souvent sacrifiées et réduites à un besoin masculin basic et restreint.
Triste réalité de constater aujourd’hui, une si grande évolution technique et une si petite évolution morale, car c’est bien de morale qu’il s’agit, de cette protection honteuse dont se sert la société pour couvrir son manque d’humanité par des décrets religieux.
Et au lieu et place de la bonté, de l’amour, du désir et du plaisir, face à tout ça le plus souvent uniquement, ces dix commandements plus actes de propriété qu’autre chose
Et qui place la bible comme le premier code civil de l’humanité et la femme au même titre de la brebis dans son ventre de reproductrice.
Un aussi grand livre et aussi peu d’amour
Au milieu des crimes et des clans. Un monothéisme canalisant le peuple en un seul Dieu, dont d’écoule un seul chef et l’union tant attendu des tribus d’Isräel, et l’amour dans tout ça tout en haut de la ruche qu’en fait-on ?
Rien ou si peu,
Il paraît qu’il ne faut même pas y songer, qu’il n’existe pas, qu’il s’agit d’une denrée périssable qui ne vaut pas la peine qu’on s’y attarde ?
Et le plaisir dans tout ça !!! réduit le plus souvent à l’enseignement d’une culture de film porno comme s’il s’agissait uniquement de pénétrer et de lécher pour donner la volupté.
J’étais hédoniste, et je ne voyais pas d’autre avenir à l’humanité
Le futur était là loin des mensonges et des frustrations mais trop tôt ou trop tard pour la majorité. J’étais hédoniste et romantique, j’étais encore plus rare.
Et elle était là devant moi et c’était la première fois que je désirais une femme.
J’avais bien eu un jour une liaison avec une femme du même âge que moi, mais c’était plus elle qui l’avait voulu que moi.
C’était mon esthéticienne et j’avais remarqué plusieurs fois à sa façon de me masser les jambes que je ne lui étais pas indifférente et moi par jeu à chaque fois dans cet institut je la demandais elle, tentant un peu le diable en ses mains à chaque fois.
Un désir saphique comme alternative à mon besoin hétéro.
Un jour, je m’étais trouvé sa dernière cliente et sa patronne partie, seule à seule dans la boutique, par ses longs va et vient de ses mains adoucies par l’huile d’amande douce, sur mes jambes et mes fesses , je me étais laissée allée à la volupté de sa caresse, je m’étais abandonnée à lâcher mes cuisses sur la serviette blanche, détendue, offerte à ses gestes que mon corps lui réclamait.
J’avais laissé sa main parcourir mon entrejambe comme le jeu de la mouche, et ses doigts écarter mes soies pour frotter comme une chatte mon petit bouton, gémissante et tendue en ce point qui demandait à être laper comme une goutte de lait..
J’avais aimé la rugosité sa langue et la douceur de ses manières et de sa bouche de femme de mon sexe à mes seins qu’elle tétait goulûment comme s’il s’était agit de boire à une gourde de peau tendue d’eau. Et c’était troublant de voir d’aussi petites mains malaxer ma forte poitrine qui échappait pour une fois aux mains des hommes.
J’étais tout entière errante à moi-même, distraction de cette femme dont je n’étais pas la première aventure féminine et je me délectais à l’idée d’user de mes attouchements sur son corps dans mes premières cajoleries lesbiennes.
Ce fut un moment intense bien que je fus plus passive qu’active car je me sentais parfois gauche et je lui donnais moins de plaisir qu’elle ne m’en procurait.
J’avais voulu poursuivre ce soir là par un souper et une fin de soirée dans un bar avec lui, je rêvais d’un trio et je savais qu’elle lui plairait : c’était une jolie femme blonde aux yeux bleus avec un joli corps mais elle n’avait jamais voulu autant elle aimait les femmes autant les hommes la répugnait, je n’avais point insisté.
Quelque part pour la punir de ma déception par la suite, j’avais tout fait pour l’éviter, et je n’avais plus eu affaire à elle mais à ses collègues de travail.
Ce soir là, j’étais restée sur ma faim et j’avais songé à me trouver une proie. Mais aucune femme ou fille ne m’avait attiré jusqu’à celle-là. Toujours là devant moi alors que je vagabondais dans les souvenirs de mon corps et de ses désirs de mâle puisqu’il devait me rejoindre pour la fin de semaine. Je la regardais comme un prédateur.
Au bout de trois jours, elle s’habituait enfin à ma présence, Je lui posais toutes sortes de questions sur les modes de tissages et l’origine des matières. Je sentais que je lui devenais familière et qu’elle commençait à être heureuse de ma présence féminine dans son univers d’homme. Le quatrième jour je fis même exprès de venir bien plus tard que les autres jours et je perçus un contentement dans son regard à mon arrivée.. Le jeune animal était apprivoisé, il ne restait plus qu’à tendre mes filets pour le cueillir.
J’osais donc : « mademoiselle, vous avez été charmante, vous avez guidé mes choix et vous avez conservé pour moi les plus beaux de vos articles, grâce à vous il va être ravi, je dois partir d’ici cinq jours, je suis seule à Londres et je me demandais si vous me voudriez pas dîner un soir à mon hôtel avec moi, je vous parlerai de ma région et je continuerai grâce à vous à pratiquer mon anglais. »
J’apprenais qu’elle se nommait Eva et qu’elle serait ravi de se joindre à moi mais qu’elle ne possédait aucun vêtement pour un dîner en ville dans un cadre de renommé internationale. Elle vivait dans la proche banlieue derrière la colline des Dowrs. Je lui disais aussitôt de ne pas s’inquiéter que je ferais en sorte de lui prêter quelque chose pour l’occasion, j’allais même jusqu’à inventer que j’avais une ancienne relation qui tenait une boutique pour femme dans la City, c’était un peu gros mais manifestement elle n’avait jamais mis un pied dans ce centre d’affaire au cœur de Londres.
Nous fixâmes la date au surlendemain, ce qui me laissait amplement le temps de trouver dans la journée, une petite robe du soir pour la parer, l’émerveiller et la faire tomber .
Ce fut un samedi soir, Arrivée à la porte de ma chambre, elle semblait encore un peu intimidée, Elle était croquante à souhait et j’avais d’elle l’eau à la bouche Je prenais garde de rien montrer de cette envie qui eu pu la faire fuir J’avais hâte qu’il l’aperçoive aussi convié bien plus tard au festin par mes soins. Je savais que l’attente serait pour lui interminable et combien délectable. J’avais préparé pour elle une robe verte émeraude ainsi qu’un minuscule string De la même couleur sur le lit, une paire de chaussure argent. Elle ne devait pas s’inquiéter, c’était neuf mais rien que des bricoles, jolies mais des bricoles achetées en solde qu’il me faisait plaisir de lui offrir.
Elle était sous le charme et n’hésita pas longtemps à passer ses nouveaux vêtements. Dans l’entrebâillement de la porte j’avais la chance de découvrir une paire de fesses superbes qui annonçait une merveilleuse soirée. J'imaginais avec un grand plaisir ses mains d'hommes s'aventurant sur ces courbes que je serais la première à posséder. Une sensation agréable et malsaine à la fois à cette pensée coulait dans mes veine comme un feu, c'était prodigieusement excitant : sa peau à lui, sa peau à elle, l'alliage du vice, d'un vice où la vertu s'annonçait plus prometteuse encore à s'abandonner aux caresses.
Eva me parla de sa famille, de son enfance, de ses deux frères, le plus âgé conducteur de métro et le plus jeune infiniment doué pour les mathématiques et pour lequel ses Parents pensaient obtenir une bourse pour son entrée à Cambridge. Nous étions dans le bar de l’hôtel, le tissus émeraude de sa robe tranchait avec le vert Anglais dominant. Elle avait décidément un charmant sourire et de ravissantes épaules. Elle buvait lentement le cocktail que j’avais eu soin de choisir pour elle, et un peu de chaleur rougissait ses joues mais elle ne se doutait de rien et livrait un peu plus de son âme à chaque parole avant de me livrer plus Tard dans le soir son corps que je devinais devenir chaud et humide à souhait, détendu et sans défense. En dedans le mien battait la chamade, mais il n’était pas encore temps pour moi de quitter l’affût.
Je lui apprenais quelques mots de français, quelques mots dont elle ignorait le sens exact pour l’instant rendus encore plus excitant par la tonalité de son accent dans ma langue maternelle. L’alcool aidant, ce fut docile et familière qu’elle gagna la salle de restaurant. Elle riait, répétait à voix basse les mots récents appris, m’inondait de questions Sur ma vie, ma région puis elle en vint à pas feutrés à mes amours. Je sentais qu’elle était prête car son excitation la menait tout droit entre mes griffes, du mal qu’elle se faisait à essayer à trouver jouissance par procuration de mon expérience de femme .
Entre le dîner qui était merveilleux et la surprise de la robe, dans cet univers Nouveau pour elle, elle rendait les armes. Le dessert venu, elle n’émis aucune difficulté à me suivre à ma chambre. Je m’étais faite servir une bouteille de champagne, cachant le troisième verre et la deuxième bouteille dans le mini-bar.
Londres I

Je regardais cette fille et je la trouvais belle. Dix neuf ans à peine, cette anglaise avec ses longs cheveux auburn occupait un Emploi de vendeuse au rayon des écharpes et cravates de ce grand magasin de Londres. Le plus souvent sa clientèle était masculine et à l’observer je pouvais constater qu’elle Rougissait parfois avec certains clients qui devaient se montrer un peu trop entreprenants. On dit les anglais froids, mais c’est se méprendre sur eux. Elle avait un air surpris, presque naïf de l’attrait qu’elle dégageait et c’est ce qui m’attirait tant en elle, cette candeur, cette innocence. Elle était diaboliquement belle et c’était un ange.
J’avais pris un vol pour la capitale anglaise quelques jours auparavant. En janvier, j’aimais faire les soldes de l’autre côté de la manche, non pas Que je recherchais des vêtements pour moi car pour une femme rien ne vaut Paris mais j’adorais le chic anglais dans la mode masculine et j’avais grand Plaisir à regarder et toucher les étoffes de cet univers, à choisir parfois pour lui..
Mon hôtel était proche du centre ville, c’était une grande bâtisse de style victorien A la réputation internationale pas un palace mais un charmant et cossu pied à terre Tout de même. La façade du bâtiment se dressait imposante devant le square en face De la rue. Un petit écrin de verdure et quelques bancs, un marchand de journaux , une baraque à frites, Une station de taxi et un arrêt d’autobus, une bouche de métro, mélange de vert, noir et rouge, feuillage et ferraille, sandwichs et magazines déferlement d’une multitude à n’importe quel moment de la journée, migration pendulaires des employés de la capitale, Russell square..

En ce lieu, j’avais une jolie chambre avec un grand lit au matelas épais, le tout sous une touche de papier peint fleuris avec tentures et couvre lit assortis, et dans la pièce même une grande cheminée que remplissait en partie un poêle de faïence rappelant une époque où la ville se chauffait au charbon. L’ensemble était fort intime et accueillant, chaud à souhait comme une tasse de thé un hiver à cinq heures et depuis que le hasard de ma première visite m’ait amené en ce lieu, j’étais demeurée fidèle à cet établissement à chacune de mes escapades outre-manche. Je savais que je trouvais là ce confort british prisé dans le monde entier.
J’avais passé mes premières journées à flâner dans les différents quartiers entre Picadilly et Chelsea passant parfois même quelques minutes à écouter les orateurs à High park Corner, avant de me plonger dans Kensington. Boutiques et activisme ce mélange de genre plaisait à ma personnalité. Puis j’avais fini par entrer chez Harrods au milieu d’une foule impressionnante. Et là malgré le nombre incalculable d’employées, je l’avais remarqué, sans savoir tout d’abord pourquoi ? Cette fille avait surpris mon regard suffisamment pour que je m’intéresse à elle. Bien sûr, elle était très belle mais elle n’avait rien de la sophistication où je plaçais le charme féminin, elle était brute comme une sculpture inachevée, une débutante gauche, une fille de la campagne pour la première fois en ville. Et pourtant tant d’inexpérience recelée des trésors de possibilité. Elle était par trop jolie.
Je l’imaginais bien trop mutine pour la laisser là, à la merci du destin d’une rencontre quelconque qui ferait d’elle une mère de famille dans un quatre pièces de la banlieue de Londres entre un mari et les couloirs du métro, vite prisonnière et usée par le quotidien dans ce pays sans soleil. Un jour sans doute, elle prendrait un amant, mais ce choix ne serait pas un plaisir, simplement un refuge ou une évasion un peu comme le paradis artificiel qu’offre la drogue. Je voyais dans son sourire trop gentil défiler la vie qui l’attendait et à mi-chemin de mon expérience et de mon désir, je voulais l’arracher à sa destinée. Je désirais la connaître pour mieux la séduire et plus que la fille que je n’avais eue, je voulais faire d’elle mon égérie quant bien même je devais la casser pour mieux la reconstruire, l’anéantir pour mieux la bâtir, la façonner de la glaise au marbre.
Sans doute un jour m’en ferait-elle le reproche mais alors j’aurais tôt fait de lui faire connaître le devenir de ses consœurs et j’étais persuadé qu’un jour, elle me remercierait même si tout a un prix et que ce prix c’était elle. Restait à savoir, comment l’aborder, la mettre en confiance, mon handicap d’étrangère pouvait se révéler un avantage. Il était évident que si mon anglais était fort correct en rien il ne voisinait la perfection. Par contre moi je venais de France, et j’habitais le sud, cette côte d’azur qui fait tant rêver les étrangers du Nord, encore bercés des légendes de la belle époque et du grand luxe des manifestations et des festivals. Je devais donc user de mes appâts non pas en temps que femme auprès d’un homme, Mais en matière de lieux et de destination.
Modigliani

Pise, une ville prés de Livourne en Italie où tu vois le jour, se trouve là en pleins champs, comme posée par des extra terrestres venus en soucoupe volante dans un autre siècle, isolée de la ville, une surface plane de gazon de la taille du Madison Square Garden. Une esplanade verte, surprenante sur laquelle se dressent trois monuments de marbre blanc : la cathédrale, le baptistère et la tour, penchée sur la misère humaine. Du poste de pilotage du vaisseau spatial, plus tard dans la scène, Dali représentera ces visiteurs.
Amadeo, pas Amadeus, et pourtant de la musique et de la peinture jaillit la souffrance. Mozart ou Modigliani, quel destin ! Quels crimes aviez vous donc commis pour des existences aussi tourmentées ? Est-ce là le revers au génie ?
Mozart, tu ne deviendras pas sourd comme Beethoven, tu sombreras dans une autre folie. Modigliani, tes portraits sont aveugles d’une réalité extérieure qu’ils refusent pour l’essentiel à l’intérieur et tu te ronges aux acides, de la cocaïne à l’éther, pour poursuivre l’inaccessible gloire qui te prive de ta participation à l’exposition de New York avec tes contemporains.
Artiste maudit, en retard ou en avance sur le siècle, pas au rendez-vous, si malade et pourtant si obstiné d’un message à laisser d’un coup de burin devenu pinceau devant la force qui te manque pour sculpter.
Les artistes sur Terre expient les crimes des autres hommes face à la phrase de Nietzsche qui proclame que Dieu est mort sans que nul ne soit capable seul de le remplacer, où se cache le sens de la vie ? Dans les notes de Freud ?
Quand on t’interdit d’exposer tes nus comme si tu étais le diable, toi qui n’y montre que beauté ! Médiocrité humaine qui s’interdit la révélation et le « Deviens qui tu es », aberrant de devoir attendre une publicité venue des Etats-Unis « Just do it » pour retrouver tant d’années après ces mêmes idées.
Perversité de la morale qui refuse la chair comme nourriture humaine essentielle à l’équilibre de l’esprit. La division du corps et de l’âme quelle ineptie !
Le talent ne choisit pas où il naît, il tombe d’en haut comme une pluie bienfaitrice sur la misère de l’humanité et bien souvent il est une croix à l’homme qui le reçoit et qui le porte de sa naissance jusqu’à sa mort, le calvaire du cheminement de l’artiste au milieu des autres hommes qui ne peuvent que modestement le comprendre.
Le visionnaire éclaire de sa lanterne le chemin tortueux mais le troupeau reste dans la plaine par peur des loups, insatisfait de sa vie de mouton pas assez courageux pour oser plus. Comment peindre le courage quand seule la pierre en possède la force ?
Tes femmes au cou de girafe viennent de l’Afrique et leurs corps sont souples des muscles de fauve qui dorment sous la peau dans toute la sensualité de la nudité, le visage allongé comme une ponctuation qui prolonge le tableau par les mots de l’amateur qui, de son regard, s’allonge à même la toile dans un flux qui le submerge de l’intérieur, dans ces poses lascives où surgit toute la violence du Paradis perdu, dans ces yeux vides qui ne veulent pas voir, simplement s’offrir et ressentir.,ces yeux pleins d’amour, sous le pont Mirabeau coule la Seine et nos amours, la joie venait toujours après la peine, les jours s’en sont allés et comme Apollinaire tu demeures,
Ton devoir est de ne jamais te consumer dans le sacrifice.
Ton véritable devoir est de sauver ton rêve.
Modigliani, Lettre à Oscar Ghiglia
Lautrec

Une porte close,
Une lanterne dans le soir,
De lourdes tentures de velours rouges, des barres de laiton massives pour les soutenir
Des femmes lascives aux longs cheveux, des brunes, des blondes,
Des rousses, des chignons vite refaits, des visages trop maquillés
Innocence des sourires, insolence des soupirs, latence des désirs,
Des hommes de tous les âges, des pardessus, de longs- manteaux, des chapeaux
Du notaire au gendarme, la parade des gardiens de la vertu venus s’encanailler.
Le défilé des filles de joie venues consoler la morale.
Mélange de gris et de couleurs, soies et dentelles au milieu des tissus de laine, des cotons blancs, débauche des uniformes, éclat des satins, fumées des cigares, odeurs d’alcools, éclats de rires, gémissements intimes, parfums du sérail mais aussi encens et néroli, ambre gris.
Bas de soie répondant à des cravates sur des sofas écarlates pendant que les épouses
veillent au coin du feu, interdites de ces jeux.
Regards de braise, intensité du pouvoir sur le vouloir
Nudité offerte à des hommes trop vêtus délaissant le devoir pour le plaisir
Tolérance d’une société faite par des hommes pour des hommes
Hypocrisie qui sépare la mère et la putain
Offrande de la chair sous les dessous, éclairée par des lustres de vermeille,
Jeu de la bougie sous le globe, de la flamme qui lèche les moindres recoins, serpente
écarte les jambes, soupèse la lourdeur des seins, reconnaît chaleur et humidité, s’introduit.
Statues de luxure au centre d’un théâtre romain
Touché de la peau, caresse du feutre, geste du cuir, sur les corps nus, jambes déliées, corps en croix, mirage saphique, raffinement mondain. Cénacle damné, espace de liberté pour une société brillante d’artistes, d’écrivains, d’hommes du monde, de militaires.
Cézanne a réglé d’une toile, Vincent a connu une nouvelle crise
Gauguin vient de nous quitter pour les marquises, il va y mourir
J’entends au fond de ma mémoire dans les ports d’Amsterdam
Je te sais là-bas, Jacques
Mais mourir, n’est pas de mise aux marquises…
La main, le chapeau, le gant, parfois la ceinture
Gestes impudiques, les escaliers se montent
Les filles sont faciles, une ou deux, plusieurs quelle importance ?
La vie est là sans plus d’apparence
D’un contour d’estampes japonaises dans la masse des couleurs
Dans le réalisme de l’image : la capture de la mentalité
Les hommes aiment les filles faciles
La vie est là
Les filles montent
Lautrec peint…
Seule devant mon miroir
Deux bougies allumées dans le soir,
Je remonte ma jupe de velours
Assise dans mon fauteuil j’écarte mes jambes
Indiscrète, je m’assure que tu es là en face de moi de l’autre côté de la glace
Je ne porte rien que mes bas et ce porte jarretelles en dentelle rouge
Comme une prostituée, docile, je veux lire ton désir
Je glisse mes doigts au centre de cette fente humide
Je me caresse et je m’ouvre un peu plus encore
J’imagine ton envie, ton sexe qui se gonfle et l’instant où tu entres en moi
Mon bas ventre frémit et je gémis sous la vague qui joue avec mes doigts
La chaleur m’envahit, mon majeur se fait plus précis
Je m’étale et je ressers mes cuisses, j’ondule mon bassin, je me fais chatte
Je me cambre, mes muscles s’allongent, j’entrevois ma fourrure
Comme les lobes d’un abricot, je sépare mes fesses
Je t’offre un passage
Mes mains enserrent mes seins et ma langue s’offre une sucrerie
Je suce, je lèche, je salive du goût de ta peau
Je me relâche, je m’abandonne à mon désir
Experte, je mouille mon doigt et j’affirme mon besoin
Maintenant c’est tout mon corps qui t’appelle,
Je me suis laissé tombé, avachir
Je me suis laissée aller comme un pantin désarticulé en attente de son maître
Il n’y a plus que ce doigt qui s’agite en moi
Avance-toi, prends-moi
Je n’ai besoin que de ça
Viens me salir
Viens fouiller mon corps, viens affranchir les secrets de mon âme
Savoir l’espace d’un moment si je suis femme si je suis chienne
Savoir laquelle je préfère
Savoir où je te réclame
Si j’accorde m a cadence à la tienne, si je reprends vie,
Si je deviens autre quand tu me possèdes
Fais que je t’appartienne même si ce n’est qu’un trop court instant
Fais que je sois tienne, que nous ne soyons plus qu’animaux
Que tu sois le roi et moi la femelle !
Pour ton plaisir devient mon client,
Par mon désir je me suis choisi catin
Putain privée
D’une maison dont je t’ai donné les clefs de toutes les chambres
Et dans ce clos ne règne que tes inclinaisons.
Et derrière ces murs tout veille à ton assouvissement.
Henri de Toulouse Lautrec disparût
Il y a tout juste cent ans
Il naquit une même année un autre siècle
vécut mon âge
N’alla jamais plus loin que 1901
Lautrec
Peignait ces maisons là
Peignait ces filles de joies….
Célébrait ces plaisirs
D’un jet de fusain
Signait nos envies
De taches de couleurs
Signait la vie
Rapportait nos réalités…
Je t’aime.
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